Un lourd destin : Déclaré infertile à vie, A.B.B, riche opérateur économique décide de libérer ses femmes

CONAKRY- C’est l’histoire pathétique d’un riche opérateur économique guinéen aujourd’hui âgé de 54 ans. Nous le surnommons A.B.B. Il a eu tout dans sa vie, en termes de richesses. Il emploie plusieurs dizaines de personnes dans son pays d’accueil. En dépit de tout, le bon Dieu ne lui a pas donné la chance d’avoir des héritiers directs. Il a décidé de partager son histoire à Africaguinee.com.


Né en 1969 en Guinée, cet opérateur économique et parti en aventure en 1986 alors qu’il n’avait que 17 ans. Cette aventure l’a menée en Mauritanie, au Sénégal, en Sierra Leone et même au Nigeria. A.B.B est devenu un homme très riche et dispose même de plusieurs marques de marchandises dans différents pays. Malgré ses richesses, A.B.B n’a pas eu d’enfants avec ses différentes femmes. Sa maladie est étrange. L’homme n’est pas impuissant sexuellement, il satisfait ses femmes au lit. Parfois, il traine une forme d’azoospermies. A des moments aussi, il lâche des spermatozoïdes mais qui ne donnent aucune fécondité.

Après dix-sept années de mariage sans enfants, il engage un traitement pour espérer avoir un enfant. C’est récemment qu’on lui a signifié en Europe de l’Est que faire des enfants lui est impossible sans greffage. Une chose qu’il n’a pas accepté. Il rentre expliquer à ses femmes au nombre de trois le verdict du diagnostic. Il décide de les libérer pour éviter de les punir en restant sans procréer. Condamné à ne pas faire d’enfants, A.B.B partage son histoire de vie.

« Notre religion nous enseigne que la réussite, l’échec, la richesse, la pauvreté, la gloire, la vie et la mort sont constitutifs de la vie. Il faut l’accepter. Il est dit aussi que tout ce qui nous arrive dans la vie était prévu sur notre chemin. C’est le destin. Je partage mon histoire de vie avec vous pour aider tous à aller avec foi pour que chacun accepte son sort. Je suis dans le domaine du commerce depuis que j’ai quitté dans ma famille pour aller en aventure alors que j’avais 17 ans. Ça m’a réussi. J’ai des investissements et des biens partout. Mon mal que je ne prends plus pour un mal, ce que le bon Dieu qui m’a rendu riche ne m’a donné d’enfants. Et c’est après plusieurs années de mariage avec plusieurs femmes, les unes sont parties, d’autres sont arrivées que j’ai compris. Au début, je pensais que je ne suis pas tombé sur les bonnes femmes et que c’est elles qui avaient de problèmes de fertilité. Mais il y a un peu plus de 10 ans maintenant que quelqu’un a attiré mon attention en me disant de revoir ma situation car toutes les femmes ne peuvent avoir le même problème.

Après les hôpitaux africains, je me suis rendu en Europe de l’Est où on m’a fait savoir que je ne peux faire d’enfants. Si je tiens vraiment à le faire, il faudra recourir à un système de greffage avec des spermatozoïdes vivants parce que les miens sont faibles. A eux seuls, ils ne peuvent procréer. Mais je n’ai pas accepté le greffage, parce qu’à tout moment je peux me rappeler que l’enfant né de ce mélange n’est pas le mien. Je suis rentré expliquer à mes épouses mon sort, j’ai décidé de les libérer pour éviter de les faire payer mon infertilité. Deux ont accepté de partir, l’une a décidé de rester avec moi pour la vie. Je suis venu vers vous Africaguinee.com pour partager mon histoire parce qu’à un moment, j’ai vu l’histoire d’un prisonnier condamné à 20 ans qui a décidé de libérer ses femmes pour éviter que ces dernières plongent dans l’infidélité. J’ai pensé à faire la même chose pour aider à sauver la société des dérives ». C’est comme ça que le quinquagénaire entame son récit.

