Attaques de navires dans les eaux guinéennes : N’Famara Diomandé sonne l’alerte…

Elhadj N'Famara Diomandé, préfet maritime

CONAKRY-Des hommes parlant « anglais » munis d’armes de guerre mènent des attaques sporadiques contre des navires dans les eaux guinéennes depuis quelques temps. Plusieurs cas ont été enregistrés depuis le 1et janvier 2021.  La dernière attaque a eu lieu dans la nuit du dimanche à lundi 25 octobre. Un cargo du nom de White Ivy a été attaqué à 2h 8mn. Qui sont les assaillants ? La Guinée dispose-t-elle des moyens suffisants pour faire face à cette insécurité en Haute mer ? Comment s’organise la lutte ? Africaguinee.com a interrogé M. N’Famara Diomandé, préfet maritime de Guinée.

 

AFRICAGUINEE.COM : Confirmez-vous qu’il y a des attaques dans les eaux guinéennes ?

ELHADJ N’FAMARA DIOMANDE : Effectivement, je confirme cette information. Le cas le plus récent s’est produit dans la nuit du dimanche à lundi, 25 octobre 2021, un cargo du nom de White Ivy a été attaqué à 2h 8mn dans nos eaux. Nous avons été informés par la capitainerie du port à travers le Centre opérationnel maritime qui est à la Préfecture maritime.

Est-ce que ce sont des cas isolés ou bien c’est fréquent ?

Ce n’est pas seulement en Guinée, les attaques et brigandages sont fréquents aujourd’hui dans tous les pays du Golfe de Guinée. Nous avons enregistré 4 attaques dans les eaux guinéennes depuis le 1er janvier 2021.

Qui sont ces assaillants ?

Jusqu’à présent, on ne connaît pas encore qui sont-ils. Selon les informations que nous recevons des victimes, ils viennent souvent avec des armes de guerre et des couteaux. Nous sommes en train de mener les enquêtes, mais nous n’avons pas encore mis main sur eux. Un groupe avait été arrêté lors de l’assassinat d’un chinois, ils étaient des civils. On ne sait pas s’ils travaillent avec des services de défense et sécurité, mais ils opèrent avec des armes de guerre. Qui leur donne ces armes, on ne sait pas. D’après les capitaines des navires qui ont été attaqués, les assaillants s’expriment en anglais qui est le langage maritime.

La Préfecture maritime dispose-t-elle des moyens pour faire face à cette insécurité dans nos eaux ?

Si on avait les moyens, on ne serait pas arrivé là. Les gens ne comprennent pas la mission de la Préfecture maritime. Elle est une institution de coordination. Nous sommes là pour recevoir les alertes, après nous informons directement ou la Marine nationale qui a des unités d’intervention ou la gendarmerie maritime. Le décret qui a créé la Préfecture maritime nous donne possibilité de réquisitionner les moyens de la Marine nationale ou de la Gendarmerie maritime qui sont nos partenaires dans la surveillance de l’espace maritime guinéen. Avec les moyens que nous avons, on ne peut pas se permettre comme les grands pays d’avoir une garde côtes spéciale. En cas d’événements, on réquisitionne que ce soit la marine, le ministère des Transports, le port, la gendarmerie, l’aviation.

A quel moment, les attaques se produisent-elles ?

Généralement, c’est entre 0h et 5h. La dernière attaque, le navire est entré à 1h du matin. Le temps pour lui de mouiller, il a été attaqué à 2h alors qu’il venait d’arriver tout juste dans les eaux guinéennes. Quand les bateaux viennent, il y a un lieu d’attente que nous appelons la zone de mouillage. C’est de là qu’on peut les appeler pour leur dire qu’il y a de la place au port.

Cette zone de mouillage est-elle loin de nos côtes ?

Ce n’est pas loin. Quand on prend les unités de la marine, miles marins c’est 1852 mètres donc la zone de mouillage est située à peu près à 30 kilomètres.

Qu’est-ce qu’il vous faut pour lutter contre les attaques en mer ?

D’abord, il faut avoir plusieurs moyens d’intervention au niveau de la Marine nationale et de la Gendarmerie maritime pour pouvoir assurer une surveillance permanente dans nos eaux. C’est comme un champ de riz, il faut que quelqu’un soit là en permanence pour surveiller les malfaiteurs. On a besoin d’un accroissement du nombre d’unités et qu’elles aient les moyens de rester en permanence en mer. Cela demande des moyens humains et matériels.

Quelle sorte de marchandise transportaient les navires qui ont été victimes d’attaques ?

Les bandits n’attaquent pas les navires pour leur marchandise. La dernière victime est un navire minéralier. Ils attaquent les équipages, prennent les téléphones, les ordinateurs et l’argent. Leur objectif ce n’est pas de prendre la marchandise.

Quelles sont les conséquences sur la Guinée. Y a-t-il de risque de sanctions ?

Vous savez les navires de commerce qui viennent en Guinée ont besoin d’une assurance. Si le lieu n’est pas sûr, il y a un risque et les compagnies d’assurance augmentent le coût. Et cela se reflète immédiatement sur les marchandises qui viennent en Guinée et le panier de la ménagère va ressentir.

 

Interview réalisée par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 669 91 93 06

Créé le 30 octobre 2021 15:01

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