Cascade de décès à Coyah chez les détenus : « Il faut des enquêtes approfondies… »

Un véhicule de la police anti-émeute endommagé dans les violences à Coyah

CONAKRY- C’est un scandale ! Un quatrième détenu en attente de jugement serait décédé à Coyah, a appris Africaguuinee.com. Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme et demandent des enquêtes approfondies alors que trois autres personnes sont mortes dans des cales de la gendarmerie et de la police dans cette préfecture située en périphérie de Conakry.

Officiellement, ces détenus sont morts « asphyxiés » en garde à vue à la Gendarmerie et au Commissariat Central de police de Coyah. Les deux premières victimes ont été inhumées aussitôt sans la moindre autopsie. En revanche, pour la troisième personne décédée lundi, une autopsie devrait être réalisée pour déterminer la cause réelle de sa mort. Les organisations de défense des droits humains s’indignent et interpellent le Gouvernement.

Interrogé ce mercredi 8mai 2024 sur ces évènements en rapport avec les conditions de détentions à Coyah, le Chargé de Communication de l’OGDH a affiché une grande inquiétude quant au respect des droits des prisonniers.

« Depuis les états généraux de la Justice, nous avons fait des progrès. Nous avons amélioré les textes autour de la protection légale. Mais la protection légale elle seule ne suffit pas pour faire respecter les droits l’homme. Il faut aussi la protection judiciaire et créer les conditions matérielles pour que les populations jouissent pleinement de leurs droits. Nous avons des centres de détention en République de Guinée mais, la plupart d’entre eux ne répond pas aux standards internationaux. A Coyah actuellement il n’y a pas de centres de détention. Il n’y a pas de prison et il semblerait qu’à Coyah les détenus sont répartis dans les cellules des différentes gendarmeries« , expliqué Alseny Sall.

Suite aux décès de ces personnes en garde à vue, la secrétaire générale du ministère de la Justice et des droits de l’homme s’est rendue à Coyah dans la matinée de mardi. Lors de cette visite Mme Irène Marie Hadjimalis a fait savoir que le département envisagerait de transférer les autres détenus.

Cette annonce ne suffit aux yeux de l’OGDH. Son responsable de communication estime qu’au-delà il faut approfondir les enquêtes sur les causes des décès.

« Nous avons appris dans les communications du Ministère de la Justice que ces cas de décès résulteraient de la chaleur. Mais nous souhaitons que des enquêtes approfondies soient menées pour qu’on situe les responsabilités sur ce qui a entraîné ces décès, parce que la chaleur ce n’est pas qu’à Coyah. La chaleur c’est partout dans le pays. Il faut donc situer les responsabilités afin d’éviter de tels drames à l’avenir. Au-delà nous pensons qu’en Guinée beaucoup d’efforts ont été fournis mais beaucoup restent encore à faire en ce qui concerne la protection concrète des droits des citoyens. Vous savez, une personne privée de sa liberté de mouvement n’est pas privée de tous ses droits. Elle n’est pas privée par exemple du droit à la santé, du droit à la vie et il doit vivre aussi dans des conditions de détention décentes. Lorsqu’on ne crée pas ces conditions, nous pensons que ce n’est pas favorable à la promotion et à la protection des droits de personnes détenues ou en garde à vue« , soutient l’OGDH par la voix de son chargé de communication.

A suivre !

Sayon Camara

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 mai 2024 10:03

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