Ousmane Gaoual Diallo précise : « Le Gouvernement n’est pas là pour punir… »

CONAKRY- Dans cette seconde partie de l’interview qu’il nous a accordée, nous abordons avec le porte-parole du gouvernement le cas de la liberté de la presse en cette période où certains médias privés sont victimes de brouillage, d’autres retirés sur des plateformes de diffusion d’image à grande échelle. Avec le ministre des Postes, Télécommunication et de l’Economie numérique Ousmane Gaoual Diallo, nous abordons aussi les démarches en cours en vue de dénouer cette crise qui menace des centaines d’emplois. Le porte-parole du Gouvernement s’exprime aussi sur la menace de grève brandie par le syndicat.

AFRICAGUINEE.COM : Récemment, dans une interview que vous nous avez accordée, parlant des mesures de restrictions des réseaux sociaux et du brouillage de fréquences de certains médias qui sont en encore en vigueur, vous sembliez dire que le processus de contrôle était en cours en vue de normaliser la situation. Où en-est-on à date ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Il ne faut pas confondre l’irresponsabilité de certains journalistes et le cas de l’internet. Il y en a parmi vous (journalistes) qui se comportent de façon peu responsable et vous en avez conscience. Il y a un de vos collègues qui a été condamné deux fois à la même année. Il y a d’abord contre l’ordre des avocats, ensuite contre d’autres personnalités et moi, même si ma plainte n’a pas eu un aboutissement parce que certains ont suggéré qu’il y ait une conciliation. Moi je n’ai pas voulu qu’il y ait conciliation, mais il a encore été condamné, mais il continue d’exercer comme un héros alors qu’il viole les règles d’éthique et de déontologie de votre métier. Est- ce que ça c’est normal ça ?

Alors quand des mesures arrivent, vous prenez ça comme une menace à la liberté de la presse.  Si dans votre corporation les gens agissent en toute irresponsabilité et que c’est prouvé et qu’ils sont condamnés par vous-mêmes, vous (journalistes) ne devriez pas les porter comme exemple de la liberté d’expression. Sinon on risque de confondre les bons journalistes, ceux qui agissent en toute responsabilité en respectant l’éthique et la déontologie, aux brebis galeuses. Ce sont des formes de comportement qui existent dans toutes les sociétés de notre pays.

Mais lorsque quelqu’un est mis en cause comme ça, notre rôle de façon claire, il faut qu’on respecte ça. Non seulement il a été interdit d’exercer pendant neuf mois, mais tous les jours il continue d’exercer parce qu’il est peut-être candidat à l’immigration une manière d’apparaître comme une victime pour pouvoir effectuer un déplacement. Même si l’intéressé a quitté le pays mais tous ces agissements d’avant c’était pour demander refuge quelque part en invoquant qu’il serait menacé par l’Etat etc. Alors qu’au fond ce n’est pas ça, la presse le sait mais ne dénonce pas.

Mais il y a des mesures correctives que les organisations de presse prennent contre des journalistes, cela n’est pas forcément public, la HAC, elle le fait publiquement et de façon régulière, le reconnaissez-vous quand-même ?

Mais pourquoi vous les gardez à l’interne ? C’est pourquoi je dis, oui à la liberté de la presse mais oui à l’exercice de cette liberté en toute responsabilité. Aucun pays n’acceptera un exercice irresponsable de la liberté de la presse dans son État (…). Les journalistes doivent exercer leur métier dans le contexte de la Guinée, l’esprit de notre État, en tenant compte de la fragilité de notre pays et tous les autres aspects. Personne ne viendra dire à un média de supprimer sa ligne éditoriale ou lui donner des directives sur comment il doit travailler.

Mais pendant ce temps, le brouillage des fréquences des médias privés continue. Comment comprendre ça monsieur le ministre ?

Ce n’est pas une question de brouillage. Mais si les gens (journalistes) continuent d’agir en toute impunité, ils ne souhaitent pas répondre de leurs actes devant une juridiction, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle une législation a été aménagée pour la presse. Elle met les hommes de médias à l’abri des sanctions pénales. Mais en faisant ça, c’était une façon de garantir l’exercice du métier de journaliste. Mais ce métier-là n’est pas dénué de responsabilité. La liberté de la presse est un bien commun. C’est une profession qui doit s’exercer en toute responsabilité.

