Chérif Abdallah parle : « Il y a des jaloux qui essaient de nous mettre en mal avec le Cnrd… »

Mohamed Chérif Abdallah, président du GOHA International

CONAKRY- Du retour au pays après quelques semaines passées au Sénégal, le Président du Groupe Organisé des Hommes d'Affaires GOHA International est revenu sur l'incident qui s'était produit à Sambaïlo entre lui et des agents postés à la frontière avec le Sénégal. Dans cette interview qu'il a accordé à Africaguinee.com, Chérif Abdallah a évoqué plusieurs sujets d'actualité en Guinée notamment la cherté des prix, la conduite de la transition…(Interview).


AFRICAGUINEE.COM : Votre voyage à Dakar a été marqué par un incident à la frontière. Qu’est-ce qui s’était réellement passé ?

MOAHAMED CHÉRIF ABDALLAH : Je dirai que ce qui s’était passé à la frontière de Sambailo était un incident malheureux. Ce sont des choses qui ne devaient pas arriver. Heureusement que je suis rentré au pays. Mais ces genres de choses ternissent l'image de la personne et découragent les opérateurs économiques au niveau national et découragent même les investisseurs. Parce que quand on est à la tête d'une organisation désormais internationale et qu'on nous créé des situations de ce genre, voyez l'image que ça dégage. Ça fait hésiter nos partenaires par rapport à certaines de nos activités alors que ce n'est pas le cas. Pire, ça peut décourager les opérateurs économiques des autres pays à venir chez nous parce qu'ils se diront que même les opérateurs économiques nationaux ne sont pas rassurés. Donc, ce sont des choses qui ne devaient pas arriver.

C'est pourquoi je dis que ceux qui ont fait ça devaient présenter des excuses officielles parce que ça ne se doit pas. Je ne suis pas quelqu'un qu'on peut faire ces genres des choses, parce que je le dis haut et fort : il n'y a pas un seul citoyen en République de Guinée qui est plus clean que moi. Ça n'existe pas. Je ne dis pas quelqu'un de mieux cultivé ou plus riche que moi, non, mais plus propre que moi ça n'existe pas. C'est pourquoi j'avais pu continuer mon chemin à Dakar et je suis rentré officiellement en Guinée avec des accueils et engouements partout. Que ce soit sur le territoire Sénégalais ou guinéen, ce sont plusieurs opérateurs économiques qui sont sortis pour m'accueillir dans les différentes villes où je suis passé.

Ceux qui ont fait ça doivent communiquer officiellement et dire que ce qu'ils ont fait, c'était une erreur. Il ne faut pas oublier que nous dirigeons une organisation qui travaille sur le terrain depuis près de 20 ans. C'est nous qui protégeons les opérateurs économiques. Donc, le dirigeant d'une telle organisation ne doit pas être mis dans des situations qui peuvent ternir son image à tort.

Les nouvelles autorités sont dans une logique de rassurer les investisseurs. Pensez-vous que de telles situations contribuent à annihiler cette volonté ? 

Oui. Et, malheureusement c'est ce qui est arrivé. C'est pourquoi j'ai demandé à ceux qui ont fait ça de présenter des excuses parce cela pourra peut-être rassurer les opérateurs économiques au niveau national et international. Quand vous faites des fautes, vous devez carrément présenter des excuses parce que ça ne se doit pas. Je suis un citoyen libre et honnête, je sors et je rentre dans mon pays quand je veux. 

Au Sénégal, on a plusieurs de nos compatriotes qui évoluent dans l'informel. Qu'est-ce que vous faites pour pouvoir les fédérer ? 

Il n’y a pas seulement qu’au Sénégal. Nous avons beaucoup de nos compatriotes qui sont dans plusieurs pays en Afrique qui évoluent dans l'informel. On est en train de les mobiliser actuellement pour tisser des partenariats avec ces Etats-là pour aider les opérateurs économiques surtout ressortissants guinéens pour pouvoir se formaliser et travailler convenablement dans la sécurité et profiter des avantages que ces Etats peuvent leur offrir. Nous sommes en train de travailler sur le terrain pour ça. Et puis, je vous annonce que j'ai la lettre de félicitations d'un Chef d'Etat dont je tais le nom par rapport à cette situation-là.  Parce que lui, il nous a suivi, il a compris que ce que nous faisons va faire un impact sérieux sur l'économie de son pays et cela pourra créer des emplois. C'est pourquoi ce Président m'a écrit pour me féliciter et pour m'encourager de continuer à faire ce travail sur le terrain. Je détiens la lettre, au moment venu on va publier la lettre pour encourager aussi les autres Présidents à faire la même chose parce que lui il a compris l'importance GOHA international et l'impact que cette organisation a sur le terrain. 

