Guinée : des syndicats de l’éducation menacent de bloquer la prochaine rentrée scolaire 

CONAKRY – À moins de deux mois de la rentrée scolaire, la tension remonte entre le Gouvernement et l’Intersyndicale de l’éducation. Les syndicats accusent les autorités de faire traîner l’application du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 et menacent d’empêcher l’ouverture des classes si leurs principales revendications ne sont pas satisfaites.

« Tant que le statut n’est pas signé, nous allons catégoriquement nous opposer à toute ouverture des classes. » 

En avril dernier, le Gouvernement et l’Intersyndicale de l’éducation avaient mis en place trois commissions techniques chargées d’examiner les revendications sectorielles prévues dans cet accord. Les travaux portent notamment sur la régularisation des enseignants contractuels, l’audit des postes de responsabilité et la révision du statut particulier de l’éducation.

Intervenant ce lundi 13 juillet 2026 au siège du Syndicat national de l’éducation (SNE), à Conakry, le secrétaire général de cette organisation syndicale, Pépé Michel Balamou, a déploré la lenteur des travaux. Selon lui, les principaux dossiers confiés à ces commissions, dont les travaux devaient s’étendre sur deux mois, sont encore loin d’être bouclés.

Le dossier des enseignants contractuels au point mort

S’agissant de la commission chargée d’examiner la situation des 4 500 enseignants contractuels communaux non admis à l’issue de l’évaluation en pratique de classe, le syndicaliste estime que les travaux risquent de prendre davantage de retard.

« Il y a la commission technique chargée de recevoir et de traiter la liste des 4 500 enseignants contractuels communaux non admis à l’issue de l’évaluation en pratique de classe. Cette commission a été mise en place pour deux mois, renouvelable une seule fois. Le travail a commencé, mais les membres ont décidé qu’une mission soit envoyée à l’intérieur du pays pour vérifier l’authenticité des documents remontés.

Nous leur avons dit : « Attention ! Si vous rentrez dans ce jeu-là, les travaux risquent de retarder et les vacances vont finir sans que ce dossier ne soit traité. » Ils ont élaboré un budget qu’ils ont transmis au Gouvernement. Pourtant, à ce jour, même les membres des bureaux de vote ne sont pas tous payés. Au niveau des examens aussi, tout le monde n’a pas encore été payé. Nous leur avons donc dit que chaque nouveau budget transmis au Gouvernement lui donne une occasion supplémentaire de retarder le processus », a dénoncé Pépé Michel Balamou.

Les cadres de l’éducation réclament les mêmes avantages

Le responsable syndical est également revenu sur les travaux de la commission chargée d’examiner les actes de nomination des cadres devant bénéficier des primes de fonction.

Il rappelle qu’à la suite du décret pris par le président Mamadi Doumbouya à la fin de l’année 2025, plusieurs hauts cadres de l’État ont bénéficié de primes de fonction, d’une revalorisation de la valeur indiciaire et d’avancements d’échelon. Selon lui, les cadres de l’éducation restent exclus de ces mesures.

« Les cadres de l’éducation n’en bénéficient pas. Cela constitue également une injustice. Nous nous battons aussi pour corriger cette situation », a-t-il affirmé.

Le statut particulier, principal point de blocage

Autre sujet de préoccupation : la révision du statut particulier de l’éducation.

Selon Pépé Michel Balamou, les travaux de la commission concernée connaissent eux aussi d’importants retards.

« Les membres avaient proposé d’envoyer une mission à Abidjan et à Dakar pour consulter les statuts particuliers de ces pays. Nous leur avons dit que ce n’était pas nécessaire. Nous pouvons télécharger ces textes et les étudier ici afin d’identifier les dispositions qui peuvent nous inspirer. Là aussi, les travaux traînent, alors qu’il ne reste plus que deux mois avant la rentrée des classes », a-t-il expliqué.

« Nous nous opposerons à toute ouverture des classes »

Face à ces lenteurs, l’Intersyndicale de l’éducation hausse le ton et prévient qu’elle pourrait empêcher la rentrée scolaire si les engagements pris par le Gouvernement ne sont pas respectés.

« Nous avons laissé les examens se dérouler normalement. Mais cette fois-ci, si tous ces problèmes ne sont pas résolus avant la rentrée scolaire, nous nous opposerons catégoriquement à l’ouverture des classes tant que tous les points inscrits dans notre protocole d’accord de janvier 2026 ne seront pas exécutés.

Nous ne formulons pas de nouvelles revendications. Les représentants du Gouvernement ont signé cet accord. À partir du moment où ils y ont apposé leur signature, ils ont l’obligation de respecter leurs engagements », a insisté le secrétaire général du SNE.

Le syndicaliste avertit que le secteur de l’éducation pourrait connaître une nouvelle période de turbulences si la situation demeure inchangée.

« S’ils ne respectent pas leurs engagements, nous risquons d’entrer dans une nouvelle zone de turbulence dès l’ouverture des classes. La signature et l’application du statut particulier de l’éducation constituent pour nous des impératifs non négociables. Quoi qu’il arrive, tant que ce statut ne sera pas signé, nous nous opposerons catégoriquement à toute ouverture des classes et nous utiliserons tous les moyens légaux à notre disposition pour faire aboutir nos revendications », a-t-il prévenu.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 13 juillet 2026 18:56

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