Fatoumata Yarie Soumah : « Pourquoi j’ai opté pour la mécanique… »

Fatoumata Yare Soumah

CONAKRY-En Guinée, peu de femmes s’intéressent à la mécanique automobile, souvent considérée comme un métier réservé aux hommes. A Kindia, une fille a décidé de casser le monopole. Fatoumata Yarie Soumah, âgée de 15 ans a abandonné l’école très tôt. Elle a opté pour l’apprentissage de la mécanique. L’adolescente réside au quartier Condetta 3 dans la commune urbaine de Kindia. A l’occasion de la célébration de fête internationale des femmes ce 08 mars, notre rédaction est allée à la rencontre de cette apprentie mécanicienne.

Derrière son sourire innocent se cache l’amour d’un métier. La mécanique. Dans son garage, tout le monde la respecte et admire son courage. Le fait de se retrouver dans un milieu dominé par les hommes, ne la dérange guère. Au contraire, cette singularité forge son courage d’aller jusqu’au bout de son rêve d’enfance. Le virus de la mécanique l’a « piqué » depuis sa tendre enfance, glisse-t-elle.  Et c’est grâce à ce métier qu’elle compte bien gagner sa vie. Car l’école, elle s’est limitée en 6ème année.

« C’est ce métier qui m’a plu, c’est pourquoi je le pratique. Souvent ce sont les hommes qui le pratique, il n’y a quasiment pas de femmes. Mais j’aime la singularité. Depuis mon enfance, je ne voyais que des jeunes garçons pratiquer la mécanique. Ceci a attiré mon attention. Je n’ai pas eu la chance de pousser les études. Je me suis limitée en 6ème année, mais dans la vie chacun se forge un destin. Le mien c’est la mécanique que j’aime. Je me suis engagée. J’espère un jour avoir ma maîtrise pour ouvrir un garage. Certains qui me voient pratiquer ce métier m’admirent, ils me félicitent et m’encouragent« , déclare Yarie Soumah au micro du correspondant régional d’Africaguinee.com.

Depuis qu’elle a commencé il y a un an, elle s’en sort pas mal. Aujourd’hui, elle a maitrisé les notions de base. « Grâce à mon maître, j’ai maitrisé les notions de base de la mécanique automobile. Mon maître a beaucoup d’estime pour moi. Depuis que j’ai rejoint son garage, il n’y a jamais eu de dispute entre nous. Quand les clients viennent, je les accueille très chaleureusement et je m’approche pour observer ce que mes maîtres font afin de mieux comprendre et m’appliquer. Je prends toujours le soin de demander lorsque je me bloque. Quand ils se fâchent je me tais pour ne pas qu’il y ait d’histoire entre nous », révèle l’adolescente parlant de son apprentissage.

Fatouma Yarie Soumah dans son lieu d'apprentissage
Fatouma Yarie Soumah dans son lieu d’apprentissage

Fatoumata Yarie Soumah encourage les filles à embrasser les métiers de la mécanique pour ne pas laisser le monopole aux hommes.  « La mécanique est un métier que tout le monde peut pratiquer, il n’est dit nulle part qu’il faut que tu sois garçon pour pratiquer ce métier. Depuis que j’ai commencé, je progresse« , lance-t-elle à ses camarades.

Maître Sékou Camara, le formateur de Yarie apprécie beaucoup le courage de son apprentie. Il explique comment cette fille a rejoint son garage. « Je ne connaissais pas Fatoumata Yarie avant. C’est son oncle qui a fait son stage dans mon garage qui l’a fait inscrire ici.  (…) Quand ils sont venus le jour de l’inscription, j’ai échangé avec la fille et j’ai compris finalement que c’était une fille qui a l’amour du métier. La maîtrise d’un métier dépend de l’amour de l’apprenant. C’est important. (…) On l’encourage parce qu’on sait que les femmes ont plus de chance que les hommes dans les métiers. Quand on travaille jusqu’au soir on lui demande de rentrer car elle ne doit pas garder le garage la nuit en étant une fille », explique le formateur de Yarie Soumah.

Maître Sékou Camara, le formateur de Yarie
Maître Sékou Camara, le formateur de Yarie

Maître Sékou, invite les autres femmes à opter pour les métiers. « Ce que l’homme peut faire, la femme peut en faire autant. Toutes les femmes qui font le sérieux pourront non seulement satisfaire leurs besoins mais aussi supporter leurs maris pour celles qui sont mariées. Mais si une femme n’a aucune activité à faire, elle sera toujours dans la dépendance totale. C’est vrai que la mécanique demande une force physique mais dans la vie, la réussite vient au bout de l’effort« , enseigne Maître Sékou Camara.

Depuis Kindia, Chérif Keita,

Correspondant régional d’Africaguinee.com

Créé le 8 mars 2023 10:48

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