Guinée : Pourquoi Guido Foulbhé a été renvoyé en prison ?

CONAKRY- Acquittés hier vendredi 24 mai 2024 par le tribunal de première instance de Kaloum, Mamadou Baïlo Diallo alias Guidho Foulbhè et ses coaccusés ne sont toujours pas libérés. Contre toute attente après le verdict, ils ont été reconduits à la maison centrale de Conakry où ils croupissent en prison depuis un peu plus de deux ans. Un coup de théâtre qui suscite l’incompréhension au sein de l’opinion.

Pour comprendre véritablement les dessous de ce rebondissement spectaculaire, Africaguinee.com a interrogé Me Salifou Béavogui, chef de file du collectif d’avocats qui défend ces prévenus, accusés initialement de complot. Selon les explications du conseil de Guidhô Fulbhê, après le verdict, il leur a été notifié qu’il y aurait eu des « défauts des formalités ». Ce qui aurait justifié le renvoi de ses clients en prison. Mais il estime qu’à partir du moment où le Tribunal a décidé de les relaxer, leur présence à la Prison Civile de Coronthie constitue un acte arbitraire.

« Après le verdict ils devraient tous regagner immédiatement leurs domiciles mais curieusement on nous a dit : « attendez ! On fait les formalités » et nous avons naïvement cru à ce stratagème. Je suis personnellement resté jusqu’après la prière (de vendredi ndlr) vers 14h 30 après on nous informe qu’ils doivent regagner la prison parce qu’il y aura des formalités à faire. Il semblerait qu’ils ont passé la nuit en prison et qu’ils sont toujours détenus or il n’y a plus de titre de détention dès lors qu’ils ont été acquittés. Donc, ils sont victimes d’arrestation, de détention arbitraires, d’abus d’autorité, d’attentat à la liberté. Désormais leur détention à la Maison Centrale ne se justifie plus et ne se repose sur aucune base légale. C’est pourquoi nous exigeons leur remise en liberté », a expliqué Me Salifou Béavogui.

L’avocat menace de saisir le Conseil Supérieur de la Magistrature pour ‘’insuffisance professionnelle’’ contre le procureur de la république près le tribunal de Kaloum.

« Nous avons commis un huissier à la tâche pour s’assurer effectivement de la présence de nos clients à la Maison Centrale et nous demandons au procureur de la République d’exécuter la décision, c’est ce que la loi le demande, il représente la société, il déclenche les poursuites, il requiert l’application de la loi, il exécute littéralement sans murmure, sans retard les décisions judiciaires intervenues. Il n’y a pas d’arguments possibles si ce n’est que la remise en liberté de nos clients. Donc, nous lui demandons de libérer nos clients dans les minutes qui suivent à défaut, nous avons reçu de la loi l’autorisation d’agir pour abus d’autorité, pour arrestation et détention arbitraire contre l’auteur de leur détention arbitraire.  Ça ne se discuterait pas sans préjudice de la saisine du Conseil Supérieur de la Magistrature pour insuffisance professionnelle. Pour nous, nos clients sont entre les mains du procureur de la République près le Tribunal de Kaloum. C’est lui qui doit les libérer. Nous demandons à ce qu’il exécute la décision. L’appel est inopérant, l’appel est sans valeur donc sans appel tout intéressé relaxé est libéré », a annoncé l’avocat de Guidho Foulbhè.

Maitre Salifou Béavogui
Maitre Salifou Béavogui

Il dénonce le sort qui a été réservé à ses clients par le parquet du TPI de Kaloum après le verdict.

« Ce qui est arrivé là et malheureusement qui passe à l’inaperçu est un précédent fâcheux et dangereux pour le système judiciaire de notre pays. Quand un dossier est jugé en correctionnel comme en criminel dès que le Tribunal prononce la relaxe, sur le champ le prévenu est immédiatement remis en liberté. En matière criminelle, lorsque l’accusé qui a été placé en détention pendant des années est acquitté, il est immédiatement remis en liberté nonobstant l’appel dans les deux cas. Dans la pratique, dès que le juge prononce l’acquittement ou la relaxe immédiatement nous sortons de la salle d’audience avec nos clients qui regagnent leurs domiciles, il n’y a aucune autre formalité et le plus souvent c’est le rôle d’audience simplement qu’on renvoie à la Maison Centrale pour indiquer que tel et tel a été innocenté, acquitté, relaxé et libéré. Il n’y a pas de formalisme en matière textuel, ça n’existe pas », a dénoncé Me Salifou Béavogui.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 666 134 023

Créé le 25 mai 2024 20:07

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