Cas « Djoma, Espace, Évasion » : La décision de la HAC décriée par des citoyens à N’Zérékoré…

N’ZÉRÉKORÉ-Sur injonction de la Haute Autorité de la Communication (HAC), les diffuseurs Canal+ et Star Times ont retiré de leur bouquet, les chaînes de télévision privées « Espace, Djoma et Evasion ». Pour justifier sa décision, l’organe de régulation des médias en Guinée, invoque des raisons de sécurité nationale.

A Nzérékoré, principale agglomération de la Guinée forestière, cette mesure de la Haute Autorité de la Communication est vivement décriée. De nombreux citoyens interrogés par Africaguinee.com accusent les autorités de les avoir privés d’un droit primaire : l’information. C’est le cas de Doré Jacque Soua, gestionnaire des ressources naturelles et secrétaire général au conseil des jeunes de Nzérékoré. Il dénonce une atteinte à la liberté de la presse.

« Ces médias contribuent beaucoup à l’amélioration de la vie et de la gouvernance de notre pays. Aujourd’hui, retirer certains médias du bouquet canal + c’est agresser la liberté de la presse.  Parce que certains qui sont à l’extérieur, ils ont besoin d’être informés sur ce qui se passe dans leur pays. Ce retrait est vraiment négatif, je pense que l’État doit revoir sa manière de faire, puisque la Haute Autorité de la Communication est là. Si certains médias ont failli, ils pouvaient les ramener à la raison par des avertissements ou par des lettres.

Parce que j’ai l’habitude de suivre des fois les avertissements de la Haute Autorité de la Communication. Il y’a des émissions qu’on interdit des fois pour une semaine, deux semaines et pour des raisons comme ça, ils pouvaient faire pareil. Mais retirer totalement ces médias du bouquet canal + vraiment c’est un regret par rapport à la liberté de presse dans notre pays », regrette Doré Jacque Soua.

Kolié Moriba Francis formule les mêmes complaintes : ‘’A travers ces médias, nous avons accès à une pluralité de sources d’informations fraiches. C’est pourquoi, quand j’ai appris que certains médias ont été retirés du bouquet Canal +, ça ne m’a pas plu du tout. On invoque des raisons de sécurité nationale, mais je me dis que s’il y’a une question de sécurité on ne pouvait pas passer par cette procédure. On pouvait interdire certains médias à ne pas communiquer sur les secrets d’Etat. Mais les retirer de leur diffuseur, l’Etat ne pouvait pas se le permettre. Je demande aux autorités de revoir leur manière d’agir.  S’il y a des principes que ces médias ont failli on pouvait les ramener à la raison, mais il faut les réinstaller sur le bouquet canal+, c’est tout ce que je demande à l’Etat’’, soutient M. Moriba.

Exaspéré, cet autre citoyen rappelle qu’au temps d’Alpha Condé, ça ne se passait pas comme ça. Pour lui, l’État fait du tort aux populations en les privant de l’information.

« On avait convoqué des journalistes ici au temps d’Alpha, même tout récemment on le faisait. Mais pourquoi retirer des chaines sur les bouquets de diffusion ? Nous, on nous a privé de notre source d’information. On nous a fait du tort. Ils n’ont qu’à revoir cette décision pour qu’on puisse avoir accès à ces chaînes. Je demande au gouvernement de tout faire pour revenir sur cette décision », lance-t-il.

Amara Condé, Représentant du Groupe Evasion à Nzérékoré accueille avec peine, cette décision de la HAC. A l’écouter, c’est une situation compliquée pour plusieurs journalistes, qui ont du mal à faire face aux besoins de la famille.

« C’est avec beaucoup de regrets et de peine que nous avons appris le retrait de nos médias sur le bouquet canal + et star times. Parce que ces distributeurs ont un contrat avec ces médias tout comme les médias qui ont des contrats avec les partenaires. Et si nos médias sont retirés du bouquet canal +, on aura des problèmes avec nos partenaires commerciaux. Et quand on a des problèmes avec des partenaires, ça veut dire que nous serons fortement impactés sur le plan économique. Nous les représentants de ces médias à l’intérieur du pays, nous sommes beaucoup plus sollicités par les partenaires parce que ces images sont vu un peu partout.

Donc quand nous ne sommes plus sur ces bouquets, nous n’aurons pas de partenaires pour la couverture des événements. C’est en fonction du boulot que nous faisons sur le terrain que nous sommes payés.  Si on ne travaille pas, ça veut dire que nous n’aurons rien à la fin du mois. Comment subvenir aux besoins vitaux de nos familles dans ces conditions ?  La popote, les frais de scolarité, la santé…c’est compliqué », se lamente Condé Amara, Représentant Régional du Groupe Evasion.

Et d’ajouter : ‘’Je demande aux autorités de collaborer avec les médias. Ils ne doivent pas déclarer la guerre aux médias. Quand vous prenez le régime déchu, il y a eu beaucoup de choses regrettables certes, mais nous n’avons pas constaté le retrait ou la fermeture d’un media. S’il y a des dérapages, il y a un organe qui est censé corriger tout cela qui est le HAC. S’il y a des problèmes, le mieux c’est d’attirer l’attention des organisations comme la HAC par exemple, qui ne cesse toujours de rappeler les journalistes à l’ordre. S’ils ont constaté des dérapages, c’est d’interpeler la HAC que de nous retirer sur le bouquet canal +. La liberté de la presse nous a été octroyé par un régime militaire, ce n’est pas un autre régime militaire qui devrait nous la retirer’’, lance ce journaliste.

Doré Jacque Soua, Gestionnaire des ressources naturelles lance un appel aux autorités. « Ce que je vais dire aux autorités, c’est que, quel que soit la manière dont ils vont gouverner ce pays tout le monde ne peut pas être d’accord. Tout le monde ne peut pas les apprécier au même niveau. Donc, quelque part nous devons les critiquer. Il doit avoir des personnes qui critiquent et lorsqu’on critique c’est en ce moment qu’ils peuvent s’améliorer.

Mais lorsque tu n’es pas critiqué tu vas penser que tout ce que tu fais est bon alors que ce n’est pas le cas. Alors, cette manière de retirer ces médias sur le bouquet canal + n’est pas bon. Ce n’est pas la bonne manière. Par la médiation de la HAC, ils peuvent trouver d’autres moyens pour les faire revenir à la raison. Mais les retirer totalement c’est un regret. Donc j’appelle l’autorité à revoir sa façon de faire », lance M. Doré.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél. (00224) 628 80 17 43

Créé le 13 décembre 2023 16:00

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