Guinée : Des bisbilles au sein du Mouvement syndical… « trop c’est trop »

CONAKRY-Une crise s’installe au sein du Mouvement syndical guinéen ! Ces bisbilles sont nées de la désignation des membres devant représenter cette structure à la 132ème session de la Conférence internationale du travail (CIT) prévue à Genève du 3 au 14 juin 2024. Près de 10 centrales syndicales ont déjà saisi le ministre du Travail et de la Fonction publique, à travers une note de protestation déposée hier jeudi 11 avril. Les protestataires dénoncent une « magouille » dans le choix des personnes qui doivent se rendre à cette grande messe mondiale.

François Bourouno, ministre du Travail et de la Fonction Publique

« C’est principalement deux centrales au niveau de la Guinée qui sont accréditées, auxquelles le BIT (Bureau international du travail), envoie des accréditations. C’est la CNTG et l’USTG. Comme toujours, quand il s’agit de désigner, ce sont ces deux centrales-là qui procèdent à la désignation. Il faut être accrédité et reconnu, c’est une question de représentativité« , a précisé Aboubacar Soumah, Secrétaire général du Slecg, au micro d’un journaliste d’Africaguinee.com ce vendredi 12 avril 2024.

A en croire le syndicaliste, les centrales syndicales qui ont écrit au ministre Bourouno, pour apporter des mesures correctives urgentes ne sont pas accréditées auprès du BIT.

La rencontre pour la CIT à Genève, est un rendez-vous annuel, qui se tient une fois par an, notamment au mois de juin. C’est une conférence qui rassemble les délégués des gouvernements, des travailleurs et des employeurs des Etats membres de l’OIT (Organisation international du travail).

En Guinée, les syndicalistes risquent de participer en rangs dispersés à ce rendez-vous important pour le monde syndical, ou du moins, à ne pas participer d’ailleurs. Tellement que la division est profonde.

Vers l’implosion du mouvement syndical ?

Le coordinateur de la Cosatreg (Confédération syndicale autonome des travailleurs et retraités de Guinée), ne partage pas l’explication d’Aboubacar Soumah. D’ailleurs, il estime que c’est pour éviter l’implosion qu’ils ont saisi le département du Travail et de la Fonction publique, qui est l’intermédiaire entre les syndicats et le gouvernement.

« Chaque année nous allons en tripartite à Genève : gouvernement, le patronat et les syndicats. Il y a une question de représentativité, c’est vrai. Mais nous sommes en unité d’action. Nous avons privilégié l’unité d’action et la solidarité syndicale« , a avancé Boubacar Biro Barry, qui ajoute que leur dénominateur commun est la participation à la Conférence internationale du travail, qui est commune à toutes les sensibilités syndicales.

Risque de perte des places octroyées aux syndicats

Lors d’une visite de prise de contact effectuée la semaine dernière à la Bourse du travail, le ministre Faya François Bourouno a annoncé que le gouvernement va octroyer plus de places aux syndicats, pour le rendez-vous de Genève. Sauf que cette opportunité risque d’être compromise s’il n’y a pas d’entente entre les différentes parties.

« Même un suppléant on n’a pas prévu pour nous autres centrales syndicales. On s’est dit que trop c’est trop. Or, c’est une conférence internationale. Pour éviter d’arriver à ce que vous avez dit « implosion », nous avons écrit à notre département qui est le partenaire direct entre le gouvernement et nous. Nous avons fait une ampliation au Premier ministre, au président du CNT, au président du CNDS, pour leur dire que nous ne sommes pas d’accord. Nous attendons la réaction du gouvernement. Si ça ne va pas, le gouvernement va retirer tout, et chacun va se débrouiller… », martèle Boubacar Biro Barry.

Le Mouvement syndical guinéen est accusé également par les structures signataires de la note de protestation, d’avoir fait un mauvais usage de la somme de 3 milliards de francs guinéens, comme subvention accordée par le gouvernement aux centrales syndicales, pour leur fonctionnement. Ces syndicats soupçonnent Amadou Diallo et ses pairs de procéder à un partage « unilatéral et sans transparence  » du montant.

« Mais là aussi, si on ne s’entend pas, le gouvernement qui a donné la subvention, si elle ne sert qu’à deux seulement sur treize, en ce moment on demandera d’arrêter…d’accorder une subvention au mouvement syndical », prévient M.Barry.

 

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com

Créé le 12 avril 2024 22:36

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