Guinée : « L’heure est très grave… », prévient le parti de Cellou Dalein Diallo

CONAKRY-La conduite actuelle de la transition guinéenne inquiète le parti Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Cette formation politique considérée comme l’une des plus importantes du pays, estime que « l’heure est grave ». Elle appelle le président de la transition le colonel Mamadi Doumbouya à revenir sur ses « engagements initiaux » tenus le 05 septembre 2021 et sur les « fondamentaux de la transition ». C’est-à-dire le retour à l’ordre constitutionnel.  Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, le conseiller en communication de Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a fait une alerte. Entretien !

AFRICAGUINEE.COM: Comment l’UFDG analyse-t-il le récent discours du président de la transition le colonel Mamadi Doumboya à l’occasion de « l’an 65 » de l’indépendance de Guinée ?

SOULAMANE SOUZA KONATE :  Le discours du colonel Mamadi Doumbouya était un véritable fiasco tant sur la forme que sur le fond. Il est revenu longuement sur les motivations du coup d’État alors qu’on a dépassé largement cette étape. Ils sont arrivés à un accord dynamique avec la CEDEAO autour de 10 points et qui devrait s’achever en fin d’année 2024. Aujourd’hui, les guinées attendent du Colonel qu’il leur explique ce qu’il est en train de faire par rapport aux actions planifiées pour que le processus du retour à l’ordre constitutionnel soit effectif, le 31 décembre 2024.

Nous disons encore une fois de plus qui lui appartiendra de revenir aux fondamentaux d’une transition, à savoir un dialogue inclusif avec les principaux acteurs de notre pays, mais surtout l’organisation d’élections libres, inclusives et transparentes pour permettre aux Guinéens de choisir librement l’homme ou la femme capable de conduire leur destinée. Pour l’instant, nous disons que le le discours du Colonel est un véritable échec par rapport à nos attentes. Nous allons nous retrouver pour tirer les leçons de tout ça.

Selon vous qu’est ce qui a manqué fondamentalement dans son discours ?

Il a parlé des axes prioritaires du CNRD à savoir : le social, l’économie et la politique. Or, quand vous prenez le plan social, aujourd’hui, le pouvoir d’achat du Guinéen s’affaiblit de jour au jour. Aujourd’hui, la précarité économique et sociale est une réalité. Les denrées de première consommation sont réparties à la hausse. Quand vous prenez le plan économique, là aussi, c’est une véritable catastrophe. Parce que les détournements, la gabegie financière, l’enrichissement illicite, le tout sur fond de marché gré à gré ne sont pas de nature à permettre à notre économie d’être stable. La dernière équation, c’est la réquisition des banques pour lever 5000 milliards de nos francs. Ce qui va impacter négativement la capacité d’emprunt des entreprises au niveau des banques primaires. Cela aura pour effet négatif, l’impossibilité pour les entreprises de créer des richesses. Mais, surtout de créer de l’emploi pour les jeunes.

Sur le plan politique, le dialogue est rompu depuis un certain temps entre le Gouvernement, le CNRD et les principaux acteurs représentatifs du peuple de Guinée. La justice est aux ordres. C’est devenu un outil au service de l’exécutif pour faire taire toutes les voix discordantes dans notre pays. Aujourd’hui, ils sont en train d’investir des milliards pour des projets qui ne tiennent pas du tout la route. Alors que le ministre de l’éducation évoquait récemment qu’on a plus de 24.000 classes qui sont sans tables bancs, nous avons plus de 13.000 écoles qui sont sans latrines. Et tout ça, le colonel est en train de faire, des discours qui ne rassurent personne.

On l’a dit, on ne cessera jamais de le répéter, la vocation principale d’une transition, c’est la gestion des affaires courantes puisque l’État ne peut pas s’arrêter et organiser des élections libres, inclusives et transparentes pour permettre aux guinéens de choisir librement l’homme ou la femme capable de conduire leur destinée. Donc, nous politiques on ne s’est retrouvé pas dans ce discours.

Le président Doumbouya n’a pas fait cas du retour à l’ordre constitutionnel.  Qu’est-ce cela traduit à votre avis ?

Le colonel aujourd’hui ne veut même pas parler de processus, à plus forte raison parler d’un retour rapide et apaisé à l’ordre constitutionnel. Ce qui inquiète le milieu politique aujourd’hui, il y a une réelle volonté de confiscation de pouvoir. Ce qui amène les acteurs politiques que nous sommes à dire au colonel que s’il renforce l’opinion de la majorité des Guinéens qu’on ne peut pas gagner les élections par les urnes, il tirera les conséquences par rapport à ce qui adviendra à notre pays.

Les chemins interdits en démocratie, il ne faut pas franchir le Rubicon. Ceux-là qui ont été les premiers à le faire, aujourd’hui se retrouve à la maison centrale de Conakry et ils se trouvent au mauvais côté de l’histoire. Il lui appartiendra de prendre de la hauteur de tout ça et de prendre conscience que nous vivons dans une crise multidimensionnelle en Guinée et que l’heure est très grave.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 6 octobre 2023 12:28

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