Lutte contre le VIH/SIDA : Médecins Sans Frontières plaide pour la prise en charge du VIH avancé

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CONAKRY-Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le VIH Sida ce 1er décembre, Médecin Sans Frontières Belge, a organisé un café de presse au tour du thème : inégalité d'accès aux soins (financement, stigmatisation, impact). Cette activité s’est déroulée à l'USFR (Unité de Soins, Formation et Recherche) de l'hôpital Donka, dans la commune de Dixinn.

Destinée aux professionnels des médias, cette rencontre a été l’occasion d'aborder les difficultés liées à la prise en charge du VIH avancé, le manque de soutien aux Organisations de la Société Civile, le témoignage des PVVIH (Personnes Vivant avec le VIH).

Selon les statistiques de 2021 sur le contexte du VIH, en Guinée, 120 000 personnes vivent avec le VIH. Les chiffres indiquent que les enfants nouvellement infectés par le VIH sont au nombre de 6 300. Les décès d’adultes et d’enfants dus au VIH Sida se chiffrent à 3 900 alors que les orphelins du Sida, âgés de 0 à 17 ans sont au nombre de 86 000. Quant au diagnostic précoce du nourrisson, il se situe à un taux de 36% et le taux de transmission vertical final, y compris pendant l’allaitement est situé à 19,79%.

En Guinée, le pays a principalement un seul bailleur qui est le Fonds Mondial. Pour l’exercice 2021/2023, dans le cadre stratégique national, les dépenses s’élevaient à 214 millions 566 mille 278 dollars américain. Sur ces besoins, 92 millions n’ont pas été couverts. Il y a un gap de 92 millions pour que les partenaires puissent mener à bien la riposte contre le VIH/Sida. Et parmi les bailleurs, le Fonds Mondial couvre 61% des dépenses liées au VIH.

En deuxième position vient Médecins Sans Frontières avec le projet VIH/Tuberculose, qui couvre les besoins à 10%, l’Etat et le PAM couvrent respectivement 7% des besoins. D’autres partenaires comme l’ONU Sida, UNICEF et l’OMS accompagnent la lutte, a rappelé Dr. Souleymane Chaloub, Responsable des activités médicales santé primaire du projet VIH MSF.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, est appelé VIH avancé, toute personne qui vit avec le VIH Sida, qui a un CD4 inférieur à 200 cellules par millimètre cube ou toute personne qui vit avec le VIH Sida, à une manifestation caractéristique d’un stade de III ou IV de l’OMS. Tous les enfants qui ont moins de 5 ans font également partie de cette catégorie.

Selon Dr Boubacar Baldé, responsable chez MSF, en Guinée, l’unité des soins de formation et de Recherche Donka, est le centre au niveau national de prise en charge gratuite, holistique du VIH avancé. Cette prise en charge inclue non seulement le traitement médicamenteux, la prise en charge psychosociale, la nourriture et quelque fois l’accompagnement des personnes qui viennent sans accompagnant, ainsi que des patients abandonnés.

« C’est le seul centre pour tout le pays. Donc avoir un deuxième centre comme Donka à l’intérieur du pays pourrait beaucoup alléger la souffrance de la population. Je profite également pour interpeller les autorités par un financement parce qu’il y a un gap. Il faudrait donc qu’on aille vers d’autres partenaires pour combler le manque et sauver plus des vies », a suggéré Dr Boubacar Baldé, Médecin Superviseur à l’USFR de Donka.

Le 1er décembre de chaque année est consacré à la lutte contre le VIH dans le monde entier. Cette année, le thème retenu, c’est « Egalité maintenant ». A travers cette activité, Médecins Sans Frontières (MSF) manifeste son soutien à l’unité des soins de formation et de Recherche Donka qui a été créée sous son financement, pour assurer la prise en charge des personnes vivants avec le VIH.

 « Pour être pris en charge dans notre structure, il y a des critères. Il faut d’abord être une personne infectée par le VIH. Nous sommes partis d’un constat : les personnes infectées par le VIH qui sont à un stade avancé le plus souvent n’ont pas de moyens financiers pour faire face aux dépenses liées à leurs soins. C’est dans ce sens que Médecins Sans Frontières a voulu appuyer l’Etat guinéen, à travers l’hôpital national Donka, pour bâtir cette unité pour assurer cette prise en charge. Il y a des critères cliniques qui nous permettent de recevoir ces patients. La prise en charge chez nous ici est totalement gratuite. Elle est financée par Médecins sans Frontières à 100%. Je remercie MSF pour cet appui à cette unité et à l’Etat guinéen dans la prise en charge des malades du VIH », a déclaré Fodé Bangaly Sacko, responsable de l’USFR

Par mois, cette unité reçoit environ une centaine de personnes. Aujourd’hui il y a quatre éléments d’inégalité que l’ONU Sida pointe. A savoir : l’égalité liée aux enfants ; l’égalité liée aux genres ; l’égalité liée aux populations clés aussi l’égalité liée à l’accès au financement.

« Il est important de faire en sorte qu’on puisse bannir ces inégalités et, faire en sorte que les enfants aient accès aux mêmes qualités de traitement que les adultes, faire en sorte que les femmes aient accès à ce traitement de qualité tout comme les populations clés », a plaidé, Dr Fodé Bangaly Sacko.

En plus du problème lié aux manques d’unités de prises en charge des malades du VIH, l’autre problème auquel sont confrontés les acteurs de la lutte contre cette maladie, c’est la stigmatisation de la société, à en croire Kadiatou Bôdjé Diallo, vice-présidente du RGAP (réseau guinéen des associations des personnes infectées et affectées par le VIH-Sida).

« Je dois avouer qu’actuellement, c’est la stigmatisation des malades qui tue et l’ignorance de la maladie. Il y a des personnes qui pensent que quand on est infecté par le VIH, c’est la mort directe ou c’est une condamnation divine. C’est ce qui tue les gens, pas le VIH », a-t-elle déploré.

Parlant du financement, elle ajoute qu’il y a des gaps à combler malgré les efforts qui sont fournis. « Les personnes vivant avec le VIH n’ont pas toutes accès aux soins de qualité. Si je prends l’exemple sur le cas des enfants, c’est tout un casse-tête… C’est pourquoi je profite de l’occasion pour lancer un plaidoyer au niveau des autorités gouvernementales, les partenaires techniques et financiers qui œuvrent dans la lutte contre le VIH, de se donner la main afin de trouver des solutions pour que tout le monde ait accès aux soins de qualité », a-t-elle lancé.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 72 76 28

Créé le 1 décembre 2022 15:22

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