Toute l’histoire de vie d’A.B. B

« Je suis né en 1969 dans une préfecture de la Guinée. Je suis issu d’une famille pauvre. A 17 ans, je suis parti en aventure après l’apprentissage du coran auprès de mon père au village. J’ai fréquenté l’école française jusqu’au collège. J’ai quitté la famille pour l’aventure en 1986. J’ai bravé tout pour gagner dignement ma vie. Je n’ai rien à envier à quelqu’un, j’ai réussi dans plusieurs pays. Mon problème est lié à mon infertilité. Je n’ai pas d’enfants. Dieu ne m’en a pas donné pour l’instant. J’ai un problème de santé particulier et c’est depuis toujours, mais c’est récemment que je me rends compte que le problème d’infertilité vient de moi et non de mes différentes épouses. Mon problème est étrange. L’excitation vient aisément et je fonctionnement bien.  Ma puissance sexuelle est bien normale chez moi.  D’après les résultats des diagnostics, suivis de tous mes traitements, c’est les spermatozoïdes qui ne sont pas bons. Ils ne répondent pas à la fécondité. Il arrive des moments ça ne sort pas du tout quand j’accompli l’acte sexuel. Mais je n’avais pas compris.

Mon premier mariage remonte en 1992, j’ai passé 7 ans avec ma première femme. Je l’avais accusé de stérilité, elle est partie en 1999. J’ai trouvé une autre femme même résultat, mon père et ma mère m’ont indiqué que la solution, ce n’est pas de renvoyer toute femme qui ne fait pas d’enfants avec moi mais plutôt de trouver d’autres et d’accepter la polygamie, c’est dans ça que d’autres feront d’enfants. Une nouvelle femme est venue, une deuxième est venue ensuite 2 ans plus tard. J’ai vécu avec elles longtemps sans enfants. Je les soumettais au traitement pour faire des enfants. Pour moi, tout allait bien chez moi comme je vous ai dit.

C’est vers 2006 qu’un médecin attire mon attention pour me dire que la puissance sexuelle ne suffit pas pour faire des enfants. Parfois des anomalies liées aux spermes peuvent se manifester. C’est le départ de l’une des mes épouses qui m’a édifié. Elle s’est remariée à un autre homme, ils ont fait des enfants. Ma toute première femme avec laquelle j’ai divorcé en 1999, je n’ai plus eu des nouvelles d’elle. Je suis resté dans cet état. J’ai presque passé en consultations permanentes dans les services d’urologie et de gynécologie des pays d’accueils sans aucun résultat probant. Bon, en partie, j’étais dominé pour mes activités commerciales avec mes équipes de travail.

C’est entre 2012-2013 qu’un médecin m’a dit que c’est fort probable que je retrouve une solution vers l’Europe de l’Est parce que beaucoup d’hommes s’y sont rendus après ils ont fait des enfants. C’est dans ces circonstances que j’ai voyagé pour les soins, ils m’ont soumis à plusieurs traitements, des analyses, des examens approfondis avec beaucoup de va et vient. L’unique femme qui restait là gardait la patience pour m’attendre. Mon premier voyage c’était en 2014, puis 2015 en 2017. Ce n’est qu’en 2018 que l’hôpital qui me traite en Europe de l’Est m’a signifié qu’ils ont essayé tout ce qui est naturel. Les résultats montrent que mes spermes ne donnent pas d’enfants. Pendant tous ces allers-retours la quantité du sperme a augmenté mais sans la qualité requise pour faire des enfants.

 Entretemps mon père qui vit encore m’a trouvé deux autres femmes qui sont restées là. C’est lors de mon dernier séjour en Europe en 2018 qu’on m’a fait savoir que je suis condamné à l’infertilité. Dans les conditions naturelles, je ne peux obtenir un enfant. On me propose de faire le greffage, une opération très couteuse aussi. Ils m’ont expliqué qu’il s’agit de se préparer. Comme ça, à chaque fois que j’aurais besoin d’enfants, de retourner en Europe pour prendre le greffage et rentrer. Que ça dure 3 mois, dans cette période je peux avoir d’enfants. J’ai demandé comment c’est possible. Ils m’ont dit qu’ils vont me charger de spermes vivants. D’où viendraient ces spermes ? De quelqu’un d’inconnu à travers un labo. J’ai demandé si la médecine a atteint ce niveau. Mais j’ai compris que c’est des enfants d’une autre personne qui naitront. Je me suis dit alors là, je reste derrière le bon Dieu. Ce n’est pas la peine. J’ai décidé de rentrer.

