Wourè-Kaba, Soya : les impactés du projet Simandou plaident pour l’accélération de l’adoption du référentiel national

MAMOU- Le Collectif des ONGs pour la défense des droits des communautés impactées par les projets de développement a conféré avec les populations des localités de Wourékaba et de Soya, dans la préfecture de Mamou.

A travers des échanges directs, le CODEC-Guinée a obtenu l’adhésion des deux communautés, touchées par les travaux de construction du chemin de fer du projet Simandou. Elles formulent un plaidoyer auprès des autorités pour l’accélération de l’adoption du référentiel national, a constaté Africaguinee.com.

Le référentiel national est un document élaboré en 2017 à l’initiative du Gouvernement guinéen à travers le ministère des Mines et de la Géologie. Il contient toute la politique de compensation, d’indemnisation et de réinstallation des communautés impactées par les projets de développement en République de Guinée. Malheureusement, le document peine à être adopté.

Les communautés de Wourékaba et Soya ont fait part de toutes leurs préoccupations relatives aux conséquences de la mise en œuvre du projet de chemin de fer Simandou qui les touche directement. Toutes ont sans réserve adhéré à la démarche de plaidoyer pour l’adoption urgente du document par le Conseil National de transition qui fait office d’Assemblée Nationale. Comme l’indique Mamadou Djoudia Sow, coordinateur du comité de suivi des impactés de Mamou.

« C’est le moment de faire notre déclaration pour solliciter auprès des autorités l’adoption du référentiel national pour la compensation, l’indemnisation et la réinstallation correctes des impactés par les projets de développement particulièrement les communautés touchées par le projet Simandou à Wourékaba et à Soya pour lesquelles ce jour est solennel. Nous demandons à l’Etat et au Gouvernement dans son entièreté, aux partenaires techniques et financiers de nous aider à faire adopter par le Conseil National de transition, le référentiel national qui existe depuis 2 ans. Nous communautés de Soya et de Wourèkaba dans la région de Mamou, ne jouissons pas de nos droits fondamentaux de populations impactées et ou déplacées du fait des projets de développement. Pourtant, les investisseurs sont installés et sont actifs dans nos localités et sur nos terres dont nous dépendons sans prise en compte réelle de nos préoccupations en termes d’amélioration du cadre de vie et d’accès durable aux moyens de subsistance.

Il est important de souligner que nous sommes spoliés de nos terres sans aucune contrepartie, nous subissons des processus émaillés de mauvaises pratiques de compensation, d’indemnisation et de réinstallation entrainant la dislocation du tissu familial, la détérioration du cadre de vie sociale et économique créant de passage des hostilités entre nous et les sociétés qui évoluent chez nous. A cela s’ajoute la précarité qui se généralise sans épargner personne. Si nos enfants s’en rendent compte un jour, comment nous allons nous justifier ? C’est pourquoi nous faisons face à l’Etat et aux partenaires pour nous aider car presque toutes les populations de Soya et Wourékaba sont impactées. Certes tout le monde n’est pas ici présent mais les populations de Wourékaba et de Soya sont unanimes et disent oui pour l’adoption du référentiel national » a déclaré Mamadou Djoudia Sow, coordinateur du comité de suivi des impactés de Mamou.

A l’image de nombreuses familles riveraines, celle de Karimatou Diakité est impactée par le projet Simandou à Wourekaba. D’où son plaidoyer auprès de l’Etat guinéen :

« Nous plaidons auprès du gouvernement de penser à nous surtout suite au passage du projet Simandou sur nos terres cultivables et même nos habitations. Nous n’avons plus accès à l’eau potable encore moins où nous pouvons faire le linge. Quand les ouvriers travaillent dans les chantiers, nous sommes submergés par la poussière, nous sommes très impactés. Ils avaient promis de nous recaser ailleurs, jusque-là ce projet n’est pas réalisé. Présentement, des routes entourent notre village, de part et d’autre. Au quotidien nous inhalons des tonnes de poussières. Nous ne disposons plus de jardins potagers car la poussière tue tout ce que nous y mettons. Cela nous prive de nourriture propre. Nous demandons au gouvernement de nous aider à revenir à notre vie d’antan. Nous ne connaissons rien d’autre que l’agriculture, nous vivons de nos productions agricoles. Nous sommes natifs de Wourékaba et vivons ici. Jamais nous n’avons connu l’aventure, nos parents ont vécu là, à notre tour nous sommes là. Nous ne savons pas où partir en cas de déguerpissement. Le passage du projet a impacté notre bon vivre ensemble. Que l’Etat nous aide » a-elle plaidé.

Fatou Mara est de Soya. Comme toutes les communautés de la zone traversée, elle et sa famille sont sérieusement impactées. Elle partage leurs peines : « Nous faisons face à d’énormes difficultés ici. Nous avons des problèmes d’eau. Nos terres arables et nos habitations nous sont expropriées. Comment comprendre que quelqu’un soit dépossédé de son lieu de travail, d’où il gagnait son quotidien et celui de sa famille sans aucun accompagnement ? Nous n’avons pas de moyens. Alors, nous lançons un cri de cœur à travers vous, envers les autorités pour qu’on nous vienne en aide. Ces projets sont certes utiles pour le pays, nous ne pouvons-nous nous y opposer. Cependant, quand nous faisons face aux difficultés, nous ne pouvons qu’appeler à l’aide. Nous n’avons pas le choix ».

Ibrahima Sory Baldé, sous-préfet de Wourékaba salue la démarche du gouvernement et plaide en faveur des familles touchées afin que le référentiel national soit adopté par le Conseil National de transition (CNT) au bénéfice des zones traversées qui souffrent le martyr.

« Je viens de suivre comme vous la réaction des communautés impactées par les travaux du chemin de fer Moribaya-Simandou. D’ailleurs il faut remercier le gouvernement guinéen et exprimer ma profonde gratitude à l’endroit du président de la République, le général Mamadi Doumbouya pour les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des impactés de ce chemin de fer. Les enquêtes menées ont montré quelques souffrances que ces populations sont en train de subir d’où la rédaction de ce référentiel national qui a réuni l’ensemble des secteurs intéressés. Les mines, l’administration du territoire, la société civile sont les secteurs concernés. Aujourd’hui c’est une doléance que nous posons à l’endroit du Gouvernement afin que ce référentiel soit adopté au niveau du CNT qui fait office d’Assemblée Nationale. L’engagement c’est d’être à l’écoute de ces populations, de les accompagner pour que ces familles entrent en possession de leur droit, un droit déjà reconnu par l’Etat guinéen vis-à-vis des entreprises. C’est une sorte de plaidoyer et de doléances à l’endroit des décideurs pour aider auprès du CNT afin que ce document soit adopté par les conseillers nationaux » précise le sous-préfet de Wourèkaba Ibrahima Sory Baldé.

Alpha Ousmane BAH&

Thierno Amadou Barry

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le 20 mai 2024 07:39

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