Alpha Condé, Dadis, sa maison, Air Guinée et le CNRD : Les nouvelles révélations de Cellou Dalein Diallo

Alpha Condé, président de la République de Guinée

CONAKRY-Ce sont de nouvelles révélations que vient de faire Cellou Dalein Diallo dans l’affaire « Air Guinée » et la « récupération suivie de la démolition de sa maison », par la junte au pouvoir en Guinée, depuis le 05 septembre 2021.


Le leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) est revenu des aspects qui étaient jusque-là méconnus du grand public. Les nouvelles révélations de l’ancien premier ministre jettent la lumière sur ces deux dossiers qui continuent de faire débats depuis plus d’un an. Cellou Dalein Diallo qui est en exil depuis plus d’un an explique pourquoi il ne fait pas confiance en la justice de son pays. de passage à Paris, il avertit cependant qu’il ne va pas rester indéfiniment en exil. Explications.

« Je ne fais pas confiance en la justice. Pourquoi ? Je vais l’illustrer par l’affaire du logement. Je n’ai pas investi (beaucoup), c’est juste deux chambres et un salon qui font l’objet de tout ce bruit dans un quartier populaire. J’ai acheté (le domaine) après une évaluation indépendante au prix du marché. J’ai contracté un emprunt auprès de la société générale qui a émis un chèque de banque et l’hypothèque avec un échéancier. J’ai remboursé régulièrement.

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Dadis Camara, lorsqu’il est venu au pouvoir (en fin décembre 2008) avait affecté mon logement à Mathurin (Bangoura). Il ne savait pas que j’avais acheté le domaine. Lorsqu’il a reçu le papier, il m’a appelé pour s’excuser. Lorsque Alpha Condé est venu au pouvoir, on lui a dit que Cellou occupe un domaine de l’Etat. Lorsqu’il a vu les papiers, il m’a dit : les gens voulaient que je reprenne ta maison mais en fin de compte j’ai vu que tout est en règle.

Là en l’occurrence, je n’ai pas eu le temps de m’expliquer. Lorsqu’on m’a dit de quitter, j’ai consulté les avocats. Ces derniers m’ont dit que la première des choses à faire, c’est de saisir le juge des référés pour qu’il mette fin à l’effet de l’ordre d’expulsion. La lettre du patrimoine bâti indiquait : c’est de vider (la maison) dans quatorze jours avant le 28 février à 10h30’. J’ai reçu la lettre le 14. En réponse, j’ai marqué ma surprise surtout que c’est le patrimoine bâti qui avait encaissé le chèque de banque, délivré la quittance libératoire, écrit à la conservation pour demander de faire la mutation. Le juge des référés s’est déclaré incompétent (…).

Lorsque la juge s’est déclarée incompétente, je me suis concerté avec Sidya, on a dit qu’il faut sortir. C’était mieux parce qu’il y avait tellement de campagne d’intimidation, une volonté d’humiliation. On a quitté. On a saisi le tribunal au fond avec toute la documentation (titre foncier, le décret du président de la république autorisant la vente au prix du marché, le rapport d’évaluation). La justice a saisi l’agent judiciaire qui a mis en place un pool d’avocats qui ont écrit au tribunal pour demander de sursoir à l’instruction le temps pour eux de prendre connaissance du dossier. C’est quelque jour après qu’on a démoli systématiquement ma maison alors qu’il n’y avait pas de décision de justice. Après, on a travaillé nuit et jour construire une école qu’on a inauguré avec faste. Jusqu’à présent le dossier est suspendu à la justice. Je n’ai pas peur, mais je n’ai pas confiance.

Affaire Air Guinée

C’est le même CNRD qui se plaint de moi dans l’affaire « Air Guinée ». C’est un dossier vieux de 20 ans. Je n’ai pas géré ce dossier. C’est le ministre de l’économie et des finances qui est chargé de la privatisation. Il y a une Loi. Il a mis une commission en place dont les noms existent. Il n’y a aucun cadre de l’administration qui relevait de moi à l’époque ou du cabinet. Ils ont liquidé l’entreprise, ils ont mis en place le plan social, ils ont fait l’inventaire des actifs, déterminé les prix, négocié avec le repreneur sans aucune participation d’un cadre des transports. Les documents existent.

Là également, j’étais le premier ou le seul à être convoqué (par la Crief). Avec ça, vous vous inquiétez en se demandant comment ça va se passer, parce qu’il y a beaucoup de gens en prison. Je chercher à m’assurer que le droit sera dit par la justice. Je n’ai aucune raison de m’exiler définitivement.

Je cherche à comprendre parce que l’attitude des autorités dans l’affaire de la maison suscite chez moi des interrogations. Parce qu’après ça, on a vu que dans les Lois, le code de procédure pénal, c’est une affaire frappée par la prescription. Mais le président a pris une ordonnance pour dire qu’il n’y a plus de prescription pour les infractions économiques. L’affaire Air Guinée remonte en 2002, c’est plus de 20 ans ».

A suivre…

Africaguinee.com

Créé le dimanche 30 avril 2023 3:38

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