Chute du Gouvernement Goumou : « Il fallait remettre le curseur au bon endroit », réagit Bah Oury

Bah Oury

CONAKRY- Le président du Parti Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG) s’est exprimé sur la dissolution du gouvernement dirigé jusqu’à ce lundi 19 février 2024 par le Dr. Bernard Goumou. Dans cet entretien qu’il a accordé à un journaliste d’Africaguinee.com, Bah Oury donne son analyse sur la décision du Général Mamadi Doumbouya, les mesures conservatoires prises par le Comité National du Rassemblement pour le Développement et le gouvernement futur.


AFRICAGUINEE.COM : Quelle appréciation faites-vous de la dissolution du gouvernement ?

BAH OURY : Cette décision n’était pas inattendue parce que ces derniers temps, le gouvernement a montré qu’il avait besoin d’un second souffle. Parce que beaucoup d’aspects liés à la gouvernance n’étaient pas satisfaisants.

De l’autre côté, il y a cacophonie au sommet du gouvernement lui-même, et c’est une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’était quelque chose qui ne pouvait pas être tolérable dans la mesure où ça remettait en cause l’autorité de l’Etat et la stabilité institutionnelle du pays. Il fallait nécessairement remettre le curseur au bon endroit. Et cette dissolution est la solution adaptée. Je pense que ça permet au président de la transition de ressouder l’équipe gouvernementale. Nous espérons que celle qu’il va mettre prochainement en place, fera beaucoup plus de preuve de cohérence, d’efficacité et de réactivité par rapport aux grandes missions qui doivent être les siennes.

Cette dissolution a été aussitôt suivie de mesures conservatoires : gel de comptes bancaires, restitution des documents de voyage…on a eu l’impression de revivre un lendemain du 5 septembre 2021. Comment analysez-vous ces décisions ?

Je ne suis pas au courant des motivations qui ont amené à la prise d’une telle décision. Certes c’est une décision forte mais attendons de voir pour cerner les dessous qui militent en faveur de ces mesures conservatoires.

Cette décision du président Doumbouya intervient tout de même après que ce même gouvernement ait obtenu l’engagement de financement de 7 milliards de dollars américains pour le programme de référence intérimaire. N’est-ce pas une mauvaise récompense pour l’équipe de Goumou ?

Non, je pense que ces mesures n’ont pas été improvisées. Ce sont des décisions qui ont été réfléchies, et comme on n’est pas dans les secrets des arcanes du gouvernement par rapport à ces genres de situation, attendons de voir pour ne pas se prononcer sans avoir une information précise des motivations.

Est-ce qu’il ne faudrait pas craindre que cette dissolution dissuade les bailleurs de fonds qui ont pris des engagements en faveur de la Guinée lors de cette table ronde, à Dubaï ?

Les deux aspects ne sont pas liés. Il y a une continuité gouvernementale, et les décisions qui ont été prises à Dubaï ou des engagements qui ont été pris, c’est pour le compte du gouvernement guinéen. Or, il n’est jamais dit que les mêmes resteront éternellement dans le gouvernement. Alors ce qui est important, c’est les conditionnalités et les contraintes liées à l’obtention de la mobilisation de ces ressources. De ce point de vue, c’est l’efficacité gouvernementale, la réactivité dans la prise de décisions et le respect des engagements tels que c’est préconisé un peu partout. Et, l’un dans l’autre, les mesures qui vont dans le même sens d’une amélioration de la gouvernance, de recherche de la stabilité du pays et la cohésion intérieure entre toutes les composantes nationales, un choix plus rationnel, plus pertinent des hommes et de femmes qui composeront l’équipe gouvernementale seront les éléments qui primeront sur toute autre considération.

Et là, on s’attend à la formation d’une nouvelle équipe dans les prochains jours. Quel gouvernement faudrait-il à la Guinée selon vous ?

Je pense qu’il faut attendre pour ne pas trop s’avancer de manière prématurée. Il faut avoir le cap et l’orientation que le Général Mamadi Doumbouya imprimera à l’équipe gouvernementale qu’il entendra mettre en place. A partir de là, on pourra apprécier en fonction de l’évolution de la situation gouvernementale de notre pays.

Ces derniers temps, le nom de monsieur Bah Oury est toujours revenu pour être premier ministre, est-ce-que cette fois-ci ça va se concrétiser ?

Cette question a été déjà tranchée par la Charte de la Transition. Je ne reviens pas là-dessus !

Votre mot de la fin!

Espérons que les choses vont aller dans le bon sens, pour une plus grande efficacité de l’action gouvernementale, pour que les Guinéens soient les plus heureux dans tous les cas.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (0224) 664 72 76 28 

Créé le 20 février 2024 14:08

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