Démission de Dadis Camara : Les révélations de Maxim Manimou…

Maxime Manimou

CONAKRY- Qu’est-ce qui a prévalu à la démission de Moussa Dadis Camara à la tête du parti Forces Patriotiques pour la Démocratie et le Développement (FPDD)? Comment le parti a-t-il accueilli cette décision de l’ancien chef de la Junte ? Maxim Manimou, porte-parole des FPDD qui  s’est confié à notre rédaction fait des révélations et répond aux accusations de leur ancien mentor. Exclusif.

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Manimou bonjour!

MAXIME MANIMOU: Oui bonjour!

Comment avez-vous accueilli la démission de M.Dadis Camara à la tête de votre formation politique, le FPDD ?

Maxim Manimou : A vrai dire, on a été surpris parce qu’on ne s’attendait pas à une telle décision, de surcroît, à travers la presse. Les règles de bienséance commandent, avant de prendre une telle décision, que l’on se rencontre, l’on discute, chacun pose son problème, avant de passer à l’action. Mais tout d’un coup comme ça, c’est surprenant. Moi, c’est dans la presse que j’ai vu cette nouvelle, à travers notamment votre site Africaguinee.com. Imaginez un peu l’effet que ça donne. Ça devient effectivement une surprise.

Sinon ce n’est pas étonnant de voir un Président d’un parti politique prendre une décision pareille, surtout qu’en matière politique, le revers est possible à tout moment. Donc, on a quand même été surpris parce qu’on s’attendait au moins à une rencontre, avant de prendre cette décision et la diffuser au grand-public. Même le vice-président actuel du parti, c’est une photocopie de la lettre de démission qu’il détient.

Dadis Camara reproche notamment aux responsables du FPDD basés à Conakry de ne pas le consulter dans des questions cruciales. Que répondez-vous ?

Pour cela, je me demande exactement pourquoi il le dit. Est-ce une façon de se défendre ? Je serai d’accord, mais moi qui vous parle, je suis régulièrement en route pour Ouagadougou, le voir, lui expliquer certains problèmes. Lui, en même temps, me charge d’autres missions à accomplir ici. Sur le plan téléphonique, je ne sais pas comme ça se passe entre le vice-président et lui. Mais à ce que je sache, les deux étaient de temps en temps en contact. Sa nièce qui est secrétaire général du parti, tous les jours, elle est presqu’en conversation avec lui. Alors je suis surpris de l’entendre dire qu’il n’est pas consulté.

Ne pensez-vous pas que M. Camara soit harassé du comportement de certains responsables de votre parti, qui, selon lui, utilisent son nom pour se faire une image ?

C’est nous qui sommes partis le voir pour le mettre à la tête du parti. S’il démissionne en mettant la charge sur nous, tant mieux. Mais à ce que je sache, en tant que chargé de communication et porte-parole du parti, j’ai fait de mon mieux pour le Président Dadis. A des moments où les gens n’osaient pas parler, moi je criais haut et fort. J’ai risqué parfois ma vie ! Donc, quand il dit qu’il n’était pas en contact avec nous, combien de fois j’ai pris la route d’Ouagadougou par véhicule et non par avion ? J’abandonne ma famille, je viens le rencontrer au nom du parti. Il me charge de certaines missions. Je crois qu’il devait quand même utiliser le bon langage. Mais qu’à cela ne tienne, on va avec.

Etes-vous déçus de la monnaie qui vous a été rendue par Dadis Camara ?

Dire qu’on est déçu,  c’est peut-être trop dire. La déception vient lorsque vous ne vous attendez à rien. Même une femme que vous épousez, si vous ne vous attendez pas à ce qu’elle vous abandonne, le jour où elle le fera, vous serez déçu. Dadis est un citoyen comme tous les autres guinéens. Personnellement, je disais qu’un jour ou l’autre, il peut dire « non » à la tête du parti. C’est pourquoi, je disais tantôt qu’en matière politique, le revers est possible à tout moment. Donc, en réalité nous ne sommes pas déçus. Au contraire, ça nous donne beaucoup plus de force pour aller de l’avant.

N’êtes-vous pas ébranlé par ce départ ?

On n’est pas du tout ébranlé. Au contraire, nous allons nous activer sur le terrain pour être plus efficace que lorsqu’il était à la tête du parti.

On vous sent quand même très effacé du débat politique guinéen. Comment allez-vous réussir ce pari ?

Justement, c’est à cause de son indifférence à des moments donnés, que nous étions un peu méfiants pour prendre certaines positions. Parce qu’en réalité, on ne connaissait pas sa vraie position. Est-ce qu’il fallait être dans l’opposition radicale ? Est-ce qu’il fallait être centriste ou s’aligner carrément derrière la mouvance ? Donc, c’est vrai on était hésitant, à des moments donnés. Mais tout ça, c’est à cause de son indifférence. Mais maintenant avec cette décision, nous promettons qu’on parlera encore des FPDD.

A vous entendre M. Maxime, l’on serait tenté de dire que cette démission de Dadis Camara vous libère d’un fardeau…

Oui je crois que cette décision nous libère. Ça je puis vous le dire. Elle nous libère. Maintenant nous saurons sur quel pied danser.

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel. : (00224) 655 31 11 12

 

Créé le 14 octobre 2016 15:37

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