Infrastructures, Énergie, Mines : L’Assemblée nationale autorise la ratification de près de 230 millions USD de financements
CONAKRY- Réunis en session extraordinaire ce lundi 3 août, les députés de la 10ᵉ législature ont adopté à l’unanimité quatre ordonnances portant sur des accords et conventions de financement d’infrastructures stratégiques. Entre transformation locale de la bauxite à Boffa, interconnexion électrique avec le Mali, centrale solaire de Kamissaya et bitumage de la RN29, tour d’horizon des textes ratifiés et des recommandations formulées par la représentation nationale.
Passer du minerai brut au raffinage de l’alumine (Boffa)
La première convention porte sur le développement et l’exploitation des gisements de bauxite de Boffa Nord et Boffa Sud, ainsi que sur la construction d’une raffinerie d’alumine à Boffa. Ce texte remplace et complète la convention initiale afin d’encadrer la « Phase 2 » du projet, consacrée au raffinage local, la « Phase 1 » (extraction et exportation brute) étant déjà en cours d’exécution.
Avant de donner leur feu vert, les députés ont assorti leur avis favorable de plusieurs recommandations à l’endroit de l’Exécutif. Le parlement recommande de :
- Clarifier la rédaction des articles 17.2.2 et 17.2.6 en remplaçant la formule « et/ou » par la conjonction « et », afin de garantir le caractère cumulatif de la réinstallation et de l’indemnisation des communautés affectées.
- Mettre à disposition l’Étude d’impact environnemental et social (EIES) ainsi que les termes de la dérogation prévue pour en vérifier la conformité avec le Code minier et le Code de l’environnement.
- Réviser le Code minier pour créer un cadre favorisant efficacement la transformation locale des ressources.
La Commission des Lois a salué une avancée majeure par rapport à une simple convention d’exportation de minerai brut.
Interconnexion électrique Guinée-Mali (19 millions d’UC mobilisés)
Cette ordonnance concerne deux instruments de financement accordés par le Fonds africain de développement (FAD) :
- Un prêt additionnel de 16,25 millions d’unités de compte (UC).
- Un don additionnel de 2,8 millions d’UC via le Guichet d’action climatique.
Pour garantir une mise en œuvre équitable du projet (FA-PIEGM-Guinée), l’Assemblée nationale recommande :
- La production d’un état chiffré du passif de compensation foncière issu de la première phase, ainsi qu’un Plan d’action de réinstallation (PAR) actualisé avec un calendrier de paiement opposable.
- La mise en place d’un comité local de suivi associant autorités, services techniques et communautés impactées.
- L’intégration de l’électrification des localités traversées par le tracé de la ligne.
- La réouverture des négociations tarifaires avec le Mali et l’obligation d’associer les cadres du ministère de l’Énergie, d’EDG SA et de l’AREE pour assurer un transfert de compétences effectif.
187,1 millions d’euros pour la centrale de Kamissaya
Ce troisième accord, conclu avec un consortium de banques internationales et Bpifrance Assurance Export, met à la disposition de l’État guinéen une facilité maximale de 187 120 667,92 euros. Ce montant est destiné au financement du contrat EPC+F signé avec le groupement VINCI Énergies pour la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Kamissaya et de ses ouvrages d’évacuation.
Ce financement est complété par une contribution souveraine de la Guinée à hauteur de 30 883 187,60 euros, mobilisée auprès d’Ecobank Guinée SA et garantie par des titres d’État échelonnés jusqu’en 2032.
Les députés ont invité le Gouvernement à mettre sur pied un dispositif interministériel de suivi et ont exigé d’être régulièrement informés du niveau d’endettement public généré par chaque opération, ainsi que de l’analyse du caractère concessionnel des emprunts.
La RN29 Faranah-Dabola bientôt bitumée ?
Portant sur le bitumage de 106 kilomètres entre Faranah et Dabola, cet accord de crédit est conclu avec Deutsche Bank S.A.E.U. (Espagne) et garanti à 99 % par la CESCE (agence espagnole de crédit à l’exportation). Les travaux seront exécutés par l’entreprise Propav Infraestructuras S.L. dans le cadre du Programme SIMANDOU 2040.
Sur ce volet, le Parlement exige de l’Exécutif :
- La transmission annuelle d’un rapport d’avancement physique et financier des travaux.
- Une participation significative du contenu local (entreprises, ouvriers et fournisseurs guinéens).
- L’annexion d’une traduction française certifiée de l’accord à la loi de ratification, l’original étant rédigé en anglais.
- L’organisation d’auditions périodiques des ministres des Finances et des Infrastructures.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 4 août 2026 13:26Nous vous proposons aussi
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