Pita : Incendie, pillages suite à « l’assassinat » d’une quadragénaire à Sangareya

PITA- Une femme âgée d’une cinquantaine d’années, mariée et mère de 5 enfants a été retrouvée morte le 06 octobre 2023 près de son jardin. Elle était déclarée portée disparue quelques jours plutôt. Les faits se sont produits à Sangareya, localité située à 152km de Pita centre. Des traces de violences ont été constatées sur le corps de la défunte. Ce qui laisse penser à un acte d’assassinat. Certains citoyens interrogés parlent même de viol suivi d’assassinat. Mais l’auteur présumé de ce crime reste introuvable. Alors que la famille de la défunte trouve cette situation inacceptable, les suspicions sont montées d’un cran dans le village. Des altercations ont éclaté entre le frère du présumé auteur du crime et des proches de la victime. C’est dans ces circonstances que tout le village s’est révolté en solidarité à la famille éplorée. Des cas d’incendies et des actes de vandalisme ont été enregistrés la semaine dernière dans cette bourgade. Selon nos informations, tout serait lié à la fuite du présumé auteur du meurtre de Neneen Keita.


Nénen Keita, victime

La gendarmerie déployée sur les lieux des incidents a procédé à des arrestations. Sur place, la tension est toujours vive, car la famille de la défunte ne digère pas l’interpellation du veuf (le mari de la défunte) ainsi que deux de ses enfants alors que le présumé tueur est en cavale. Boubacar Sylla cousin du mari de la victime décrit une scène qu’il considère injuste.

« C’est en plein vendredi que Neneen Keita a été tuée dans son jardin et jetée à côté dans un buisson. C’est à ce lieu où elle travaille pour vivre de sa sueur. A la tombée de la nuit, la pauvre femme n’est pas rentrée. Nous avons lancé l’alerte avec des recherches jusqu’au lendemain rien. Nous étions au repos quand nous avons entendu une autre femme crier quand elle a aperçu le corps inerte. Nous sommes allés tous voir l’état du corps, on nous défend de ne pas le toucher. Nous sommes restés là jusqu’à l’arrivée de la sécurité et des services de santé qui ont confirmé sur place que c’est bien un assassinat. Parce qu’il y avait des traces de violence sur tout le corps, du sang même sur la tête avec une position du corps que je n’ai pas envie de décrire ici.

Ils ont rendu le corps à la famille pour inhumation après avoir pris des images. La suite, c’est l’ouverture des enquêtes, ils ont demandé à tout le monde d’aider. Des soupçons ont pesé fortement sur le jeune Sana comme principal suspect. Nous avons alerté la gendarmerie sur le mouvement suspect, le commandant de la gendarmerie est allé dans sa famille. Ses proches ont dit qu’ils n’ont aucune nouvelle de lui. Le président de district Mouctar Camara, proche du présumé auteur était couché sur un hamac sans rien dire face aux injonctions du commandant. Même le commandant a déploré son attitude. Le gendarme a dit alors qu’il va arrêter tout le monde afin qu’il retrouve l’autre jeune (suspect). C’est là que le jeune-frère du présumé auteur s’est révolté pour dire que quiconque s’approche de sa famille, il va mettre une balle dans ses fesses. Ces mots ont mal passé, tout le village s’est levé. Nous sommes à la lisière entre Pita et Télémélé. Les propos du jeune ont choqué tout le monde. Les gens sont soulevés. Des cases ont été brulées, mais les autorités n’ont pas pu mettre aux arrêts le présumé meurtrier. Les gendarmes ont pris le mari de la victime et ses enfants pour les envoyer à Pita, ils sont déjà détenus à la maison centrale de Labé. Il s’agit de Kerfalla Touré et ses garçons Mamadou et Simbè. Et pendant ce temps, celui qu’on doit mettre aux arrêts est en cavale, c’est triste, c’est injuste », déplore Boubacar Sylla.

Joint par Africaguinee.com, le président de district Mouctar Camara a donné une toute autre version de la situation.

« Au début, la famille de Neneen Keita est venue me dire qu’elle est sans nouvelles d’elle depuis qu’elle est partie à son jardin. C’était la nuit à 22 heures. J’ai informé à mon tour la hiérarchie. Le lendemain, le corps de la dame a été retrouvé. Nous sommes allés l’inhumer après que la gendarmerie nous a rendu le corps. C’est un bon matin qu’ils sont revenus avec la sécurité pour arrêter un jeune-proche qu’ils considèrent comme l’auteur. Un monde fou était venu derrière eux, au même moment que les gendarmes nous parlaient, ils ont foncé pour se faire justice. Heureusement le commandant de gendarmerie était là. Il a vue. Ils nous ont laissés pour aller bruler tout devant. Nous avons dit sur place qu’on ne peut pas confier son problème à la loi et revenir derrière se venger. Suite à ça, ils ont arrêté le mari et les enfants de la victime. Le jeune qui a menacé de tirer, proche à l’homme recherché a aussi été arrêté pour Pita, moi-même j’ai été envoyé avec eux à Pita centre, j’ai été auditionné comme tous les autres. Voilà la situation que nous vivons ici », déplore le chef de district.

Au tribunal de première instance de Pita, une source judiciaire a confié les raisons de l’arrestation du mari de la victime et ses enfants. « Deux dossiers sont devant le parquet actuellement concernant cette affaire de Sangareya, c’est l’assassinat de la dame Neneen Keita et l’incendie. 5 personnes ont été interpellées par la compagnie territoriale de gendarmerie de Pita. Le cas d’homicide a eu lieu en premier, une quadragénaire portée disparue à partir de son jardin a été retrouvée morte quelques jours plus tard en brousse, avec des traces de violences sur son corps. Ça ressemble même à un viol suivi d’assassinat. Les habitants du village ont soupçonné un certain Sana comme présumé auteur. Depuis lors, l’homme soupçonné est introuvable, c’est comme s’il se reproche de quelque chose. Finalement la famille de la victime a saisi la gendarmerie de Sangareya. Pour eux, l’enquête ça doit finir tout de suite et retrouver l’homme.  La gendarmerie a commencé les enquêtes mais la famille de la victime était toujours derrière elle pour exiger. Finalement c’était des menaces, ils sont allés jusqu’à dire si la gendarmerie ne retrouve pas le nommé Sana dans 48 heures ils vont se venger en se rendant justice. Le jour où la gendarmerie est allée dans la famille du jeune en cavale, les proches de la victime étaient là aussi.

Du coup le frère de Sana a menacé la famille verbalement de les tuer au cas ils ne quittent pas. Les proches de la victime ont dit : vous n’avez que ça comme réponse alors que votre frère a ôté la vie à notre mère ? Ces propos ont déclenché la colère de tout le monde, il y a eu une véritable débandade dans le village. Les gens ont incendié la maison de la famille du présumé auteur du meurtre, 13 cases ont été brulées, une maison vandalisée. Ce qui a expliqué la descente de la gendarmerie de Pita, la justice et l’autorité préfectorale à Sangareya. L’incendie a été constaté. Avec les premiers éléments d’information, 5 personnes ont été interpellées : il s’agit du mari de la victime, deux de leurs enfants, d’un côté et de l’autre qui a menacé de fusiller les proches de la victime. Le président de district avait été interpellé aussi. Les deux procédures sont en cours, chacun répondra de ses actes. Nous recherchons également Sana en cavale », a précisé la source judiciaire. 

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le 10 octobre 2023 08:21

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