Victor Koulémou : « Comment mon frère de lait a tenté de m’assassiner à cause… »

N’ZÉRÉKORÉ- C’est une histoire surréaliste qui s’est passée à Koulé Yakéta, sous-préfecture située à 42 kilomètres de Nzérékoré. Victor Koulémou, âgé de 35 ans résident en Suisse a reçu plusieurs balles à l’épaule gauche mais a survécu. C’est Augustin, son jeune frère de lait qui a attenté à sa vie, d’après son témoignage.

L’incident est survenu le 03 décembre 2022 entre Pamporé et Koulé, deux villages situés à cheval sur la route nationale N’Zérékoré-Conakry. Le seul tort de Victor, célibataire sans enfant, est d’avoir réclamé à son frère une somme de 500 millions de francs guinéens, 5 voitures et le prix de 3 parcelles à Nzérékoré. Le tout, pour une valeur globale d’un milliard Gnf. L’aîné Victor aurait confié ces biens à son frère cadet pendant qu’il était en Suisse. Mais Augustin aurait abusé de sa confiance. A son retour au pays, explique la victime, son jeune frère a monté un guet-apens dans le but de l’éliminer physiquement à l’aide d’une arme à feu. Il a raconté sa mésaventure à notre Correspondant dans la région forestière.

« C’était vers 2014, en ce moment je résidais en Côte d’Ivoire. Mon jeune frère m’y a rendu visite pour une courte période. Entre temps, j’ai appris les décès de mes parents mais puisque j’étais décidé à rejoindre l’Europe je n’étais pas retourné au village. Par contre, j’ai donné un peu d’argent à Augustin et je lui ai demandé d’aller s’en occuper pour nous. J’ai donc continué sur l’Europe, lui il est allé au village. De l’Europe je lui confiais tout ce que je gagnais parce que j’avais entièrement confiance en lui. Ainsi je lui ai envoyé de l’argent liquide et d’autres biens d’une valeur globale d’environ un milliard réparti comme suit : 5 voitures, plus 500 millions de francs guinéens et 120.000.000 gnf pour l’achat de trois parcelles à N’zérékoré -ville à raison de de 40.000 .000 Gnf chacune. Il n’a pas trouvé mieux à faire que d’utiliser tout à son compte. Pourtant je lui en ai envoyé pour qu’il garde pour moi et non pour s’en servir. Non, il a tout bouffé. Il s’est même remarié trois à quatre fois », explique Victor Koulemou.

Poison et fusillade

’Quand je suis arrivé à Conakry, Augustin a d’abord tenté de m’empoisonner. Il a ainsi convié plein d’amis à notre résidence contre ma volonté. Il a acheté de la boisson, et m’a forcé à en prendre. J’ai résisté. Il a tenté le coup en passant par sa copine. Les deux se sont parlés en coulisse puis la jeune dame est venue s’asseoir près de moi en me caressant immédiatement je suis allé dans ma chambre. Le lendemain, j’ai dit à mon jeune frère que je devais me rendre en Côte d’Ivoire parce que j’y avais des courses à faire. Ce qui veut dire que le coup d’empoisonnement a échoué. A mon retour d’Abidjan, je l’ai appelé entre 8 heures et 9 heures parce qu’il devait faire mon passeport pour moi et dédouaner une autre voiture que je venais de lui envoyer mais il ne m’a jamais répondu. A 10 heures je le vois venir, cela m’a paru un peu bizarre parce qu’on ne peut pas quitter Conakry à 8 heure ou 9 heures et arriver à Koulé à 10 heures. Même en deux jours cela n’est pas possible.

 De la Côte d’Ivoire j’étais venu avec un peu d’argent, nous sommes allés faire la monnaie à Lola. Au retour, je demande à Augustin de me montrer les parcelles. Il me montre une seule. Il m’a dit qu’il va me présenter les autres le lendemain. On prend la route pour Koulé. Entre Pamporé et Koulé, il se gare pour aller se mettre à l’aise, avait-il dit. Il entre dans la brousse mais je ne pouvais pas imaginer un seul instant qu’il portait une arme sur lui. Il a chargé l’arme il est venu derrière le coffre et est monté dans la voiture. Je lui ai demandé qu’est-ce qu’il cherchait, il me dit un petit truc. Je continue donc à manipuler mon téléphone, tout d’un coup, il tire sur moi. Je sors de la voiture, et me dirige vers mon frère. Il tourne autour de la voiture en rechargeant l’arme. J’ai ainsi pris la fuite, il m’a poursuivi, sans me retrouver. Il a ainsi pris le véhicule et s’est rendu à la maison. Arrivé, il a pris les téléphones de sa femme et sa belle-sœur, en pensant que j’allais appeler une d’entre elles. Il voulait utiliser ces téléphones pour me localiser et venir m’achever.  J’ai donc appelé un autre ami d’enfance. Lui à son tour a informé le village.

Le change qu’on avait à Lola nous avait fait 13.500.000Gnf. Cet argent était dans un plastique, il l’a pris.  Puisque je n’avais pas appelé, il se disait que j’étais déjà mort. Il est allé dans un bar pour faire du show, gaspiller un peu avec certains de ses amis. Dès que, l’information a circulé, il est allé cacher le reste de l’argent sur la route ou il pensait s’enfuir. Il a jeté l’arme. Il ne voulait même pas se rendre. C’est quand on lui a dit que sa femme enceinte a été arrêtée, et elle sera emprisonnée, qu’il est sorti de sa cachette. Quand on l’a arrêté, il a dit que ce n’est pas lui. C’est quand moi-même je suis allé le voir, il a reconnu en me demandant de le faire sortir pour qu’on aille en discuter en famille. Je lui ai dit non, la justice va s’en occuper’’, relate la victime, Victor Koulémou.

Ruiné, Victor Koulemou trimballe son jeune frère en justice mais celui-ci nie les faits, et soutient qu’il tentait de décharger son arme quand le tir s’est déclenché par erreur et a atteint son grand frère. Le tribunal, après en avoir délibéré a reconnu Augustin Koulèmou coupable de tentative d’assassinat, contre son frère Victor Koulémou. En conséquence il l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 10 ans et au paiement de 15.000.000Gnf pour la réparation du préjudice né de l’infraction. Jusque-là Victor Koulemou traîne encore certaines balles dans son corps. Il a même été en Suisse pour les extraire en vain.

« Quand il a tiré, puisque les balles étaient nombreuses, ça me fatiguait au début. Je me suis rendu à l’hôpital pour qu’on puisse les enlever. Le médecin a pu extraire15 et m’avait dit que c’est fini. On part faire de l’échographie, il restait encore plus de 44, nous sommes allés dans un petit village à l’indigénat, ils en ont enlevé 22. Je me suis rendu ensuite en Suisse, j’ai passé le scanner pour identifier où sont logées les balles. Ils m’ont donné des produits qui peuvent calmer la douleur. Ils m’ont dit que pour le moment la présence des balles dans mon corps n’a pas de grave conséquence. Là où elles sont ce n’est pas évident de les extraire au risque de se créer d’autres ennuis. J’ai encore plus de 21 boulons, dans l’endroit où il m’a fusillé », confie-t-il.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43 

Créé le 4 juin 2024 13:35

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