Guinée : Dialogue de « sourds » autour du processus de retour des civils au Pouvoir…

CONAKRY-Un dialogue de sourds s’est instauré en Guinée autour du processus du retour à l’ordre constitutionnel. Le Gouvernement de Transition dirigé par Bah Oury et les forces vives, ne s’entendent plus. Et à cette allure, le rang des mécontents pourrait grossir, car le silence du Gouvernement sur la conduite de la transition n’est guère apprécié au sein de la classe politique guinéenne.

Les différents protagonistes n’arrivent pas à s’accorder sur l’essentiel pour s’assoir autour de la table pour aplanir leurs divergences en vue d’un retour diligent à l’ordre constitutionnel. Alors que les coalitions membres des forces vives s’arcboutent sur des préalables, le Gouvernement déroule tranquillement l’agenda du CNRD (comité national du rassemblement pour le développement) et de son chef, le Général Mamadi Doumbouya.

Dans ce contexte de méfiance, le président de l’organe législatif de la transition a jeté un pavé dans la marre depuis Luxembourg, s’interrogeant sur la nécessité d’organiser des élections où les mêmes sont gagnants. Cette phrase qui s’est glissé dans un discours fleuve tenu devant le parlement francophone est tombée comme un cheveu dans une soupe déjà polluée. Pour le parti reversé le 05 septembre 2021, il est désormais clair que la junte veut écarter les ténors de la course à la prochaine présidentielle.

« On nous donne raison. L’objectif, c’est de se départir de ces ténors-là de la course. Mais le peuple de Guinée n’acceptera pas. Mieux vaut qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments pour que nous puissions aller tous ensemble la main dans la main, pour bâtir notre Guinée, à travers des élections crédibles et transparentes », a averti un haut responsable du RPG arc-en-ciel, interrogé par Africaguinee.com.

L’accord signé avec la Cédéao par les autorités de la transition prévoit la fin du régime d’exception en décembre 2024. Mais à huit mois de cette échéance, les dix points inscrits dans le chronogramme, aucun n’a pas exécuté à date à 100%. Aux yeux de l’ancien parti au Pouvoir, il n’y a pas de volonté politique pour mettre fin à cette transition.

« Il ne reste plus que 8 mois à peu près. Mais s’il y a la volonté politique, en 8 mois, on peut organiser des élections. On n’a pas besoin de s’encombrer avec le RAVEC, et tout… Nous avons un fichier crédible qui a été audité par la Cédéao et la Francophonie. Il suffit alors de mettre un organe de gestion consensuel des élections, qui va piloter les élections de A à Z », explique notre interlocuteur.

Cette position est partagée dans les rangs des autres coalitions membres des forces vives qui demandent un toilettage du fichier de 2020 et de la constitution de 2010. Mais c’est justement là le souci. Car pour le Gouvernement, ces deux points tout comme les autres inscrits dans le chronogramme sont nécessaires.

« Le fichier actuel a été à l’origine de tous les conflits postélectoraux que notre pays a connus ces dix dernières années. Il faudrait que pour une fois, l’on accepte de régler définitivement cette question pour le bien même des partis politiques et qu’on sorte des contestations éternelles. Il y a du travail qui est en cours, le processus avance. Quant à la Constitution, si celle de 2010 était suffisamment à l’abri d’un tripatouillage, on n’en serait pas arrivé à 05 septembre. L’élaboration de la nouvelle Constitution est déjà terminée. La publication du texte n’est plus qu’une question de temps, on va avancer vers le référendum prévu cette année. Ça au moins c’est clair », rétorque une source Gouvernementale. Comme pour dire qu’un « dialogue de sourds » s’est installé entre les différents acteurs impliqués dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel en Guinée.

Focus Africaguinee.com

Créé le 5 mai 2024 19:06

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