Construction de la nouvelle cité administrative moderne : Les dessous du débrayage des ouvriers…

CONAKRY-Nous vous l’avions annoncé dans une de nos précédentes dépêches ! Les ouvriers engagés pour la Construction de la Nouvelle Cité Administrative moderne, sise au Centre Directionnel de Koloma ont décidé de déserter le chantier, ce vendredi 26 janvier 2024. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce débrayage ? Africaguinee.com a enquêté. Explications.


Bref rappel des faits…

Fin février 2023, les autorités de la transition ont lancé en grande pompe les travaux de construction de cette Cité administrative moderne, située au niveau de la zone déguerpie de Koloma, dans la commune de Ratoma. L’érection de cette cité moderne vise à transformer l’image de cette partie de la capitale mais aussi permettre à l’Etat de mettre un terme à la saignée financière due aux charges locatives des départements ministériels et de certaines entités publiques. Une saignée évaluée à 160 milliards Gnf par an.

La durée initiale des travaux est de 24 mois. Mais cette zone censée être un hub où sera concentré divers services publics vient de connaître un coup d’arrêt.  Ce gigantesque chantier fait partie des 44 projets présidentiels. A date, il difficile de dire si le délai sera respecté ou non.

De l’origine du débrayage

Ces travailleurs grévistes dénoncent leurs conditions de travail et exigent de leurs employeurs une revalorisation salariale, ainsi qu’une prise en charge médicale en cas d’accident. Les ouvriers dénoncent aussi le non-respect du payement des heures supplémentaires. Ils travaillent sous la couverture de Arabian Construction Co (ACC), une filiale de la Société ivoirienne de sous-traitance ITRASEC Sarl. Ils disent être payés entre 65 mille et 70.000 par jour. Outre cela, ils font face à toute sorte de galère dans les chantiers. Ils se disent aussi victimes d’une surexploitation et ne bénéficient d’aucun accompagnement même en cas de maladie ou d’accidents de travail mineurs.

« A bas la sous-traitance ! A bas les mauvaises conditions de travail ! Vive l’amélioration des conditions de vie des travailleurs! », scandaient-ils, ce vendredi 26 janvier 2024, non loin du chantier qu’ils venaient de déserter.

« On n’avait pas prévu la grève aujourd’hui, mais le représentant de ITRASEC est venu dire des mots qui n’ont pas plu aux travailleurs. En Guinée, la loi prévoit 48 heures de travail par semaine. Donc, dans six jours, c’est 8 heures de travail par jour. A moins tu aies la volonté d’avoir une heure supplémentaire. Depuis la semaine dernière, on est là, à réclamer l’amélioration des conditions de vie. Ici, ils disent vraiment que, quand tu tombes malade, quand tu te blesses, ils ne prennent pas ça en charge. Qu’ils ne prennent en charge que, quand ta main est amputée ou que tu fais un accident grave lors du travail. On s’est opposé à ça. Malgré cela, nous avons accepté de continuer à travailler. Nous entamons le travail à 7 heures, et on descend à 18 heures 30. Dans ces conditions, on a dit comme ils imposent des heures supplémentaires, il faudra également améliorer les choses pour nous », explique Moussa Cissé, travailleurs à Arabian Construction Co, et porte-parole des ouvriers.

Heures supplémentaires

Ces travailleurs accusent leurs employeurs de n’avoir pas respecter les engagements à leur égard. « Ils nous ont donné la date du 20 de ce mois, en vue de payer les heures supplémentaires déjà écoulées. Face au refus, nous avons décidé désormais d’arrêter les travaux à partir de 17 heures 30. Sinon, on leur avait accordé une heure supplémentaire en vue d’ouvrir un couloir de négociations. Un jour, le monsieur qui est l’intermédiaire entre ITRASEC et les travailleurs, est venu nous dire de continuer avec des heures supplémentaires, et il va nous donner 15 mille par heure. Il a annulé cela, par la suite… D’annulation en annulation, nous avons décidé de cesser tous les travaux à partir de ce matin, après que monsieur Aboubacar Camara soit venu nous imposer des choses. Il a dit que, les gens qui ont signé le contrat, pourront travailler jusqu’à 16 heures 30. Contrairement à ceux qui n’ont pas signé ces contrats, qui seront obligés de travailler jusqu’à 18 heures 30« , a longuement expliqué M. Cissé.

Ces travailleurs accusent le nommé Aboubacar Camara, d’avoir menacé de licencier ceux qui ne travailleront pas jusqu’à 18 heures 30. « Faux… », réplique le principal accusé dans cette affaire.

« Ils (ouvriers), ne veulent pas que j’applique ce que la loi me confère. Tout ça, c’est par rapport aux heures supplémentaires. Et la loi en République de Guinée (Code du travail), nous dit, « après les 40 heures de travail, de 41 heures à 44 heures, c’est 30%; Au-delà des 44 heures, c’est 60%. J’ai pris cette loi et je leur ai montré ça. Mais ils disent non. Depuis hier on est en train de discuter dessus. Ils me disent non, ce n’est pas ça, mais plutôt 100 %, 200%. Je leur ai dit alors, montrez-moi votre papier qui dit cela. Mais ils sont incapables de le faire. Ce matin encore, je suis venu, on a tenu une réunion. Il y a l’un d’entre eux qui a dit effectivement, que j’ai raison. Il a dit que, ce que la loi affirme, c’est ce que je suis en train d’appliquer« , a répondu Aboubacar Camara, coordinateur et intermédiaire entre ACC et les travailleurs.

Quid des heures supplémentaires ?

« Je leur ai dit, l’heure supplémentaire, ce n’est pas obligatoire. Comme vous ne voulez pas le faire, on va la supprimer. Vous faites vos 8 heures. On a discuté, il y a certains qui le veulent, mais d’autres ne veulent pas le faire. Je leur ai qu’ils ont le choix de ne pas faire l’heure supplémentaire. A 16 heures 30, ils descendent et on paie les 8 heures. Ils disent niet, là aussi« , précise le représentant de Arabian Construction Co. Le payement se fait par catégorie, selon M.Camara, qui précise que ce n’est pas uniforme.

A suivre…

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com

Créé le 26 janvier 2024 18:27

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