Les annonces phares de Ousmane Gaoual Diallo : « D’ici la fin de la transition… »

CONAKRY- L’arrivée du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) au Pouvoir en Guinée a suscité un immense espoir chez de nombreux guinéens. Deux après quel bilan peut-on dresser ? Les fleurs ont-elles produit les fruits escomptés ? Qu’est-ce qui a été fait à date ? A l’occasion de deuxième anniversaire de l’avènement du colonel Mamadi Doumbouya à la tête de la Guinée, Africaguinee.com a été reçu par le ministre porte-parole du Gouvernement. Dans cet entretien, Ousmane Gaoual Diallo dresse un bilan élogieux qu’il brandit avec fierté. Le ministre des postes, télécommunications et de l’économie numérique évoque aussi les perspectives. Le porte-parole du Gouvernement appelle à travailler pour renforcer davantage le dialogue et la pédagogie pour faire en sorte que les tensions puissent être bannis dans le pays. Entretien exclusif.

AFRICAGUINEE.COM : Ce mardi 05 septembre 2023 marquera les deux ans depuis que le CNRD est arrivé au Pouvoir. Beaucoup de chantiers ont été ouverts. Quel bilan à mi-parcours pouvez-vous dresser à date de votre gestion ?

OUSMANE GAOUAL DIALLO : Je pense qu’on attendra la fin de la transition pour parler du bilan. Ce qu’on peut faire là, c’est la revue d’étape, qu’est-ce qui a été fait jusqu’à date ? Beaucoup de choses ont été enclenchées. Gérer d’abord les affaires courantes de l’Etat. Ceci englobe les questions de développement, de la revalorisation de la monnaie, la stabilité financière, l’amélioration du cadre macro-économique, l’amélioration du niveau des recettes budgétaires et puis les investissements plus structurés, ciblés qui donnent un impact visible.

Ce qui apparaît toute suite sur l’œil de celui qui visite la Guinée, ce sont toutes ces routes qui poussent un peu partout. Il y a des routes bitumées. Conakry est un vaste territoire en chantier, c’est visible, beaucoup de quartiers qui n’avaient même pas l’espoir d’être désenclavés, connaissent aujourd’hui des débuts de travaux et d’autres ont été déjà terminés.

Cette route qui part derrière Kiroti et qui va jusqu’à la T6 et qui est parallèle à l’axe le Prince c’est une merveille quand vous l’emprunter. Il y aussi le niveau de propreté. D’un coup Conakry est devenue une ville propre où il fait bien de vivre. Il y a deux ans avant, les rues de Conakry étaient jonchées de poubelles et de détritus. C’est de moins en moins vrai et c’est quelque chose de visible. Puis il y a les projets de construction de l’immobilier de l’Etat qui sont visibles. La cité de Donka est une illustration parfaite d’un projet qui a été mené de bout en bout dans un délai imparti.  Il y a les logements sociaux à la Tannerie, il y a d’autres qui vont être livrés d’ici la fin de l’année, les 850 de Sonfonia plus les 650 de la cité Keitayah, sans parler déjà de ceux qui ont poussé à l’intérieur, à Kankan et N’zérékoré où des Cités sont disponibles même si elles ne sont pas mises sur le marché. Tout cela démontre que le pays est en train d’avancer.

Il faut noter aussi aujourd’hui, il n’y pas une seule capitale préfectorale une seule préfecture où il n’y a pas de l’eau. Toutes les préfectures de Guinée ont de l’électricité et de l’eau, même si ce n’est pas disponible H24. Mais au minimum de 18 heures à 1 heure du matin, les préfectures ont de l’électricité. C’est quelque chose d’importants. En attendant le lancement de l’interconnexion de Linsan, qui va permettre de connecter l’ensemble des préfectures de Fouta d’ici fin 2024. D’ores et déjà, au lancement avant le 15 septembre, les préfectures de Pita, Mamou, Dalaba, Labé auront l’électricité H24. Ça c’est dans deux semaines.

Ensuite les autres préfectures, Lelouma, Koubia, Koundara et Gaoual vont progressivement être interconnectées ainsi que Tougué, Mali avec le poste d’interconnexion de Mali Yembering qui est en travaux actuellement. Cela montre que l’objectif d’arriver à un pays totalement connecté à l’électricité avant la fin de la transition c’est tenable à ce rythme-là. La Forêt, la région est déjà interconnectée et l’électricité est disponible H24. Il restera la Haute Guinée, les travaux sont en cours pour faire en sorte de les arrimer au réseau électrique national.

Alors l’eau, c’est aussi l’autre denrée qui est nécessaire. Conakry connaît encore des poches de non distribution. Des projets sont en cours, des travaux sont en train d’être effectués pour que Conakry puisse sécher a soif de l’eau, pour qu’elle soit distribuée dans les domicile des populations, c’est quelque chose qui est dans le tuyau.