Le mouvement syndical menace de déclencher une grève si jamais Sékou Jamal PENDESSA, Secrétaire Général du Syndicat des Professionnels de la Presse en Guinée n’est pas libéré. Quelle est votre réaction ?

Le syndicat est dans son droit. Maintenant, il faut, avec du recul regarder tout ça avec la distance nécessaire. Ce jeune (Pendessa), se prend pour un ‘’Zorro’’, il insulte tout le monde. Est-ce-que c’est du syndicalisme ça ? Moi il m’a insulté, en longueur de journée il le faisait, en m’accusant d’avoir fermé le site Guineematin.com, c’est ce que vous appelez syndicalisme ? Quelqu’un qui n’est même pas en activité, il est au chômage depuis des années, même la presse l’a désavoué avec les patrons des médias.

Peut-être les patrons de médias mais pas les journalistes employés ne l’ont pas désavoué quand même…

Oui les employeurs là, tout le monde l’a désavoué ici. Parce que lorsque ton action doit conduire le lieu où je travaille à la faillite, je ne serai pas d’accord avec toi. La personne ne travaille pas. Et les médias, c’est des entreprises d’abord dont le premier intérêt c’est aussi de faire de profit. Ce ne sont pas des entreprises de philanthropie. Alors, ce comportement qui consiste à insulter les gens, ça un prix aussi.

Maintenant, si le syndicat parvient à avoir une oreille attentive, tant mieux. Le gouvernement n’est pas là pour punir qui que ce soit mais doit veiller à ce qu’il y ait la quiétude dans la société.

Vous dénoncez tantôt « l’irresponsabilité » de certains journalistes, pendant ce temps, à causes des mesures prises par les autorités (retrait sur bouquet canal et Star Times et brouillage), certains employés de ces entreprises de presse courent le risque de perdre leur emploi. Ne pensez-vous pas qu’il est enfin grand temps de lever ces mesures pour sauver les emplois ?

Mais à qui la faute si cela conduit à des pertes d’emplois ? C’est ceux-là qui ont conduit à la prise de ces décisions. J’ai toujours eu à parler aux journalistes, parce que c’est des partenaires de chaque gouvernement avant tout.

Quand ce jeune (Sékou Jamal PENDESSA ndlr), a commencé cette agitation, ce sont les patrons de médias qui lui ont aussitôt demandé d’arrêter, en disant qu’ils trouveront un autre moins de gérer le problème. Mais il a dit qu’il refuse. Si c’est vrai qu’il est soutenu par les travailleurs comme vous le dites, alors les travailleurs ont une responsabilité. Parce que tu ne peux pas soutenir quelqu’un à détruire ton lieu de travail et nier ta responsabilité.

Rappelez-vous de l’histoire de Fria. Il y a eu un moment, le syndicat ne voulait rien négocier. Cela a conduit à ce que nous savons tous (fermeture de l’usine ndlr). Dans ce cas, à qui la faute ? Fallait-il négocier même au rabais de certaines exigences pour maintenir l’activité ou fermer ? Mais aujourd’hui avec le recul beaucoup de familles ont rejeté la démarche jusqu’auboutiste du syndicat. Il a fallu l’arrivée du président Général Mamadi Doumbouya pour apporter les corrections, prendre en compte les arriérés de salaire, les victimes, les pensions etc.

Ceci dit, à un moment donné le syndicat aussi doit faire attention en se disant : si on va vers ce sens-là, ça peut détruire même c’est qu’on est en train de défendre, et trouver une autre alternative. C’est ça aussi le syndicalisme.

Mais lorsque tu dis : je fonce même si ça va détruire mon lieu de travail, il ne faut pas dire que tu n’es pas responsable des conséquences si elles arrivent. Chacun a la possibilité de reculer.

Est-ce qu’il faut s’attendre à une sortie de crise ?

Il y a un document qui a été adressé au premier ministre, il a répondu en transmettant ledit document à la Haute autorité de la Communication (HAC). Il y a un dialogue qui est ouvert, il faut espérer qu’à l’issue de ce dialogue que des solutions soient trouvées pour que chacun puisse trouver son compte.

FIN !

Interview réalisée par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 72 76 28

Créé le 3 février 2024 14:15

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