Labé : Un imam pique une crise et meurt suite aux tortures infligées à sa vache…

LABÉ- L’élevage sentimental existe encore dans certaines contrées du Foutah. L’histoire de Oumar Diogo Bah réconforte cette thèse. Cet éleveur âgé de 54 ans a été alerté qu’un de ses bœufs a causé des dégâts dans le champ d’un agriculteur à Hoorè Saala, quartier périurbain de Labé. Une fois sur les lieux, il n’a pas supporté les conditions de rétention de la vache qu’il a trouvé très atroces.

La bête était attachée par une barre de fer 6. Très affecté, l’éleveur a fait une crise sur place avant de décéder. C’était dans la journée du mercredi 13 septembre 2023. L’agriculteur qui a ligoté la vache a été interpellé. Il se trouve dans les locaux de la sûreté de Labé pour son interrogatoire. Mamadou Cellou Bah, jeune-frère de l’éleveur Oumar Diogo Bah revient sur ce qui est arrivé à son grand-frère :

 « Nous sommes une famille d’éleveurs, nos parents l’étaient aussi. C’est un héritage. Mon frère voue un fol amour pour les bêtes. Il résidait à Conakry et faisait le commerce. C’est au décès de notre papa qu’il est rentré gérer le cheptel.  Moi, je réside à Conakry c’est suite à un décès que nous avons eu mardi passé que je suis venu à Labé. À mon arrivée, j’ai passé toute la journée avec le frère, nous sommes allés à la maison mortuaire, ensuite nous sommes rentrés en famille. Ensuite, mon frère a reçu un appel téléphonique lui annonçant que l’une de ses vaches a été prise dans un champ d’aubergine au secteur Touladioya. Aussitôt, il a pris sa moto pour aller voir ce qui s’est passé. Arrivé sur les lieux, les conditions de rétention du bœuf l’ont fortement affectées en réalité. Il a été choqué.  Je peux dire sans ambages que cette situation fait partie des causes de son décès. Au lieu d’une corde, la bête a été attachée par une barre de fer autour du cou.

Oumar Diogo Bah, le défunt

Selon les informations reçues de certains témoins qui étaient sur place, dès que le grand-frère a vu ça, il dit qu’il est prêt à payer tout ce qu’on demande, mais de détacher le bœuf à défaut d’utiliser une corde. Il a plaidé longtemps, le propriétaire du champ a exigé 1.500.000gnf (un million cinq cent milles) en contrepartie de ce qu’elle a mangé.  Mon frère lui a plaidé pour baisser le prix à 1000.000 Gnf au moins. C’était en présence du chef de quartier de Hoorè Saala. Comme le cultivateur était très exigeant, le frère s’est engagé à payer le montant. Il était d’accord de verser le montant. C’est entre temps que mon frère a piqué une crise, il est tombé et a trouvé la mort sur place. Je l’attendais à la maison, lorsqu’on m’a appelé pour me dire de partir en urgence à l’hôpital. On m’a informé que mon grand frère a fait une crise. C’était trop tard déjà parce que c’est un dépôt de corps qui a été constaté à l’hôpital. Il était mort.

Nous sommes partis récupérer le corps pour la maison. Ensuite, le chef de quartier est venu, j’ai demandé à ce qu’il fasse le compte-rendu devant la famille. Il a expliqué la scène. Quand il a fini, on a remis l’argent au Chef de quartier pour le donner à l’agriculteur. Après j’ai payé un tricycle pour le transport du bœuf jusqu’ici », explique le jeune frère de la victime.

Mamadou Cellou Bah

Oumar Diogo Bah était marié à deux femmes et père de sept (7) enfant. Suite l’arrestation de Cellou Diallo, accusé d’avoir maltraité la vache, le jeune-frère du défunt a répondu à la convocation de la sûreté régionale de Labé pour audition.

 « La sûreté nous a convoqué, nous avons répondu. Nous sommes partis d’abord chez le procureur ensuite à la sûreté. J’ai dit que la position de la famille est simple : ça ne changera plus rien, mon frère est déjà mort. Au nom de la famille nous avons dit que nous ne poursuivrons pas la personne, nous pardonnons », confie Mamadou Cellou Bah le jeune-frère du défunt.

A la sûreté régionale, nous avons rencontré le chef de quartier de Hoorè Saala Elhadj Mamoudou Diallo. Il a témoigné ceci :« Je suis musulman et je n’aime pas mentir ou défendre le mensonge. Ce que je connais sur l’affaire de cette vache, quand elle a été prise dans le champ, ils m’ont appelé à l’aube pour m’informer. Ensuite j’ai appelé tous les éleveurs pour venir vérifier si ce n’est pas leur vache. Celui qui est décédé Dieu a fait que c’est là-bas qu’il devait mourir. Quand il est venu ; il a trouvé que la vache lui appartenait.  Il m’a appelé pour me dire qu’il a trouvé la vache était attachée avec des fils de fer. J’ai instruit au chef de secteur de partir enlever le fil.  Mais après j’ai décidé de partir moi-même sur le lieu. A mon arrivée, j’ai fait le même constat. J’ai décidé d’intervenir entre les deux. Nous avons longuement échangé et on s’est dit de trouver une solution pour compenser ce que la bête a détruit.

Nous avons conclu sur le montant d’un million cinq cent mille francs guinéens. Ensuite il (le défunt) a pris la parole pour un peu s’expliquer, entretemps il s’est assis pour se coucher. Par après, je l’ai pris pour le relever mais j’ai constaté qu’il avait fait une crise. J’ai demandé au chef de secteur et aux autres de s’occuper de lui pour que j’aille chercher la voiture, nous l’avons mis dedans pour l’envoyer à l’hôpital, à notre arrivée au centre-ville, il avait déjà rendu l’âme. J’ai informé sa famille qui nous a dit de ramener le corps chez nous. La sécurité a été informée, ils ont dépêché une équipe, nous leur avons montré où la vache était attachée et ce qu’elle a consommé. Le procureur les a instruits de partir avec le propriétaire du champ qui avait attaché la vache. Finalement l’argent a été payé », explique le chef du quartier de Hoore Saala.

Ironie du sort, la vache maltraitée rendue à la famille n’a pas été épargnée, elle a servi de sacrifice à son propriétaire décédé mercredi. 

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 septembre 2023 20:09

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