Quand le CNRD est venu au pouvoir, vous êtes rentrés d'exil et vous aviez promis d’accompagner le Colonel Mamadi Doumbouya. Vous aviez mené des campagnes de sensibilisation à l'intérieur du pays, chez les commerçants.  Mais au fil du temps on a senti le fossé se creuser entre vous et les nouvelles autorités. Qu'est-ce qui s'est passé ? 

Il y a toujours des personnes qui essaient de créer des situations pour sauvegarder leurs intérêts personnels et égoïstes. Sinon les soutiens que les nouvelles autorités du pays ont eus, il n'y a pas un seul citoyen guinéen qui a fait plus que nous. Lorsque le Colonel Doumbouya a fait la déclaration de la prise du pouvoir, nous l’avons soutenu le même jour. Nous étions invités par des grandes rédactions à Dakar, on ne faisait que défendre l'armée guinéenne par rapport à l'initiative qu'ils ont pris pour prendre le pouvoir. En plus, nous avons fait des campagnes sur le terrain non seulement à l'extérieur de la Guinée pour des ouvertures des échanges commerciaux, des conférences transfrontalières sur la relance économique mais aussi à l'intérieur de la Guinée. Tout ça, l'Etat n'a contribué un seul franc. Nous avons dépensé des millions pour ça. Mais il y a toujours des jaloux qui essaient de nous mettre en mal avec les nouvelles autorités, mais ça ne marchera pas.

Si nous voulons informer le Colonel Mamadi Doumbouya de quelque chose, on lui écrit tout de suite tout comme le premier ministre. Nous sommes des citoyens guinéens et nous travaillons pour l'intérêt général, nous sommes apolitiques et nous agissons ainsi. Au lieu de nous faire des coups bas, je pense que tous les citoyens guinéens doivent se lever pour supporter cette organisation parce que c'est pour la première fois qu'une organisation créée en Guinée devienne internationale. L'Etat devait nous appuyer dans tous les sens en première position, nous aider à avoir des cadres avec nous pour pouvoir faire évoluer l'organisation. Et, ce sera une fierté pour la Guinée parce que le GOHA vient de là. Si aujourd'hui le GOHA est agréé partout mais le GOHA est créé en Guinée par des citoyens guinéens. Donc, ce que l'Etat guinéen doit faire, c'est de nous appuyer sérieusement pour vraiment hisser l'organisation au niveau international. 

Les nouvelles autorités ont réussi une prouesse que le régime déchu n’a pas pu. C’est la réunification du patronat. Où était le GOHA dans tout ça ? 

Vous savez, nous sommes une organisation non gouvernementale, nous continuons nos activités sur le terrain au niveau national et international. Toutes ces structures au niveau national ne peuvent être que des partenaires de notre organisation. Le GOHA ne se préoccupe pas de voir ce que le patronat fait, ce que la chambre de commerce fait… non, même au niveau international, des chambres de commerce existent presque partout. Moi-même je suis représentant de la chambre de commerce international ICC en République de Guinée, mais cela n'a rien avoir avec le GOHA. 

Comment expliquez-vous la persistance de l’inflation alors que le francs guinéen connaît depuis un certain temps une certaine embellie par rapport aux monnaies étrangères ?

Nous sommes en train de travailler sur le terrain par rapport à ça. Nous sommes en train d'encourager les opérateurs économiques de se lancer dans l'agriculture parce que la situation de la cherté des prix n'est pas en Guinée seulement, il y l'inflation même dans les pays européens. La Guinée a eu plusieurs problèmes qui se sont succédés qui fatiguent les guinéens plus que tout le monde. Premièrement, il y a eu beaucoup de manifestations dans ce pays, il y a l'insécurité, il y a eu beaucoup de destruction des biens des opérateurs économiques, ensuite il y eu Ebola, après le Coronavirus est venu s'ajouter. Et maintenant, il y a la guerre en Ukraine qui est venue se greffer à tous ces problèmes pour créer une nouvelle situation au niveau international. La Guinée ne peut pas échapper à ça. Donc, cette responsabilité on ne peut l'imputer aux opérateurs économiques.

Il faut reconnaître que les nouvelles autorités sont en train de faire des efforts parce que personnellement les ministres que j'ai eu à rencontrer sont vraiment disponibles et à l'écoute. Même le premier ministre à chaque fois que je cherche à le joindre, il décroche son téléphone et si je vais le rencontrer il me rencontre tout de suite. Donc, c'est ce que nous voulons parce que s'il n'y a pas ça, on ne peut pas discuter, ni comprendre notre problème sur le terrain. A notre tour, nous ne pouvons pas dire qu'on est rassuré. Nous avons beaucoup de programmes et de projets qu'on va soumettre aux autorités pour essayer d'aller de l'avant afin que la situation soit un peu stabilisée. Mais cette cherté n'est pas seulement qu'en Guinée, c'est au niveau international. La guerre en Ukraine a perturbé le système de rotation au niveau international. Cela a tout changé et a tout bouleversé. Nous subissons ces effets dominos.

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 27 décembre 2022 17:41

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