Finances Publiques : Le gouvernement lance la plateforme « Mon Espace CFFP »

CONAKRY –Ce mercredi 1er juillet 2026, le gouvernement guinéen a officiellement lancé la plateforme pédagogique numérique « Mon Espace CFFP », développée par le Centre de Formation en Finances Publiques (CFFP). La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, en présence de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, ainsi que des représentants du PNUD, de l’Union européenne, de l’Agence française de développement et de plusieurs hauts cadres de l’administration.

Ce lancement marque une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration publique guinéenne. Selon le directeur général du Centre de Formation en Finances Publiques, cette plateforme constitue un tournant majeur dans la stratégie de digitalisation du centre.

« Cette cérémonie marque une étape importante dans la dynamique de modernisation de notre système de formation, de renforcement des compétences et d’amélioration de l’accès au savoir. Elle traduit également la volonté du Centre de Formation en Finances Publiques de s’inscrire pleinement dans l’ère du numérique au service des auditeurs, des formateurs et de l’administration. Le numérique n’est plus une option. Il est devenu un levier essentiel pour améliorer la qualité de la formation, faciliter l’accès aux contenus pédagogiques et rapprocher les institutions des usagers. C’est dans cette vision que s’inscrit la plateforme « Mon Espace CFFP » », a expliqué Mamadou Gandho Bah.

Cette innovation permettra aux apprenants de suivre leur formation sans contrainte de temps ni de lieu rassure-t-il. « À travers cette plateforme, les auditeurs auront désormais accès aux spécialités proposées par le Centre, aux formations continues, aux formations certifiantes, à des vidéos de cours, des quiz, des cours en ligne de type MOOC, ainsi qu’à un forum d’échanges entre apprenants, formateurs et responsables pédagogiques. Ils pourront également consulter leurs notes, suivre leur progression, accéder aux emplois du temps et bénéficier d’un environnement numérique moderne répondant aux standards actuels de l’apprentissage. »

Mamadou Gandho Bah a également insisté sur l’une des innovations majeures de la plateforme : la vérification numérique des diplômes : « Grâce à cette fonctionnalité, il sera désormais possible de vérifier l’authenticité d’un diplôme délivré par le Centre à un simple clic, partout dans le monde. Cette avancée renforce la crédibilité de nos certifications, protège les bénéficiaires contre les risques de falsification, rassure les employeurs et contribue à promouvoir davantage la transparence et la confiance dans notre système de formation. Dans un contexte où la certification des compétences devient un enjeu majeur pour l’employabilité et la mobilité professionnelle, cette innovation constitue une réponse moderne, efficace et sécurisée. »

Poursuivant son propos, M. Bah a rendu hommage à la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget pour avoir fait du renforcement des capacités une priorité. « Dès sa nomination, Madame la Ministre a clairement indiqué que la formation des cadres constituait une priorité. Sous son impulsion, plus de 180 cadres et agents du département ont déjà été formés en seulement six mois sur des modules aussi variés que le contrôle budgétaire, l’audit de performance, le contrôle après dédouanement, l’intelligence artificielle appliquée aux processus administratifs, l’informatique avancée et l’anglais professionnel. Investir dans la formation, c’est investir dans l’avenir », s’est-il réjoui.

Cette plateforme s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de transformation de l’administration publique, a rappelé la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget.

« Le Centre de Formation en Finances Publiques occupe une place stratégique dans la mise en œuvre de notre ambition nationale. Face aux défis actuels, notre administration doit anticiper les évolutions économiques, maîtriser les outils numériques et s’aligner sur les standards internationaux. Le lancement de « Mon Espace CFFP » constitue donc une avancée majeure et un investissement durable dans le capital humain. Cette plateforme contribuera à améliorer la performance de l’administration publique, à renforcer les capacités des agents de l’État et à soutenir la mise en œuvre du programme Simandou 2040 », a expliqué Mariama Ciré Sylla.

Selon la ministre, les infrastructures seules ne suffisent pas pour le développement. « La réussite des grands projets structurants repose autant sur la qualité des infrastructures que sur les compétences des femmes et des hommes chargés de les concevoir et de les mettre en œuvre. Les investissements matériels ne produisent pleinement leurs effets que lorsqu’ils sont adossés à un capital humain qualifié, compétent et engagé. C’est pourquoi le gouvernement fait du développement des compétences et de la transformation numérique des institutions de formation une priorité absolue », a-t-elle expliqué.

Mariama Ciré Sylla a invité les enseignants et les apprenants à faire de cette plateforme un véritable outil de performance. « J’invite les formateurs à s’approprier pleinement cette plateforme et les apprenants à en faire un usage rigoureux, responsable et permanent. Notre ambition est de bâtir une administration moderne, performante et exemplaire, capable d’accompagner efficacement la transformation économique et sociale de notre pays. »

Le Premier ministre Amadou Oury Bah a replacé cette initiative dans la dynamique des grandes réformes engagées autour du projet Simandou et de la transformation de l’État. Selon le chef du gouvernement, l’exploitation de Simandou ne doit pas conduire la Guinée à tomber dans le piège de l’économie de rente.

« Le projet Simandou est une prouesse historique. Mais la véritable question qui se pose aujourd’hui est simple : qu’allons-nous faire de cette richesse ? Allons-nous développer une économie de rente où chacun attendra simplement sa part, où allons-nous transformer profondément notre économie ? La vision du Président de la République est claire : mettre définitivement fin à l’économie de rente et bâtir une économie productive. Mais pour réussir cela, il faut également en finir avec la culture de rente qui s’est installée dans nos habitudes administratives. La véritable refondation ne concerne pas uniquement les infrastructures. Elle commence dans les mentalités, dans la culture du travail, dans la discipline et dans la recherche permanente de résultats », a dit Amadou Oury Bah.

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la culture de la performance dans la gestion des finances publiques.

« Nous allons vers le budget-programme. Cela signifie que nous devons apprendre à planifier, anticiper, suivre les résultats et mesurer les performances. Les projets financés sur le budget national doivent être soumis aux mêmes exigences de transparence, de suivi et de redevabilité que les projets financés par les partenaires techniques et financiers. Chaque franc de l’État appartient au peuple guinéen. Nous avons donc le devoir moral et professionnel de l’utiliser avec rigueur et efficacité », a-t-il insisté.

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 2 juillet 2026 11:18

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