Gaoual-Koundara : Naufrage meurtrier sur le fleuve Koliba…

KOUNDARA- Trois personnes ont trouvé la mort dans un naufrage survenu lors d’une traversée du fleuve Koliba, séparant la préfecture de Koundara à celle de Gaoual. Le drame s’est produit dans la matinée du dimanche 10 mars 2024, a appris Africaguinee.com.

Selon nos informations, il s’agit d’une pirogue qui avait à son bord trois personnes dont le piroguier. Tous les trois sont morts noyés. Ils quittaient la sous-préfecture de Kamabi pour celle de Foulamory, Gaoual. La triste nouvelle a été révélée par des pêcheurs locaux.

Bachir Boiro, l’un des responsables de la jeunesse de la sous-préfecture de Saréboido s’est rendu sur les lieux de drame. Au téléphone d’un journaliste d’Africaguinee.com qui l’a contacté ce lundi 11 mars 2024, il a expliqué les circonstances du drame.

« C’est un cambiste accompagné d’un conducteur de moto-taxi venus de Koundara qui ont perdu la vie. Ils partaient pour rencontrer un Marabout très connu vers là-bas. Ils étaient à l’autre bout du fleuve. Une fois sur place, ils ont appelé leur hôte, (le marabout), ce dernier leur a dit qu’il va dépêcher son enfant pour aller les chercher et les faire traverser en pirogue. Ils ont laissé la moto sur place et les deux se sont embarqués dans la pirogue.

Fleuve Koliba

C’est en traversant que l’accident s’est produit lors de la traversée du fleuve. Ils avaient quelques plastiques et des accessoires qui sont tombés et restés sur la surface de l’eau.  C’est ce qu’un pêcheur a découvert, il a aussitôt informé ses autres amis. Ils s’étaient embarqués aux environs de 10 heures. Quand nous y sommes allés après le drame vers 12 heures, la pirogue n’était pas encore retrouvée », explique notre interlocuteur.

Les deux victimes originaires de Koundara ont pour noms : Mamadou Dian Touré, le motard, Monsieur Alpha Barry, Cambiste au marché central de Koundara et le piroguier dont l’identité ne nous a pas été révélée. Après le drame, leurs corps ont été tous remis à leurs proches pour leur inhumation.

Le Fleuve Koliba, une frontière délicate depuis des années

Le fleuve Koliba est situé entre Foulamory, une commune rurale relevant de la préfecture de Gaoual, et Sarébhoïdho de la préfecture de Koundara. Depuis le 28 juillet 2020, le bac qui servait de passage aux citoyens pour rejoindre les deux localités a lâché. Une situation qui amène les citoyens à opter pour des raccourcis par endroit pour traverser.

Selon Mamadou Saliou Barry, conseiller chargé de la planification, du suivi et de l’évaluation des projets et programmes du Conseil national des Jeunes de Guinée, l’absence du Bac est l’une des causes de ce genre de drame :

« A cause de l’absence du Bac, les gens sont obligés de passer par certains endroits du fleuve pour pouvoir traverser et vaquer à leurs affaires. S’il y avait le BAC, les gens n’allaient pas prendre autant de risque. Maintenant, ce n’est pas le cas. Parce que là où il y avait le Bac, tu peux y aller et rester durant 2 à 3 heures du temps à attendre parce que là-bas, les pirogues sont un peu grandes et les piroguiers exigent le nombre de passager pour traverser, et c’est couteux pour les citoyens. C’est ce qui pousse certains à aller chercher d’autres alternatives, quitte à y risquer leurs vies », explique ce représentant de la Maison des Associations et des organisations de la société civile, (MAOG).

Monsieur Alpha Barry, Cambiste, victime

L’absence du Bac fluvial, un calvaire de trop

Ça fait quatre ans depuis que le bac fluvial a cédé. Depuis toutes ces années les autorités des préfectures de (Koundara et Gaoual) sont dans l’incapacité de trouver solution.

« Le Bac a lâché depuis juillet 2020. C’était d’ailleurs une embarcation très usée. Les câbles et l’engin étaient tous vétustes. Toutes les tentatives de recherches pour le faire remonter en surface sont restées vaines. Depuis lors, c’est avec des pirogues que les citoyens utilisent pour traverser », explique Saliou Barry.

L’absence du bac a fortement impacté la circulation sur cet axe routier. Une situation qui a plongé les citoyens dans un calvaire qui ne fait que perdurer.

« C’est vrai que les accidents dans ce fleuve ne sont pas fréquents. Mais les gens sont obligés de contourner vers Gaoual, Kounsitel, Koundara centre, via Kamabi. Et les autres coins des localités. Le Bac soulageait un peu les citoyens mais depuis qu’il a lâché, c’est maintenant le calvaire. Les motards peuvent rester 5 heures voire 6 heures de temps en attente d’un piroguier. C’est très difficile », témoigne l’activiste.

Mamadou Dian Touré, le motard, victime du naufrage

Les autorités en manque de solution

Selon le chargé de la planification, du suivi et de l’évaluation des projets et programmes du CNJ-Guinée, des rencontres autour de la problématique du bac ont été organisées par les responsables des deux préfectures, mais aucune solution concrète, pouvant soulager les populations n’a été trouvée.

« L’année dernière j’étais en contact avec les autorités préfectorales de Koundara, nous avons discuté à propos de ce sujet. Maintenant là j’apprends qu’ils ont sollicité les chinois mais il n’y a pas eu de suite favorable. Jusque-là, il n’y a aucune solution. La fois dernière, les communautés faisaient des rencontres pour demander aux autorités de faire un pont sur ce fleuve parce que le problème de Bac n’arrive à être résolu. C’est un endroit très fréquenté », ajoute Saliou Barry.

Pour rappel, le fleuve Koliba d’une longueur de 407 m prend sa source à partir de Gaoual Centre à l’embouchure des fleuves Tominé et Komba. Ces deux fleuves prennent leur source au Fouta Djallon.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : ( 00224) 664 72 76 28

Créé le 11 mars 2024 17:41

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