Nassouroulaye 1: Des habitants sur le « qui-vive » suite l’arrêt d’un projet routier vital
CONAKRY – Lancés avec enthousiasme, les travaux de bitumage de la route reliant le Camp Carrefour à l’école primaire Africof sont à l’arrêt depuis plus d’un an et demi. Entre insécurité, inondations et désenchantement, les habitants de Nassouroulaye 1 dénoncent l’abandon d’un projet vital pour leur quotidien.

Si les ruelles et autres axes stratégiques de nombreux quartiers de la capitale ont été revêtus de bitume ou de béton ces dernières années, à Nassouroulaye 1, dans la commune de Ratoma, les habitants vivent une situation délicate. Les travaux d’aménagement et de bitumage la route reliant le Camp Carrefour à l’école primaire Africof mais aussi d’autres bretelles sont à l’arrêt depuis plus d’un an et demi, selon plusieurs citoyens rencontrés ce lundi 22 juin 2026.
L’espoir qu’avait suscité le lancement des travaux vire au désenchantement. Les caniveaux laissés ouverts et la dégradation de la chaussée exposent les riverains à de nombreux risques, particulièrement en cette saison des pluies. Interrogé, Abdourahmane Bah, résident du quartier depuis plus de trente ans, exprime sa frustration face à la lenteur du chantier.

« Effectivement, les travaux ont commencé depuis l’année dernière. Les ouvriers sont venus, ils ont fait une partie du travail, ils ont remblayé certains endroits et depuis lors, ils ne sont plus revenus. Cela a eu des conséquences importantes sur les habitants du quartier. À cause de ces travaux inachevés, un grand manguier est tombé sur une concession. Heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine, mais les dégâts matériels ont été très importants. Plus bas, vers Demdoula, lorsque les pluies sont abondantes, les eaux débordent et envahissent les cours des habitations. Les populations souffrent énormément de cette situation qui dure depuis plus d’un an », a-t-il déclaré.

Ce citoyen du quartier attire également l’attention des autorités sur les dangers auxquels sont exposés les enfants. « À un moment donné, il y avait un grand fossé ouvert sur cette route. Avec les premières pluies, une partie s’est remplie naturellement, mais avant cela le danger était permanent. Un jeune enfant a même failli être emporté par les eaux. Heureusement que des jeunes du quartier sont intervenus rapidement pour le sauver. Sans leur réaction, nous aurions pu enregistrer un drame. Aujourd’hui encore, nous vivons dans l’incertitude parce que personne ne nous dit si les travaux vont reprendre ou non. Pourtant, cette route est très fréquentée. Lorsqu’il y a des embouteillages sur les grands axes, de nombreux usagers l’empruntent comme voie de contournement. Nous demandons humblement aux autorités compétentes de venir constater la situation afin que ce chantier soit enfin achevé », a-t-il lancé.

Même inquiétude chez Mariama Mara, habitante de Nassouroulaye, dont la concession se trouve à quelques mètres seulement de la route concernée.
« Cela fait environ deux ans et demi que les travaux ont été lancés, mais jusqu’à présent rien n’est terminé. Nous vivons constamment dans la peur, surtout pendant les fortes pluies. Les caniveaux ouverts représentent un véritable danger pour les enfants. Dès qu’il pleut, nous sommes obligés de les surveiller de très près. Si vous détournez votre attention un instant, un enfant peut facilement glisser ou tomber dans ces fossés. Nous demandons simplement que les travaux soient achevés pour sécuriser le quartier », a-t-elle plaidé.

Les conducteurs de taxi-moto, qui utilisent quotidiennement cette route, disent également subir les conséquences de l’arrêt du chantier. C’est le cas de Mamadou Saliou Kanté.
« Franchement, lorsque les travaux ont commencé il y a environ deux ans, nous étions très heureux. Nous pensions que nos conditions de circulation allaient s’améliorer. Mais au fil du temps, nous avons vu le chantier s’arrêter complètement. Même les engins qui étaient sur place ont été retirés. Aujourd’hui, pour nous les taxi-motards, emprunter cette route est devenu très compliqué. Entre les trous, la boue et les caniveaux ouverts, nous sommes exposés à des accidents permanents. Cela affecte également nos activités et nos revenus »,a-t-il décrit.

À quelques mètres du chantier, Ibrahima Diallo, propriétaire d’un petit conteneur commercial, partage le même constat. « Quand les travaux ont démarré, toute la population était satisfaite parce que nous pensions enfin voir cette route modernisée. Malheureusement, aujourd’hui c’est la désolation totale. Les travaux sont arrêtés depuis près de deux ans et les caniveaux restent ouverts avec tous les risques que cela comporte. Les commerçants, les habitants et les usagers souffrent énormément. Nous lançons un appel aux autorités guinéennes afin qu’elles viennent nous aider à sortir de cette situation qui n’a que trop duré. »

Face à cette situation, les habitants de Nassouroulaye espèrent une reprise rapide des travaux afin d’éviter d’éventuels accidents et mettre fin aux nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 juin 2026 13:27Nous vous proposons aussi
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