Urbanisme et habitats

Évidemment, il y a l’amélioration de la circulation des eaux pluviales, il y a les canalisations qui sont ouvertes un peu partout, puisqu’il faut prendre ce problème. Tout récemment il y a eu le ministre de l’aménagement du territoire qui a pris un arrêté qui va légaliser le morcellement des parcelles et il est annoncé le 5 septembre prochain, le début de délivrance des titres fonciers digitalisés, sécurisés qui vont être mis à la disposition de la population, c’est quelque chose d’important. Parce que ça veut dire que les titres fonciers qui étaient en doublons, en juxtaposition, les pertes, tout cela sera derrière nous.

Ça veut dire que chaque citoyen qui aura un titre foncier, il sera unique et finalement il sera unique et aura la garantie de l’unicité. Et ça lui donnera plus de valeur au propriétaire mais aussi au monde bancaire qui est demandeur de titre foncier sécurisé pour garantir les hypothèques. C’est ce qui va donner un coup d’accélérateur aux guinéens parce qu’aujourd’hui si vous avez un titre foncier, vous pouvez aller à la banque, lever de l’argent en déposant en hypothèque votre titre foncier soit pour faire des investissements tierces, soit pour construire votre bâtiment et voir avec un mécanisme de remboursement échelonné. C’est quelque chose de formidable. Le 5 septembre, lorsque les titres seront en circulation, nous encourageons les Guinéens à venir prendre les titres, c’est quelque chose de formidable.

Sur le plan de l’information, la radiotélévision nationale, l’amélioration de la qualité des émissions qu’elle fait mais aussi dans le contenu. Sur le plan de la culture, vous avez vu les centres culturels, les musées qui poussent, il y a les projets de réhabilitation de certains lieux de culture, ça se passe très bien. A cela il faut ajouter la promotion de la Guinée à travers ce Nimba (Branding national). C’est une nouvelle image du pays qu’on est en train d’asseoir petit à petit, bref il y a beaucoup de chantiers. La Guinée bouge.

Forces de défense et de sécurité

Les forces de défense et de sécurité ne sont pas en reste. Il suffit de voir leurs équipements plus uniformisés. Aujourd’hui quand vous voyez les véhicules de gendarmerie, un gendarme et un policier, les couleurs sont visibles (…), c’est quelque chose de formidable. Les véhicules, on ne voit plus de véhicules caillassés en circulation. Les policiers ont de très belles tenues et des équipements modernes. Ce n’est pas suffisant pour le pays mais progressivement ça vient. Le projet de reconstruction est en marche dans certaines préfectures, certains commissariats ont été livrés, d’autres sont en chantier.

Les camps militaires aussi connaissent des embellissements plus que c’est qu’on a connu par le passé. Je ne connais pas pour les autres préfectures, mais à Gaoual, c’est une vingtaine de bâtiments qui ont poussé dans le camp. A cela s’ajoutent des logements décents parce qu’avant ils étaient dans des paillotes. Tout cela est un progrès important.

Donc, qu’il s’agisse des travaux publics, des télécommunications, de l’éducation, de l’énergie, tous ces secteurs connaissent des mouvements importants et qui sont de nature à satisfaire les Guinéens. A cette étape-là beaucoup de choses sont enclenchées et qui pourraient aboutir d’ici la fin de la transition.

Et nous pensons que les Guinéens sont en train de voir une accélération du développement de leur pays et une prise en compte de leurs préoccupations. Il faut travailler pour renforcer davantage les échanges, la collaboration et la pédagogie pour faire en sorte que les tensions puissent être bannis dans le pays.

Dans le domaine des travaux publics, le premier ministre a déclaré que le Gouvernement a fait environ 2000 kilomètres de bitume. Comment étayer ces statistiques ?

Je pense que c’est même beaucoup plus que ça. Les gens essaient juste de faire comme d’habitude dans la propagande. Il suffit de voir, même à Conakry ici quand vous regardez, vous avez près de 1000 kilomètres de bitume. Si vous prenez l’axe Kindia-Kouroussa qui est en train de finir, c’est combien de kilomètres ? C’est près de 400 kilomètres voire même 500.  Si vous prenez la route Forécariah-Freetown qui est d’ailleurs bitumée, je pense que 2000 kilomètres c’est sous-estimé le nombre réel de kilomètres bitumés.

