Grève en Guinée : L’Exécutif tranche sur le « préalable » posé par le Syndicat…

CONAKRY- Le mouvement syndical guinéen a déclenché une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national ce lundi 26 février 2024. Alors que le bras de fer est désormais lancé, les autorités exécutives tentent le tout pour le tout pour faire revenir syndicat autour de la table du dialogue. Pour en parler, Africaguinee.com a interrogé, le secrétaire général du ministère du Travail et de la Fonction Publique.


AFRICAGUINEE.COM : Le syndicat exige la libération de Sékou Jamal PENDESSA pour participer à toute négociation avec les autorités de la Transition. Qu’est-ce que les autorités comptent faire face à cette revendication ?

ABOUBACAR KOUROUMA : Cette question ne relève pas des autorités que nous représentons. Ce n’est pas un décret ou un arrêté qui doit décider de cela. Le vendredi, il y a eu condamnation du (secrétaire général du SPPG Sékou Jamal PENDESSA), la défense du prévenu a interjeté appel, cet appel est suspensif d’exécution de la première instance.

La Cour d’appel va probablement recevoir le dossier en début de semaine et les avocats savent techniquement comment faire. C’est pourquoi donc je dis toutes les activités sur lesquelles les autorités exécutives doivent poser des actes, on était venus leur dire ce qui est fait par le gouvernement par rapport aux différents points de revendications.

On a entendu certains parler de droit de grâce que le président aurait pu exercer, mais ce que je rappelle, le droit de grâce s’exerce quand le prévenu est définitivement condamné. Pour l’instant, le prévenu n’est pas condamné, l’appel étant suspensif en attendant une condamnation définitive, pour que le droit de grâce puisse s’exercer. Nous ne souhaitons pas qu’on en arrive là. Le souhait de tout le monde, c’est qu’on trouve une issue heureuse, c’est ce à quoi nous espérons. Nous ne nous décourageons pas, on ne désespère pas, que nos partenaires viendront échanger avec nous.

Certes la revendication principale du mouvement syndical c’est la libération du syndicaliste Sékou Jamal PENDESSA. Mais à côté, il y a d’autres points de revendications relatifs à libération de l’Internet qui est d’ailleurs satisfait. Qu’en est-il pour les autres ?

Justement, ce n’est pas en restant en dehors du cadre de dialogue que (nos partenaires syndicalistes), vont savoir ce que le gouvernement entreprend ou ce qu’il a fait. C’est pourquoi nous leur disons de venir autour de la table pour leur expliquer ce que le gouvernement a fait ou ce qu’il envisage de faire sur ces autres de points de revendications. C’est à partir de là qu’ils pourront faire leur propre jugement. Ce n’est pas en restant en dehors du cadre du dialogue qu’ils pourront le faire.

C’est pourquoi d’ailleurs on a le patronat qui est avec nous depuis vendredi et on a demandé au CNDS (conseil national du dialogue social) de se déplacer, aller à la bourse du travail, pour rencontrer nos partenaires nous du mouvement syndical, pour qu’ils puissent venir, qu’on se rencontre, on échange. Nous on va leur dire ce qui est fait et ce qui doit être fait.

Pour certains, le gouvernement n’a pas fait preuve de volonté réelle face aux revendications du syndicat. Ils estiment que cette grève aurait pu être évitée si les autorités avaient pris le mouvement syndical au sérieux. Que répondez-vous ?

C’est une mauvaise intuition qu’ils ont eue. Je pense que sur les différents points, il y a eu beaucoup d’avancées. Quand vous prenez le processus de recrutement des enseignants contractuels communautaires, la problématique des stagiaires de la RTG, il y a eu beaucoup d’avancées. Et ça, on n’a pas attendu le préavis ou l’avis de grève pour prendre ces actions.

Si nos camarades viennent autour de la table, on va leur présenter le niveau de mise en œuvre des engagements. C’est pourquoi nous avons répondu à l’invitation du CNDS, qui est dans son rôle de suivi des différents accords signés entre les partenaires, (syndicat, patronat et gouvernement). Mais tout ça c’est quand on va se retrouver qu’ils pourront comprendre.

Donc, dire que les autorités ont traîné le pas, non je ne pense pas ainsi. Le cas de la libération de l’Internet, il y a eu l’évaluation du niveau de risque qui pesait sur la sécurité nationale, quand le conseil national de sécurité a jugé nécessaire que le risque n’était plus élevé, il y a eu aussitôt des actions qui ont été entreprises. Donc, il faut que nos partenaires nous rejoignent pour qu’on puisse leur dire ce qui est fait et de ce qui est en cours d’être fait. Après ils pourraient fonder leur opinion.

Aujourd’hui, la grève est effective. Concrètement, qu’est-ce les autorités proposent au syndicat pour éviter que cette crise ne s’enlise ?

Nous restons encore mobilisés dans l’espoir de pouvoir rencontrer nos partenaires syndicalistes. C’est pourquoi et le patronat et le gouvernement, nous sommes disposés à les rencontrer où ils voudront pour confirmer une fois encore la main tendue des autorités.

Une crise ou son enlisement n’est dans l’intérêt de personne. Ce n’est pas une question de confrontation entre le gouvernement et le mouvement syndical, non. Nous ne voyons pas comme ça. Il n’y a pas de bras de fer et il ne peut y avoir de confrontation entre le gouvernement et le mouvement syndical encore moins le patronat. Nous souhaitons que nos partenaires nous rejoignent, qu’on dialogue. Si le mouvement syndical est disposé à nous écouter, on viendrait à l’heure et à l’endroit de leur convenance.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (00224) 664 72 76 28 

Créé le 26 février 2024 12:54

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