Sud de la Guinée : Des violences signalées à Moribadou « Beyla »…
BEYLA-De violentes manifestations ont lieu dans la journée d’hier mardi 16 juillet 2024, à Moribadou, une localité située dans la préfecture de Beyla, abritant le mont Simandou, en phase d’être valorisé.
Selon nos informations, tout est parti d’un mécontentement lié au recrutement d’une main d’œuvre locale. Selon les premières informations recueillies par le correspondant d’Africaguinee.com dans la région de Nzérékoré, des dégâts matériels ont été enregistrés par endroits, et deux personnes seraient blessées par balles.

« Nous manifestons contre le mauvais recrutement fait par des sociétés sous-traitantes évoluant à Moribadou, dans la préfecture de Beyla, en Guinée-Forestière », confie un manifestant.
Des jeunes revendiquent spécifiquement un recrutement sans test mais aussi rejettent des cas d’élimination post-test notamment dans les domaines de la conduite et de gardiennage, a-t-on appris d’une source au sein d’une société minière dans la zone.
“Il n’y a véritablement pas de cris de cœur amenant à manifester expressément…”, confie un travailleur basé à Moribadou.

“Hier matin, nous avons été réveillés à 3h en nous apprenant que des gens ont bloqué la route… Vous savez, dans notre protocole d’engagement, quand on arrive à ce point, nous on ne peut plus intervenir… Notre service a contacté le préfet de Beyla pour qu’il vienne engager une négociation afin de libérer la route. De 10 heures à 15 heures, les jeunes n’ont pas daigné discuter avec lui. Pratiquement, ils (les manifestants) n’avaient pas de plateforme revendicative fixe. Par endroits, le préfet a été humilié, on a tous quitté ensemble. D’ailleurs au moment où on quittait, ils ont crié sur nous. Quand le colonel du camp est arrivé, c’était pire. L’ordre d’intervenir a été donné par la hiérarchie. Quand l’Autorité est arrivée vers 19 heures, les jeunes avaient barricadé la route. Nous avons débarrassé la zone. Arrivé au milieu du village, nous avons constaté qu’il y a un barrage. Les gendarmes l’ont dégagé. C’est ainsi que les manifestants ont commencé à lancer des pierres un peu partout. Ils ont commencé à endommager les engins. Le seul moyen qui nous permettait de sortir de la zone, c’était l’usage du gaz lacrymogène”, a expliqué notre source qui a préféré garder l’anonymat.

Dans la foulée, les véhicules du préfet de Beyla, du commandant du camp, n’ont pas été épargnés. Ces engins ont été caillassés par les jeunes manifestants qui ont bloqué près de 10 véhicules d’une société minière qu’ils ont brûlés plus tard.
Vu l’ampleur des dégâts, les forces de défense de Nzérékoré ont été réquisitionnées pour maintenir l’ordre. Deux personnes seraient blessées par balles réelles. Une information que nous n’avons pas pu recouper pour le moment auprès d’une source hospitalière.
Des militaires venus de Nzérékoré sont accusés de faire irruption dans les domiciles.

Contacté par africaguinee.com, le préfet de Beyla n’a pas souhaité commenter cette actualité. “Je n’ai pas de commentaire pour le moment à vous donner…”, a-t-il coupé court.
Dansa Camara DC et Paul Foromo Sakovogui
Pour Africaguinee.com
Créé le 17 juillet 2024 12:06Nous vous proposons aussi
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