CEE 2026 : Entre larmes de joie, discipline de fer et grands rêves… les secrets des lauréats guinéens

Ce mardi 7 juillet 2026, la joie était au rendez-vous dans des milliers de familles en Guinée. Dès la proclamation, lundi soir, des résultats du Certificat d’études élémentaires (CEE) pour la session 2026, l’émotion a envahi les foyers. Mais derrière les cris de victoire et les embrassades se cachent des parcours empreints de courage et de persévérance. De Conakry à la Guinée forestière, plusieurs lauréats d’exception ont accepté de confier à Africaguinee.com les secrets de leur réussite et de dévoiler leurs ambitions futures.

À Dixinn, Mamadou Macka Diallo vise déjà le sommet de l’État

À seulement 12 ans, Mamadou Macka Diallo nourrit de grandes ambitions. Élève en 6ème année D à l’école Sainte-Marie de Dixinn, il s’est illustré en décrochant la deuxième place de la commune de Dixinn.

« Aujourd’hui, je ressens une grande joie, une fierté. J’ai beaucoup d’émotions. Je suis content d’être le deuxième de la commune de Dixinn », déclare-t-il avec enthousiasme.

Interrogé sur sa méthode, le jeune garçon écarte toute recette miracle et insiste sur la persévérance : « Il n’y a pas de secret. Il faut juste travailler. Quand j’étais chez ma tante, je révisais tous les jours. Je dormais parfois à deux heures du matin. Je révisais sans cesse jusqu’à ce que Dieu m’aide à réussir. »

Mamadou Macka Diallo

S’il s’était fixé l’objectif de figurer dans le top 5, sa performance a dépassé ses propres attentes. Mais au-delà des bancs de l’école, c’est un rêve politique qui l’anime déjà : « Je souhaite devenir président. J’ai envie de faire la politique parce que quand tu es président, tu peux ouvrir la voie au peuple, améliorer ton pays et aider les citoyens à vivre mieux. C’est le début d’une histoire qui vient de s’écrire. Je ferai tout mon possible pour être parmi les grands. »

Aux camarades qui n’ont pas eu la chance de décrocher le précieux sésame cette année, il adresse un message d’encouragement empreint d’une grande sagesse : « Ce n’est pas la fin du monde. Il faut redoubler d’efforts, travailler tous les jours, faire des exercices et suivre les cours de vacances. Il faut rester concentré. »

Il n’a pas manqué de déduire son succès à son maître M. Bakary, ses encadreurs, sa tante Aminata ainsi qu’à ses parents.

À Matoto, Samuel Fara Yandi Mosak Oliano dommine grâce à une préparation méthodique

Du côté de Gbéssia Port 1, la fête est tout aussi belle. Samuel Fara Yandi Mosak Oliano a décroché la place de premier de la commune de Matoto. Un exploit qui, selon lui, s’est construit sur le long terme.

« Ce travail n’a pas commencé aujourd’hui. Cela fait à peu près deux ans que je me préparais pour la sixième année. Chaque fois que j’avais un moment libre, je révisais mes leçons », explique le jeune champion.

Visiblement ému mais très serein, Samuel a tenu à exprimer sa gratitude : « Je suis vraiment heureux. J’ai fait de mon mieux et tout le travail que j’ai fourni a porté ses fruits. Je tiens d’abord à remercier Dieu qui m’a accordé cette grâce. Je remercie également le ministère pour la bonne organisation des examens, le fondateur de notre école pour les moyens mis à notre disposition, ainsi que mes parents pour leur soutien et tous les sacrifices consentis. »

Samuel Fara Yandi Mosak Oliano

Il confie que sa force a été d’identifier ses propres faiblesses pour mieux les affronter, notamment en langue : « Au mois de mai, j’avais encore quelques lacunes en français, surtout en dictée. J’ai décidé de les rattraper en multipliant les exercices, en apprenant l’orthographe des mots et en m’exerçant régulièrement sur les types de questions qui reviennent souvent. À force de travailler, je me suis senti prêt à affronter toutes les surprises de l’examen. »

Un travail intensif rendu possible par un accompagnement sans faille de son équipe pédagogique : « Chaque matin, nous venions très tôt à l’école pour réviser. Souvent, nous restions jusqu’à 17 heures. Le lendemain, nous reprenions encore les mêmes leçons en calcul, dictée, sciences, éducation civique, géographie et histoire pour vérifier que nous les avions bien comprises. Grâce à nos enseignants, j’ai pu combler mes insuffisances. »

À N’Zérékoré, Labila Jérémie et Seny Rose Lamah fêtent l’excellence avec la promesse de devenir médecins

Seny Rose

À l’intérieur du pays, la préfecture de N’Zérékoré vibre elle aussi au rythme des exploits de ses enfants. Labila Jérémie Waita Monemou s’est hissé à la première place de la préfecture, tandis que la jeune Seny Rose Lamah, âgée de 11 ans, termine troisième de la préfecture et première des filles. Tous deux partagent la même vocation : la médecine.

Pour Seny Rose Lamah, orpheline de père, ce triomphe est indissociable du soutien indéfectible de sa mère. « J’ai beaucoup révisé grâce à ma mère. Elle m’a acheté les livres dont j’avais besoin. Je suivais les cours de révision à l’école et, une fois à la maison, je continuais à travailler avec mes amis avant de poursuivre seule mes leçons », confie la jeune fille, déterminée à devenir médecin pour sauver des vies.

De son côté, le champion de la préfecture, Labila Jérémie Waita Monemou, savoure une promesse tenue : « Dès la proclamation de mon passage en sixième année, j’ai commencé à réviser avec concentration. Je participais à tous les cours de soutien et je me suis fixé comme objectif d’être premier de la préfecture. J’avais promis à mes parents que j’allais être le premier, et aujourd’hui cette promesse est réalisée. »

Labila Jérémie Waita Monemou

Pour y parvenir, Labila Jérémie a mis les bouchées doubles en calcul, français, histoire-géographie et rédaction. S’il a pu compter sur l’appui total de ses proches, il avoue que la plus grande exigence venait d’abord de lui-même : « Ce sont mes parents qui m’ont le plus soutenu en payant ma scolarité, en achetant les livres et en m’aidant lorsque je ne comprenais pas certaines leçons. Je dédie cette réussite à eux ainsi qu’à mon maître et à mon directeur qui m’ont énormément accompagné. » Lui aussi n’attend plus qu’une chose : poursuivre ses études pour endosser, un jour, la blouse blanche de médecin.

Yayé Aicha Barry, Mamadou Yaya Bah

& Paul Foromo SAKOUVOGUI

Pour Africaguinee.com

Créé le 7 juillet 2026 17:08

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