Pollution du fleuve Bafing: « C’est Dieu qui a fait ressortir ce crime écologique… »
SIGUIRI-Plusieurs cours d’eau sont pollués en Haute Guinée notamment à Siguiri, où le fleuve Niger, appelé localement Bafing, subit une dégradation inquiétante. Dans la commune urbaine, les populations assistent, impuissantes, à la détérioration rapide de cette ressource vitale, autrefois source d’eau potable et de fierté collective.
Selon plusieurs habitants, la couleur de l’eau a viré au jaune foncé, signe visible d’une contamination avancée. De plus en plus de poissons et autres espèces aquatiques sont retrouvés morts à la surface. Une situation qui suscite l’indignation des riverains, partagés entre désespoir et colère.

Parmi les voix les plus engagées, celle d’Ali Thiam, jeune activiste de la localité :« Avez-vous vu la couleur de l’eau du Bafing ? Elle est devenue totalement jaune. C’est Dieu qui a fait ressortir ce crime écologique. Depuis longtemps, ces machines poclain et concasseurs détruisent notre environnement. Les conséquences sont énormes. Samedi dernier, nous avons manifesté pour interpeller le président de la République, car les autorités locales sont au courant mais laissent faire. »
Les citoyens pointent du doigt l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or, notamment l’utilisation anarchique de machines lourdes le long des berges, responsables de la turbidité excessive de l’eau et de la perturbation de l’écosystème fluvial.

Le président de la délégation spéciale de Siguiri, Souleymane Koïta, se dit préoccupé : « Dès que j’ai été informé vendredi dernier, j’ai délégué une équipe pour constater. Des images ont été prises et transmises à l’autorité compétente. Administrativement, mes prérogatives s’arrêtent à la commune urbaine. Mais j’ai fait ma part. Le fleuve appartient à la nation. »
Du côté de l’administration préfectorale, le préfet Douramoudou Keita affirme que des mesures immédiates ont été prises. « Nous avons effectué une descente sur les lieux pour comprendre les causes. Tous ceux qui exerçaient illégalement sur les berges ont été dégagés. »

Sur le plan judiciaire, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Ibrahima 1 Camara, a confirmé l’ouverture d’une enquête : « Nous avons été saisis du dossier depuis le week-end dernier. Des instructions ont été données. Les agents des Eaux et Forêts ont été mobilisés, une réquisition a été signée aujourd’hui. Dès demain, toutes les équipes compétentes seront déployées. », a annoncé le parquetier.

Cette situation relance le débat sur la gouvernance environnementale, le contrôle des activités minières et la protection des ressources hydriques en Guinée. Le fleuve Bafing, symbole de vie dans la région, est aujourd’hui en danger. L’heure est à l’action concrète, au-delà des constats.

Facély Sanoh
Correspondant régional d’Africaguinee.com
A Kankan
Créé le 15 juillet 2025 08:14Nous vous proposons aussi
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