Infrastructures et Travaux publics : L’interview « vérité » d’Elhadj Gando Barry…

CONAKRY-La réalisation des infrastructures routières fait partie des chantiers phares ouverts par les autorités de la Transition depuis le 05 septembre 2021. Plusieurs projets sont en cours à Conakry et à l’intérieur du pays. Où en est-on dans leur niveau d’exécution ? Comment évoluent les travaux de construction de l’échangeur de Bambéto ? Dans cet entretien accordé à Africaguinee.com, Elhadj Gando Barry dit tout. Le ministre des Infrastructures et des Travaux Publics revient aussi sur les perspectives de son Département. Entretien exclusif.


AFRICAGUINEE.COM : La table ronde des bailleurs sur le financement du PRI (Programme de Référence Intérimaire) s’est achevée avec des engagements forts des partenaires au développement de mobiliser 7 milliards de dollars en faveur de la Guinée. Quels sont vos premiers sentiments ?

ELHADJ GANDO BARRY : Mes premiers sentiments sont des sentiments de satisfaction, de grande joie parce que la table ronde était une occasion pour la République de Guinée de faire la promotion du programme du gouvernement dans le cadre des réformes de manière générale. Comme vous le savez, nous avons le programme de référence intérimaire qui est la traduction de la vision du Président de la République pour les prochaines années. Donc, cette table-ronde était l’occasion de convier l’ensemble des bailleurs, les partenaires techniques et financiers, bi et multilatéraux mais aussi les investisseurs qui sont des entreprises privées et les autres parties prenantes, les fonds d’investissement pour venir accompagner le gouvernement pour le financement de ce vaste et ambitieux programme de référence intérimaire. Donc, c’est un agréable plaisir en tant que guinéen et membre du gouvernement en charge des Infrastructures et des Travaux publics parce que ce sont des fonds qui vont servir à financer en grande partie les dépenses d’investissement.

Votre département occupe une place prépondérante dans la mise en œuvre de ce programme. Dans un des panels lors des travaux vous aviez déclaré, citation : « on ne mange pas les routes mais sans les routes on ne peut pas manger ». Qu’avez-vous voulu dire concrètement ?

Tout à fait ! Le développement passe par la route. J’ai voulu dire qu’effectivement on ne mange pas les routes, mais avec les routes tout le monde mange. La route c’est la colonne vertébrale du développement, la route permet de désenclaver les zones de productions agricoles, d’élevage. Les routes permettent d’assurer la mobilité, la libre circulation des biens et services, les routes permettent d’améliorer les échanges commerciaux inter, intra mais aussi avec les pays de la sous-région. Les routes permettent d’améliorer les conditions de vie des populations. En un mot, la route est un vecteur de croissance. Donc, investir dans les routes comme l’a décidé le gouvernement conformément à la vision du président de la République c’est mettre suffisamment de ressources. C’est ce qui fait qu’au cours des dernières années, depuis le 5 septembre 2021, il y a eu plus de 45% des dépenses du budget de l’Etat qui sont alloués au secteur des investissements. Et, ce sont des milliers de milliards en francs guinéens qui sont investis dans le développement des infrastructures. Parce que ce sont ces infrastructures qui améliorent la connectivité, qui permettent de drainer le développement, de booster la croissance mais aussi d’améliorer la qualité de vie des citoyens Guinéens.

Des projets emblématiques sont en cours à Conakry. Je parle bien entendu des échangeurs comme Bambéto mais aussi l’ouverture d’autres voies dans les villes de l’intérieur du pays. Où en est-on dans leur niveau d’exécution ?

Le niveau d’exécution est très satisfaisant sur l’ensemble des gros ouvrages d’arts à Conakry. Nous sommes à des niveaux très avancés sur même les plannings initiaux. Parce que tout simplement l’accent est mis sur l’accélération des travaux mais surtout des travaux de qualité. C’est pourquoi vous voyez sur certains chantiers des travaux qui sont exécutés h24 pour permettre aux travailleurs en toute sécurité de continuer le service même pendant la nuit, cela permet d’avancer sur le planning. Dans le secteur des travaux publics, c’est le temps qui est le paramètre le plus important dans les coûts. Plus vous passez du temps sur un chantier plus il coûte cher et plus il devient difficile. Parce que chez nous, nous avons une saison des pluies qui dure plusieurs mois et il est très difficile de travailler pendant la saison des pluies.

