Violences à Koliagbé : témoignage « glaçant » de Ibrahima Kalil Diallo, victime de pillages et d’incendie…

KINDIA-Nous l’avions annoncé dans un précédent article. Des violences ont éclaté ce dimanche 17 mars 2024 à Koliagbé, une localité relevant de la sous-préfecture de Friguiagbé dans la préfecture de Kindia. Selon nos informations, ces troubles font suite à la mort d’un jeune homme nommé Nabya. Ce dernier, accusé d’être impliqué dans des actes de vandalisme d’une plantation, a été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Kindia où il est tombé malade. Saisi de son cas de maladie, le procureur aurait ordonné son évacuation à l’hôpital pour ses soins. Concomitamment, d’autres démarches étaient en cours pour sa libération tout comme ses codétenus dans la même affaire. Mais hier dimanche, il a rendu l’âme à l’hôpital avant la procédure n’aboutisse. L’annonce de cette nouvelle a irrité certains citoyens du district.

Africaguinee.com a pu interroger M. Ibrahima Kalil Diallo qui a été victime de ce soulèvement. Il témoigne avoir tout perdu. Ses six maisons, des véhicules ainsi que d’autres biens ont été pillés ensuite incendiés. Il réclame Justice. Témoignages.

« Hier à 08h 05’, le président du district m’a appelé pour m’informer que le nommé Nabya est décédé à l’hôpital. Je précise que cet homme fait partie du groupe de gens qui étaient partis décimer ma plantation de papayes et de bananes. Après leurs actes, j’ai saisi la Justice et la directrice préfectorale de l’agriculture de Kindia. Ils avaient coupé plus de 700 plantes de papayes, 11.000 pieds d’ananas ont été incendiés dans ma plantation. Après le constat fait par les autorités, ordre a été donné de les arrêter. Ils étaient nombreux, mais c’est six personnes qui étaient les meneurs principaux. Trois d’entre eux ont fui, les autres ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Kindia.

Récemment, on m’a appelé pour me dire que ces jeunes ont duré en prison et de faire tout pour les libérer. J’ai répondu qu’ils sont entre les mains de la Justice, c’est à elle de les libérer. De mon côté, j’ai rassuré que j’accorde mon pardon. Je les ai conseillé d’aller voir le colonel de la région en mon nom pour lui dire que j’accorde mon pardon aux jeunes incarcérés. Après, d’aller voir le procureur. C’est ce qu’ils ont fait.

Chez le procureur, ils ont signalé que le jeune Nabya est malade en prison. Après avoir été mis au courant, le procureur a ordonné qu’il soit transféré à l’hôpital pour ses soins. Ce lundi 18 mars 2024, les trois (dont le malade décédé) devaient être libérés. Malheureusement, Nabya est décédé hier dimanche matin à l’hôpital.

C’est dans ce contexte que le président du district m’a appelé hier pour m’informer du décès, je lui ai présenté les condoléances. Mais avant de couper le téléphone, il m’a dit que je serai enterré avec Nabya. Je l’ai rappelé mais il n’a plus décroché mes appels. J’étais à Friguiabé lorsque ma femme m’a appelé pour me dire que le président du district a rassemblé la jeunesse et les femmes pour attaquer notre concession.

Aussitôt j’ai appelé le colonel pour l’informer que nous sommes en danger. Donc, de prendre des dispositions pour nous sécuriser avec nos biens. Mais la compagnie de gendarmerie qu’il a saisi a dit qu’elle n’avait pas de carburant pour se rendre sur les lieux. Ils m’ont réclamé un million, mais on s’est entendu sur 500.000 GNF. On s’est croisé à Friguiabé, je leur ai remis l’argent. Mais avant leur arrivée, c’était déjà fini. Puisque les assaillants avaient mis à sac mes bâtiments et incendié tout.

Ils ont mis le feu sur quatre véhicules dont deux camions, un pickup et une Toyota Matrix. Ils ont emporté neuf sacs d’engrais et 15 millions Gnf, l’argent des ouvriers, deux postes téléviseurs, des climatiseurs. Ils ont tout volé et vandalisé le reste. Ils n’ont rien laissé.

La première équipe de gendarmes qui était partie avait replié même parce que selon eux, il y avait trop de monde. Ils ont appelé des renforts pour aller intervenir alors que c’était déjà trop tard.

Au moment où je vous parle, hormis ce que je porte, rien ne me reste. Je suis refugié quelque part, mais j’ai tout perdu, ma famille aussi a pris la fuite. Tout ce que j’ai accumulé pendant 25 ans, fruit de dur labeur tout est parti en vrille. Je n’ai pas où m’abriter. Même ce matin, lundi 18 mars 2024, ils sont revenus casser le peu qui restaient. En tout six bâtiments ont été vandalisés puis incendiés.

Je réclame justice. J’invite les autorités à arrêter les responsables afin de rembourser les dégâts qu’ils ont causé. Pendant 25 ans je me débrouille, tout a été détruit en quelques heures ».

A suivre…

Africaguinee.com

Créé le 18 mars 2024 18:05

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