Labé: A la rencontre de Nialen Oularé, l’étudiante ‘’Hamburger’’ qui allie commerce et études…

LABE- Nialen Oularé est une étudiante inspirante. Originaire de Faranah, cette apprenante est armée de double courage. A l’université de Labé située à 22km du centre urbain, l’étudiante de 21 ans en licence 2 s’est faite remarquée au sein de l’université au-delà des études. La jeune Nialen marche au sein du campus avec un sceau rempli d’hamburger qu’elle propose aux étudiants, enseignants et même des simples passant avant le démarrage et pendant les heures de pause.


Sa bravoure sans complexe lui a ouvert une source de revenus. Inspirée par le modèle étudiant entrepreneur, Nialen parvient grâce à son petit commerce, à assurer certains de ses besoins sans tendresse la main à ses parents habitants loin de Labé. Pour elle, il ne sert à rien de chercher à cacher sa pauvreté en milieu intellectuel alors qu’on est en permanence dans le besoin. Nous l’avons approché, après avoir marqué une certaine pendant un certain temps.

Nialen Oularé n’habite pas à Hafia mais à Labé, chaque jour au retour de l’école, elle achète ses ingrédients en début de soirée. Elle se lève tôt pour préparer, porter son sac et son sceau transparent plein d’hamburger, destination l’université de Labé à 22km de là. Pendant les cours ses hamburgers sous la table, à la récréation elle fonce tranquillement vers les groupes d’étudiants pour vendre d’où le surnom  »L’étudiante Hamburger ».

Sac au dos, son sceau d’hamburger pèse sur ses bras, elle fend la foule d’étudiants, marque des arrêts pour répondre aux sollicitations ou proposer elle-même. Quand un client paye, Nialen s’agenouille pour servir et met tout le nécessaire à Coté avec un beau sourire :

« Sachant que je suis étudiante dans le besoin, j’ai opté à faire des hamburgers pour les vendre à l’école ici. C’est mieux que d’appeler les parents à tout moment pour des services. J’ai décidé de me débrouiller moi-même pour faire des économies à coté en cas de besoin pour venir à mon propre secours. J’ai pensé directement à faire des hamburgers et des boulettes afin de combler le vide en matière de revenus. Je précise que cette activité vient en deuxième position après mes cours. Ici, je me suis organisée de telle sorte que mon commerce n’affecte pas mes cours.  C’est quand je rentre de l’université vers les 17heures, j’achète les poulets que je pile le soir, je garde au frais dans le frigo ; à l’aube, je me lève pour préparer mes hamburgers et les boulettes. Je termine, je m’habille, destination l’école. Je profite de la matinée pour vendre avant que les cours ne démarrent, mais pendant les récréations encore et à la fin des cours aussi. J’avoue que je n’éprouve aucune honte à vendre à l’université ici, les moqueries je ne me rends même pas compte, par contre des amis m’encouragent dans ce que je fais. Les parents ne sont pas là, je suis appelée à mieux vivre avec une activité légale. Quant à la clientèle, elle s’élargit à tout moment vraiment, certains m’attendent à leurs coins habituels, je passe, j’appelle d’autres au téléphone quand j’arrive, ils viennent vers moi, une autre catégorie profite de mon mouvement ambulant pour acheter. Chaque jour je fais 3Kg de poulet à revendre à l’université. Le prix c’est 1000 à 5000gnf ça dépend de ce que vous voulez. Je n’habite pas à Hafia ici, je suis en ville, je prends le bus pour venir chaque matin. Comme je vous ai dit je me suis organisée de telle sorte que le commerce n’impacte pas mes études. Je ne vends qu’à l’université ici, c’est pourquoi je demande aux autorités universitaires, s’il y a un moyen de m’aider à élargir ma forme d’entreprenariat, je le sollicite vraiment. Ici, c’est les étudiants et les encadreurs qui me voient, hormis eux, personne d’autre ne me voit, comme je vous dis, je ne vends pas dans les marchés, c’est seulement ici, à l’école. Ça me ferait plaisir d’être boostée. Présentement je fais un peu d’épargne, parfois ce que la famille m’apporte aussi ça me sert » confie l’étudiante Hamburger Niaalen Oularé en pleine vente sous un arbre à l’université de Labé