Mais ces projets pour la plupart étaient en cours…

Ces projets, beaucoup d’entre eux étaient budgétisés mais les travaux non réalisés. Il faut reconnaître cela. Ce n’est pas nous qui avons lancé les appels d’offres mais nous étions là pour que ces routes soient réalisées. C’est réalisé en ce moment-là, ce n’est pas pour autant qu’on va dire qu’on a initié les projets de A à Z. Les projets qu’on a trouvés, on les a accélérés, on a facilité leur mise en œuvre. Vous prenez les routes de Conakry, c’était des routes muettes, il n’y avait pas d’éclairage, tout ça ce sont des efforts qui ont été faits maintenant. Cela ne veut pas dire que rien n’avait été initié mais dans le bilan du président Mamadi Doumbouya qu’il faut les compter.

La route Conakry-Kindia-Kouroussa, c’était pratiquement impraticable. Conakry-Kindia, tu pouvais faire 4 heures de temps mais maintenant c’est 1h 30 minutes. En deux heures et demi vous êtes à Mamou, tout cela c’est maintenant que c’est possible. Bien sûr, il reste encore la route Mamou-Labé qui sera reprise à la fin de la saison des pluies pour faciliter la circulation des usagers. Ça aussi c’est quelque chose d’importants.

Vous avez parlé des réformes au sein des services de défense et de sécurité. Pour autant les citoyens se plaignent de l’insécurité…

L’insécurité, ce n’est pas quelque chose qu’on peut régler en un jour. Est-ce qu’il y a des pays qui ont réglé le définitivement la question de l’insécurité ? Je ne pense pas. Il n’y a pas une recrudescence de l’insécurité mais il y a des moments où on a l’impression qu’il y a des périodes où les criminels profitent de la facilité, pendant la saison des pluies, ils profitent parfois de l’obscurité, ils s’activent pendant ce moment. Mais l’éclairage public a facilité la lutte contre ça. L’éclairage des voiries favorisent la lutte contre ce phénomène. Mais tout cela n’est pas la même réalité sur tout le pays, il y a des progrès avec des poches d’amélioration

Au plan judiciaire, nous avons assisté à l’ouverture du procès sur le massacre du 28 septembre 2009. A quoi pourrait-on s’attendre ?

Dès le début, je me suis réjoui de l’ouverture de ce procès. C’est un moment important pour les Guinéens, c’est la première fois que nous faisons face à nos douleurs, à nos souffrances. Peu importe l’issue de ce procès, les Guinéens savent qu’il n’y a pas l’impunité pour les crimes. Et que lorsqu’il y a des dégâts humains importants, il est nécessaire que les victimes aient la parole, et que l’Etat soit avec eux pour les aider à surmonter les souffrances qu’elles ont vécues et c’est ce qui est en fondamentale.

Quand on est puissant du moment, on doit aussi se dire que demain, on aura des comptes à rendre, cela permet de faire une meilleure prise en compte au moment où on exerce. Cela va continuer à garantir et la stabilité dans le pays. Ce sont des soins collectifs, ça rassure les victimes et cela permet de dissuader ceux qui gouvernent par rapport à tout ce qu’ils vont faire.

Si ce procès a été salué par contre les actions de la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières) contre les présumés délinquants financiers sont décriés par endroit. Cette juridiction est décrite comme un instrument politique pour écarter de potentielles candidats aux prochaines élections. Que répondez-vous ?

Je pense que c’est trop tôt de juger du bilan de la CRIEF. Les gens sont un peu pressés de jeter l’anathème sur les actions qu’elle est en train de mener. Or chaque délit a la durée de prévention qui lui convient. Ça dépend de l’appréciation du dossier par le magistrat. Ce n’est pas systématiquement de dire qu’il y a un abus sur la durée de la prévention. Les avocats savent. Le fait que quelqu’un soit accusé et qu’on lui donne le temps de se défendre est déjà quelque chose de d’importants. Que la pression vienne de la rue ou vienne des autorités ne permet pas de garantir une justice plus tranquille et sereine.

Parlant de cette pression, on enregistre à des manifestations sporadiques qui témoignent d’une certaine frustration de voir ces personnalités continuer à être détenus sans être jugés. Est-ce que cela ne risque pas davantage de crisper la situation ? 

En toute circonstances, il faut avoir raison garder, il ne faut pas juger la justice à priori, il faut qu’on juge la justice après, laissez l’action judiciaire se passer et après on pourra apprécier sa qualité ou la critiquer. Il est important de dire que le temps judiciaire ce n’est pas le calendrier électoral et ce n’est un temps politique.

Vous pensez que cela a une influence sur la patience peut-être de leurs militants ?

Non, je ne dis pas que leurs militants sont impatients mais tout cela peut être instrumentalisé. Tout ceci procède aussi à une forme de pression que d’autres peuvent être amenés à exercer sur l’appareil judiciaire.

A suivre…

Boubacar 1 Diallo & Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com 

Créé le 4 septembre 2023 14:30

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