Aujourd’hui, la stratégie que nous avons est celle de mettre un coup d’accélérateur sur les travaux en mettant les conditions de sécurité à la disposition des entreprises qui exécutent les travaux et celles qui font le contrôle. En accompagnant de manière continue les entreprises, on peut délivrer des résultats de manière rapide et gagner sur les plannings. Le taux d’exécution est à un niveau très satisfaisant. Sur l’échangeur de km36 nous sommes presqu’à 100%, il est déjà mis en circulation. Au niveau de l’échangeur de Bambéto, on est à plus de 50% de réalisation aujourd’hui. Sur les autres ouvrages d’arts, le pont de Sankarani, le pont sur le Milo, le pont à Kérouanè, on est aussi à des niveaux très satisfaisants. On est en train de clôturer l’ensemble des ouvrages grâce au soutien du gouvernement et celui du président de la République.

Quelles sont vos perspectives en matière d’infrastructures ?

En matière d’infrastructures, les intentions de financements qui ont été confirmées par nos partenaires techniques et financiers nous permettent de matérialiser la refondation dans les infrastructures et les travaux publics. Aujourd’hui, il y a un saut qualitatif, un saut de grenouille qui a été opéré depuis le 5 septembre 2021 dans les infrastructures et les travaux publics. Avec ce boost, nous allons assister à une transformation structurelle du secteur des transports de manière générale et du sous-secteur routier parce qu’on va améliorer l’offre en terme de voiries urbaines, on va avoir une amélioration de l’offre en termes du développement des voies interurbaines mais c’est aussi un moyens de financer les routes d’intégrations avec les pays voisins. Donc, c’est vraiment un accélérateur au niveau de la mise en œuvre du programme de transformation des infrastructures initié par le président de la République.

C’est un boost réel pour l’économie parce que les routes ne sont pas seulement les travaux qui sont réalisés, c’est aussi les emplois qui sont créés, c’est aussi le savoir-faire qui est transféré, ce sont les compétences transférées. Et l’économie circulaire qui est développée et qui est induite par les routes participe de manière significative à l’amélioration du taux de croissance. Parce que quand vous ouvrez des routes, ce sont des entreprises locales que vous employez. Donc, il y a un développement du contenu local, ce sont des emplois qui sont créés, ce sont des salaires qui sont payés, ce sont des revenus qui sont distribués, ce sont des compétences qui sont transférées et de manière générale. C’est une qualité de vie qui est améliorée. Donc, les infrastructures routières c’est vraiment la colonne vertébrale du développement.

Pendant ce temps, des citoyens s’impatientent quelques fois, estimant qu’il y a une certaine lenteur des travaux en cours. Quel message avez-vous à leur lancer surtout à Conakry où la circulation est un vrai défi en ce moment ?

Mon message est un message de sensibilisation, c’est un plaidoyer vers les citoyens. Les travaux en cours de réalisation sont d’abord au bénéfice des populations. C’est pourquoi j’en appelle à la compréhension, à la patience et surtout à la persévérance pour comprendre que les travaux publics c’est un cycle. Vous avez une phase d’étude, une phase de fouille, vous pouvez avoir une phase de terrassement et ensuite vous avez une phase où il faut mettre les caniveaux d’assainissement.

L’un des problèmes que nous avons eu au cours des dernières années c’est l’absence d’assainissement, l’absence du réseau du drainage des eaux. Lorsque vous réalisez une route mais vous ne mettez pas le drainage et des caniveaux ce n’est pas durable. C’est pourquoi aujourd’hui systématiquement lorsqu’on a un projet de route, on le couple avec le projet d’assainissement, avoir des caniveaux qui permettent un écoulement normal des eaux, avoir un exécutoire. Cela peut prendre souvent de temps.

Donc, nous en appelons à la compréhension mais aussi à la patience des nos compatriotes, qu’ils comprennent que ce qui se fait c’est en leur faveur et tous les chantiers que nous ouvrons sont des chantiers que nous allons terminer. Ça peut prendre le temps parce qu’il peut y avoir des contraintes mais toutes les dispositions sont prises pour que ces contraintes soient levées surtout les contraintes financières. Nous avons un accroissement des allocations du budget dans le secteur des infrastructures. Nous allons commencer les travaux, les exécuter et les achever dans les délais qui sont prévus dans les contrats.

Entretien réalisé par Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 19 février 2024 12:28

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