Affaire « école primaire de Gbessia port 2 », menacée de démolition : L’inquiétude grandit chez les élèves et encadreurs…

CONAKRY- L’école primaire Gbessia port 2 située dans la nouvelle commune éponyme « Gbessia », est menée de démolition. Cet établissement public qui compte 12 salles de classe et un effectif de 1203 élèves encadrés par 13 enseignants fait partie des infrastructures ciblées dans le cadre de l’opération de déguerpissement annoncée par les autorités dans la zone de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré.

Depuis que les croix ont été mises sur les bâtiments, la sérénité requise pour dispenser les cours aux élèves n’y est plus, selon les encadreurs. Parents d’élèves, élèves, enseignants et encadreurs ont partagé leurs inquiétudes au micro de Africaguinee.com. Ils interpellent le président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya.

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« Depuis qu’ils ont mis les croix sur notre bâtiment nous sommes secoués. Au moment où on construisait cet étage, des cadres de l’habitat étaient là, ils avaient suivi l’évolution des travaux, ils n’avaient pas réagi à ce temps. Ils ont attendu qu’on finisse de mettre l’école en valeur, pour dire qu’ils vont casser alors qu’à l’heure où nous sommes, l’école a un effectif pléthorique de 1203 élèves.

Ces enfants dont on prépare l’avenir, ce sont eux les futurs cadres de ce pays. Mais s’ils nous déguerpissent, c’est une situation assez difficile pour nous. Alors, comme ce sont les autorités qui sont derrière, il faudrait qu’elles trouvent où recaser ces élèves parce que ce sont des pauvres parents qui se sont débrouillés pour inscrire leurs enfants ici pour leur formation afin qu’ils deviennent de bons cadres demain.

Certains élèves ont commencé à se décourager alors que les examens arrivent. D’autres posent la question de savoir où ils vont aller. Mais nous les encourageons régulièrement à venir suivre les cours, et leur disons que la solution se trouve dans les mains des autorités« , explique M. Bangoura Lansana, un des encadreurs.

Sur place nous avons croisé Elhadj Ibrahima Sory Dabo, président de la coordination des APAE (association des parents d’élèves) de la commune de Matoto. Il partage les mêmes inquiétudes que M. Bangoura.

« Je viens d’être informé par l’un de nos membres qui a vu sur les réseaux sociaux que l’école primaire de Gbessia port 2 est menacée de démolition et des croix sont marquées là-bas. Donc, je suis venu avec lui pour essayer de rencontrer la directrice pour voir ce qui ne va pas. Elle (la Directrice) nous a dit que c’est un beau matin qu’elle a vu des agents de l’habitat venir mettre des croix un peu partout sur le mur de la cour de l’école. Donc, nous, en tant que parents d’élèves, nous savons qu’il n’y a pas d’école publique dans cette zone alors, s’ils viennent un petit matin pour dire que cette école va être rasée, cela nous inquiète grandement car les élèves n’ont pas un autre endroit où aller« , a-t-il affirmé.

Candidate à l’examen d’entrée en 7ème année, Salimatou Cissé exprime ses préoccupations. « Je fais la 6ème année et je dois faire l’examen d’entrée en 7 années. Mais, depuis que nous avons vu les croix sur notre école, nous sommes vraiment inquiets pour notre sort. C’est pourquoi nous lançons un appel solennel aux autorités guinéennes et surtout au président de la République le général Mamadi Doumbouya de faire tout pour ne pas que cette école soit rasée », a appelé cette élève de la 6ème année.

Ibrahima Sory Kifinda Bangoura enseignant dans cette école au nom de tous les encadreurs de cette école, a lancé un message à l’endroit des autorités particulièrement au Président de la transition le colonel Mamadi Doumbouya.

« L’appel que nous les encadreurs, lançons à l’endroit des autorités, particulièrement au président de la république, c’est de nous aider et de penser au bas peuple, aux enfants des pauvres qui sont là, pour préparer leur avenir. Qu’il (le général Mamadi Doumbouya) comprenne qu’il est difficile de prendre ces enfants pour les amener ailleurs. Tous les parents n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants dans une école privée, donc le président n’a qu’à regarder ces pauvres enfants et leurs parents. Il doit trouver une solution pour que cette école puisse continuer à former les cadres de demain pour ce pays« , a-t-il lancé.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 avril 2024 18:46

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