J’ai gardé un moment l’information pour moi puis je l’ai élargi à mes épouses. Il a fallu que je lise l’histoire du prisonnier qui a libéré ses femmes après sa condamnation à 20 ans, pour me décider. J’ai réuni mes épouses en présence de mon père. Nous avons expliqué aux trois (3) femmes le contenu du rapport du médecin. J’ai indiqué que Dieu ne m’a pas donné d’enfants.  Le problème c’est moi. Donc, je compte les libérer afin qu’elles sortent de la privation. Peut-être avec le remariage, elles donneront naissance (larmes NDLR). Ça été un moment d’émotions pour les trois épouses et nous tous. Chacun a eu le temps de réfléchir. La première et la 3ème  ont décidé de partir avec toute la liberté. Nous nous sommes séparés dans ces conditions. J’ai décidé de leur accorder un peu d’accompagnement. Ce n’était pas une exigence, c’est volontaire de ma part avec l’engagement qu’elles ne sont pas héritières. La deuxième, en dépit de toutes les insistances, elle a dit qu’elle resterait là avec moi jusqu’à ma mort ou sa mort. C’est avec elle que je suis venue ici. Nous avons parlé avec tous les arguments. Elle décide de rester. Donc, ma vie se résume à nous deux en dehors de la grande famille. J’ai décidé de donner une part de mes revenus et mes biens à l’unique femme qui est là pour moi. Elle peut en faire ce qu’elle veut, elle en a le plein droit. Des documents ont été faits pour ne pas que la famille s’oppose un jour.

Nous sommes là pour attendre la fin des jours. Nous faisons des sacrifices, nous appuyons des enfants en difficultés pour avoir la récompense de Dieu. Je participe parfois à la construction des mosquées, des écoles coraniques. J’aide les enfants des proches parents. Parfois je pense, je m’ennuie d’imaginer qu’avec tous les moyens que Dieu m’a donnés, je n’ai pas un héritier direct qui en profite.

Je m’adresse aussi aux hommes parce qu’autant nous avons des femmes qu’on accuse d’infertiles, on se remarie.  Pensons aussi à nous-même car le problème peut venir des hommes.  Ne punissons pas les femmes, si le problème vient de nous, ne les obligeons pas à rester avec nous, il faut les libérer. C’est très important. Ça les sortira du traumatisme à vie. C’est fréquent dans notre société après quelques mois de mariage, si la femme n’est pas enceinte, on oblige l’homme à se remarier ou lui-même décide à le faire estimant que la femme est stérile. C’est rarement qu’on pense que le problème vient de l’homme comme mon cas. Si c’est nous les hommes qui avons un problème, il faut l’accepter et libérer la femme.

Une autre maladie s’y ajoute

L’autre problème, entre 2017 et 2018 alors que je gardais espoir sur mon traitement pour faire des enfants, j’ai fait une découverte de diabète sévère, cela s’est confirmé en 2019. J’ai été soumis à un traitement par régime un premier temps, ensuite à la prise des produits contre le diabète. Malgré tout, je connais beaucoup de complications avec le stress de ne pas avoir d’enfants. Tout me torture. Actuellement j’ai atteint la phase d’insuffisance rénale. Je me suis rendu compte avec le médecin que cela aussi impacte fortement la sexualité. Ça me rend faible tous les jours ces derniers mois. J’ai vu cela encore mais ma femme l’accepte.

Des proches disent souvent et je l’entends

Partout dans la société, avec les collaborateurs et des amis de travail, j’ai joui de tous les respects et honneur. Je ne sais si c’est parce que je suis discret sur ma vie de famille et dans les affaires on n’en parle pas. Mais avec les proches, des choses bizarres et insupportables se disent parfois à mon endroit. D’aucuns disent que j’ai échangé ma fécondité contre la richesse dans les fétiches, d’autres racontent que les génies qui me protègent n’aime pas les enfants. Et que le jour où je ferai d’enfants, je vais mourir que c’est un pacte.

Un jour j’étais au village pour un court séjour. A partir de la chambre, j’entends des femmes dans la cour dire que le patron est là, mais un patron qui a échangé son sexe contre l’argent(larmes). Je l’accepte ainsi. Des choses qui ne sont jamais arrivées. Dans ma vie je ne me souviens jamais avoir consulté un marabout ou aller chez un féticheur. Je ne connais que la prière, le zikr et la lecture du coran rien d’autres. Je prie que le bon Dieu donne des enfants à toutes les personnes parce que si vous n’en avez pas, vous devenez une paria aux yeux des siens. Que vous soyez hommes ou femmes ce n’est pas facile ».

Témoignage recueilli par Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le 20 août 2023 12:04

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