Immersion à Deghen, épicentre des grondements de la terre ressentis à Mali…

95860719_633720097358705_5388800594758598656_n

MALI-Situé dans la sous-préfecture de Salabandé, le district de Deghen qui a changé de nom pour devenir Madina-Hafia, focalise l’attention des autorités, des scientifiques ainsi que les ressortissants. Un phénomène naturel mystérieux sème la psychose chez les habitants de cette localité. La terre gronde, provoquant des fissures sur les maisons, des rochers et même des grottes. Les habitants de ce village très enclavé perché dans les contreforts de la préfecture de Mali yembering sont fortement ébranlés. Certains ont fui leur maison pour aller se refugier dans les localités environnantes. Des grondements de la terre sont ressentis jusqu’à des dizaines de kilomètres du distrcit. Depuis quelques semaines  le phénomène s’amplifie. Alors que certaines familles désertent le village, ceux qui ont le courage d’y rester dorment à la belle étoile. De peur que leurs habitations ne s’effondrent sur eux en plein sommeil. Les habitants de Deghen vivent désormais la peur au ventre. Africaguinee.com est allé à la rencontre des habitantw de ce petit hameau situé dans la préfecture de Mali.   

Les villages de Denghen, Abadiada, Gahira, Sinthiou, Fetoorè, Madina Salanbandé et autres dans Mali, kinia, Dara Niannou, Matakaou dans Koubia sont les zones qui ressentent les secousses de la terre. Mais l’épicentre semble être Denghen d’où partent tous les grondements. Pour le moment aucune explication scientifique n’a été donnée sur l’origine de ces secousses. 

 

Algassimou Bah, habitant de Kinia, le dernier village relevant de Koubia qui fait frontière avec Mali Yembering a passé des jours difficiles avec sa famille. 

« Les premiers mouvements ressentis chez nous c’était après la prière du crépuscule. C’est comme si un objet lourd qui était suspendu se détachait pour tomber dans un trou. Quelques temps après à peu près 30 minutes nous avons entendu un autre grondement plus bruyant. Avant le grondement nous voyons une petite étincelle qui peut même éblouir la vision c’est comme s’il menaçait de pleuvoir. Le troisième mouvement a vraiment ébranlé tout le monde, même les animaux dans la brousse ont poussé des cris. À 4 heures du matin également, c’est un autre grondement qui nous a réveillés. À 5h10, quand je prenais mes ablutions, nous avons entendu un coup qui a fait vibrer la terre. C’est comme si la maison se remuait ; sous l’effet de la panique je suis tombé à côté », explique-t-il.

Au-delà des impacts sur les bâtiments, Samba Alarba Sidibé, 70 ans, doyen du village de Fetoorè, dans Salanbandé signale des montées d’eau au niveau de certains puits en pleine saison sèche. Plus loin on a vu de l’eau jaillir sur la route. Ce qui est inhabituel selon les citoyens.

 « Depuis plus d’un mois nous sommes inquiets à cause de ces mouvements de la terre ; Chaque fois que cela se manifeste, nous avons l’impression que c’est nos maisons qui tombent. Et ce matin nous découvrons de l’eau qui coule sur une partie du village en pleine saison sèche et nos puits sont pleins d’eau pourtant c’est une période difficile d’accès à l’eau. Ce qui est étonnant, c’est une région où l’eau est rare. Depuis 70 ans je suis là, c’est ma première fois de constater un tel fait ici. Même nos marigots ne coulent pas avant le mois d’Aout. Cela constitue une inquiétude également pour nous parce que c’est inhabituel ».  

Assise désemparément avec ses enfants, Maimouna Bela Camara, habitante de Fetoorè a eu toute sa maison fissurée. Elle dort avec sa famille à la belle étoile. « C’est la psychose partout. Si vous pouvez nous aider faites-le pour nous. La psychose nous dépasse vraiment. Toutes nos maisons sont impactées, nous dormons dehors à cause de la peur. Je ne me rappelle plus exactement quand ce phénomène a commencé chez nous. Ça fait quelques jours. Nous tendons la main à ceux qui peuvent nous secourir », plaide cette mère de famille

Au bord des larmes, Mariama Benté Kanté, 67 ans, parle des conséquences de ce phénomène venu perturber sa vie. « Nous avons plusieurs inquiétudes. Nos maisons qui se fissurent sans arrêt, nos familles que nous retenons malgré la psychose. Nous n’avons pas où laisser nos enfants et nos animaux. Même si nous voulons partir les frontières sont fermées. Donc nous sommes obligées de rester. Les trois chambres de ma maison sont toutes fissurées », témoigne-t-elle.

Elhadj Boubacar Koulibaly, sage de Sinthiou reste peu alarmiste et garde la foi en Dieu : « Nous nous confions davantage au bon Dieu. Quant à l’état des bâtiments c’est comme vous le voyez, nous n’avons pas besoin de vous expliquer. Depuis 2 semaines, nous passons la nuit à la belle étoile. D’ailleurs le plus grand nombre a déserté les villages touchés. Les uns sont allés à DounkiBantan, les autres à Matakaou, nous qui sommes restés, on est dehors. À la tombée de la nuit personne ne prend le risque d’entrer dans une maison. Voici l’état d’âme dans lequel vous nous trouvez ».

Dans le district de Deghen centre l’épicentre de ces secousses terrestres, les familles ont presque toutes déserté les lieux. Thierno Abdoulaye Bobo Diallo, sage attend un seul message des autorités, s’il faut rester ou partir : « La terre a fait le bruit devant vous ici, et ce que vous avez entendu est mineur. Nous sommes désemparés, nos familles sont toutes parties déjà à Matakaou, certains sont déjà à Labé y compris ma propre famille, c’est seulement nous les pères de famille qui sommes là. Il nous reste une seule chose nous aussi : Le gouvernement a envoyé des missionnaires ici, ceux-là nous dirons si nous pouvons rester ou partir, mais s’ils nous disent de partir, nous serons tristes d’abandonner tout pour aller ailleurs ». 

Durant notre séjour, des émissaires du Ministère des mines et de la géologie nous ont trouvés sur les lieux et l’on constate que le village qui constitue l’épicentre est carrément bâti sur des grottes avec des cavités ouvertes partout. La mission a préféré ne pas s’exprimer avant le rapport sur les causes réelles du phénomène. Mais quelqu’un parmi eux a confié hors micro que les grottes sont des indices potentiels  pour qu’il ait des bruits  sous la terre compte tenu de l’espace vide à l’interne. Un  rapport dans les prochains jours. Mais le pour le moment la psychose s’empare des masses. 

 

Alpha Ousmane Bah(AOB) 

De retour de MadinaSalanbandé

Pour Africaguinee.com

Tél. (+224) 664 93 45 45

Créé le 7 mai 2020 11:47

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,