VIH : « J’ai failli être délogée parce que suis porteuse du virus… », témoigne Kadiatou

Kadiatou Bodje

CONAKRY-En Guinée, 220 000 personnes sont infectées par le VIH Sida et seulement 65% sont sous traitement selon les statistiques nationales. Un des freins à la lutte contre cette pandémie reste encore la stigmatisation des porteurs du virus.

À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie célébrée ce 1er décembre, Africaguinee.com a recueilli les témoignages de personnes vivants avec le VIH. Elles évoquent les principales difficultés auxquelles elles sont confrontées au quotidien.

"Les gens ont peur de la maladie, mais quand tu pars pour te faire dépister, ça te permet de savoir si tu as la maladie ou pas. J'exhorte à chacun de nous d'aller se faire dépister. Durant le 15 premiers jours du mois, nous allons sortir pour la sensibilisation, cette activité sera accompagnée du dépistage. Le test, le dépistage c'est gratuit et c'est confidentiel. Aujourd'hui, l'une des difficultés auxquelles les malades sont confrontées, c'est la stigmatisation. C'est quelque chose qui tue plus que le Sida.

C'est à cause de cette stigmatisation que certaines personnes ont peur de se faire dépister. Mais nous en tant que Réseau des Associations des Personnes vivant et affectées par le Sida, nous encourageons vivement le dépistage. Quand tu connais ton statut, tu peux gérer et personne ne va savoir que tu as la maladie ou pas. Mais quand tu attends que la maladie t'envoie à l'hôpital, tu seras victime de la stigmatisation", témoigne Marie Loua Marie, vivant avec la maladie.

En 2022, les Personnes Infectées et Affectées par le VIH Sida ont souffert de rupture de traitement anti rétro viral selon, Hawa Goto Kolié, présidente du Réseau Guinéen des Associations des Personnes Infectées et Affectées par le VIH Sida (REGAP Plus). Elle constate des inégalités dans le traitement.

"Les acteurs communautaires que nous sommes, constatons des inégalités dues à des dysfonctionnement et des barrière limitant la prise en charge des patients. Il s'agit: de la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH dans l'espace sanitaire et dans les communautés, des différents accès pour la réalisation de la charge virale, des lacunes dans les diagnostics précoces chez les enfants exposés, ainsi dans la disposition des traitements pédiatriques sur toute l'étendue du territoire national, le retard du décaissement dans la contrepartie de l'Etat pour l'achat des intrants et des médicaments, la non gratuité de plusieurs examens biologiques indispensables dans le suivi de la prise en charge de qualité de PV VIH", déplore cette activiste engagée dans la lutte contre le VIH en Guinée.

"Poussons pour l'égalité" c'est le thème mondial de la célébration de cette journée mondiale de lutte contre le VIH. Pour Kadiatou Bôdjé ce thème vise à permettre à toutes les personnes vivants avec le VIH d’avoir accès aux soins comme les autres malades.

" S'il y a des personnes qui quittent l'intérieur du pays pour venir à l'USFR de Conakry, c'est parce qu'il y a l'inégalité dans le traitement. En tant que personne vivant avec le VIH, j'appelle tout un chacun afin qu'on se donne la main pour qu'il y ait l'égalité dans la prise en charge du VIH dans toute la Guinée", a-t-elle lancé 

J'ai failli être délogée par ce que suis porteuse du VIH 

L'une des difficultés principales que rencontrent les porteurs du VIH, c'est la stigmatisation dans la Société. Malgré ce risque, elle encourage les gens à prendre le courage d'aller se faire dépister, connaître leur statut sérologique pour une bonne prise en charge. 

"La stigmatisation, c'est ce qui freine la prise charge du VIH. Si quelqu'un a peur de faire le test c'est parce qu'il a peur d'être stigmatisé s'il est séropositif. On a failli me déloger parce que j'ai témoigné pour dire que je porte le VIH. Mais aujourd'hui Dieu merci je suis chez moi, grâce au traitement parce que j'ai d'abord accepté mon statut. Si on voit quelqu'un qui vit avec le VIH, acceptons-le, conseillons-le et aidons-le à se faire traiter ça peut empêcher qu'il ne transmette le Virus à une autre personne. Car une personne qui est prise en charge transmet rarement le VIH à une autre personne. Mais si les infections opportunistes sont là, ça va être compliqué", a-t-elle conseillé. 

Selon le chef de mission de Médecins Sans Frontières Belge en Guinée, le fonds mondial a rencontré en 2022, des difficultés dans la reconstitution des ressources dans le cadre des cycles de financement, pour les prochaines années entre 2023 et 2026. 

Les 18 milliards de dollars ne seront certainement pas atteints alors que les besoins sont accrus. Selon L'ONU Sida, 29 milliards de dollars sont estimés nécessaires d'ici fin 2025, afin que le monde puisse espérer mettre fin à la pandémie de Sida qui est menace de santé mondiale d'ici à 2030, a alerté M. David THEROND.

" Pour atteindre les objectifs fixés pour la lutte contre le VIH Sida et l'élimination du Sida à l'horizon 2030, un réengagement politique est urgent afin de mobiliser les ressources nécessaires dans la riposte. Aussi, les inégalités entre les sexes et le nombre de genre jouent un rôle déterminant dans l'épidémie du virus Sida. De la même manière, la stigmatisation, la discrimination des personnes vivant avec le VIH est un fléau, dont on mesure l'ampleur au quotidien en Guinée. Cela représente un frein important à l'accès aux soins personnes vivants avec le VIH", a-t-il déclaré. 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 664 72 76 28 

Créé le 2 décembre 2022 14:25

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