Bah Mouctar, enseignant-chercheur découvre pour la première fois Nialen Oularé alors qu’il cherchait à manger ailleurs. Voyant la jeune fille comme une simple commerçante, c’est ainsi qu’il découvre que c’est bien une étudiante venue à Labé pour rentrer avec un diplôme qui se débrouille pour éviter de tendre la main tout le temps à ses parents.

 « C’est vraiment une découverte pour moi de voir qu’une étudiante peut faire ce travail pour mieux vivre dans le bon sens. Comme d’habitude, à l’heure de la pause je me dirige tout droit vers un restaurant pour manger et retourner en classe. Aujourd’hui j’aperçois cette jeune étudiante avec en main un sceau plein d’aliments. Je demande de quoi il s’agit, je trouve c’est des hamburgers. J’ai été servi, après je découvre qu’elle est étudiante. De là je me suis engagé à acheter avec elle pour l’encourager à continuer dans sa façon d’entreprendre, parce que c’est noble. Et puis ses hamburgers sont bien conditionnés et l’hygiène est là. Nous connaissons c’est quoi la vie estudiantine, ce n’est pas facile, si je vois une étudiante qui n’est pas dans des conditions aussi aisées décider de faire un petit commerce, c’est de l’entrepreneuriat ça. Peut-être elle le fait sans le savoir c’est de l’entrepreneuriat en réalité. A l’université de Labé, nous avons le POLE VIE qui appuye les étudiants dans le cadre de l’entreprenariat, la création d’entreprises. Avec le courage de cette étudiante, ce qu’elle fait là peut aboutir demain à une grande entreprise. Il suffit de garder le même courage et croire à ce qu’elle est en train de faire à coté de ses études. Je suis vraiment impressionné de ce qu’elle fait, elle me dit tous les jours qu’elle est là et suit ses cours régulièrement en priorité ensuite son commerce », témoigne Bah Mouctar enseignant-chercheur qui loue le courage de Nialen.

Dans le milieu estudiantin, Nialen est également bien connue depuis la licence 1 par beaucoup d’étudiants. Mohamed Alseny Camara, étudiant en MIAGE L2 côtoie l’étudiante Hamburger. Elle retient d’elle son courage d’homme. Cette année, Nialen surprend tous à la reprise des cours avec ses hamburgers qu’elle cumule avec les cours :

« Je l’ai connue en première année, d’abord par sa détermination à bien assimiler les cours en classe. Elle cherche à mieux comprendre, elle participe activement au déroulement des cours. Nous sommes devenus amis. Ce qu’elle a entamé cette année aussi, c’est-à-dire ce commerce d’hamburger et de boulettes démontre combien fois Nialen est courageuse. Elle est entreprenante, pour toute personne il faut savoir commencer et en toute chose c’est le début ensuite le courage de terminer le projet. Nialen a ce don, c’est une battante, je l’admire pour ça vraiment. Elle vient avant tout le monde le matin, elle fait son commerce jusqu’à 9heure, c’est là que les cours démarrent, elle s’installe en classe, suit les cours comme tout le monde jusqu’à 11Heures à la pause. Nialen profite pour vendre encore, à la pause de 14H également elle propose ses hamburgers à tout le monde sans complexe. Ce n’est pas donné à tout le monde de faire comme elle, faitre du commerce en plein campus cumulativement aux études sans honte », révèle Mohamed Alseny Camara, étudiant.

Alpha Ousmane Bah

Pour africaguinee.com

Tel. (+224) 664 93 45 45

Créé le 11 février 2024 14:52

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