Tensions post-électorales à Beyla : les précisions de l’autorité préfectorale…

BEYLA- Alors que les opérations de centralisation des résultats du double scrutin législatif et communal du 31 mai se poursuivent dans plusieurs localités du pays, des violences ont été enregistrées dans les sous-préfectures de Samana et de Sinko, dans la préfecture de Beyla au Sud de la Guinée.

Selon les informations recueillies, une habitation a été incendiée à Samana tandis qu’à Sinko, des citoyens en colère ont mis le feu à des pneus pour exprimer leur mécontentement. Ces incidents seraient liés à des tensions nées autour de l’annonce prématurée de certains résultats électoraux.

Interrogé ce mardi 2 juin 2026, le préfet de Beyla, le colonel Idrissa Camara, a confirmé les faits tout en précisant que la situation est désormais sous contrôle.

« Ce que vous dites est effectif. Plus particulièrement à Samana, où il y a encore beaucoup plus de violence, et à Sinko », a-t-il déclaré.

Selon l’autorité préfectorale, les troubles trouvent leur origine dans une mauvaise compréhension du processus électoral et dans des proclamations anticipées de victoire par certains acteurs politiques avant même la fin des opérations de centralisation.

À Samana, la situation a été particulièrement tendue. Le domicile d’un ancien maire, présenté comme s’étant autoproclamé vainqueur avant la publication officielle des résultats, a été pris pour cible et incendié par des manifestants. Face à la gravité des événements, les autorités ont déployé des renforts composés de la gendarmerie mobile et des éléments de la CMIS afin de sécuriser les personnes, les biens ainsi que les documents électoraux.

‘’On était même été obligés d’envoyer l’escadron mobile et la CMIS pour essayer d’enlever le juge qui est là-bas et les membres du bureau de vote pour les envoyer à Beyla pour essayer de faire la finalisation. Et bien sûr, sur autorisation du procureur qui était là pour la supervision. Donc nous sommes là en train de prendre les dispositions’’, a précisé le Colonel Idrissa Camara avant d’ajouter :

« L’incendie est criminel et cela n’a rien à voir avec les votes », a insisté le préfet, précisant qu’une enquête est en cours et que des interpellations pourraient intervenir après les premières phases de sécurisation.

Les autorités indiquent également qu’un agent des forces de sécurité et de défenses a été légèrement blessé par des jets de pierres au cours des affrontements. Les procès-verbaux de vote ont toutefois été mis à l’abri et les opérations de centralisation devraient se poursuivre une fois l’ensemble des responsables concernés réunis.

À Sinko, le préfet évoque une situation moins grave. « Les procès-verbaux sont sécurisés (…).  A Samana, il y a eu deux personnes, notamment celui qui était chargé de l’informatique, qui a réussi à se tirer d’affaires avant que les services de sécurité ne viennent. Il y a eu plus de peur que de mal parce que la situation a été vite maîtrisée », a-t-il assuré.

De son côté, le directeur préfectoral des élections de Beyla, Kourouma Bangaly, affirme ne pas avoir été officiellement informé de ces incidents. Contacté par notre rédaction, il explique avoir appris l’existence de ces événements à travers les réseaux sociaux.

« Aucun de nos représentants dans les différentes communes ne nous a révélé qu’il y a tel ou tel problème. Peut-être que cela s’est produit, mais je n’ai pas encore reçu d’informations officielles », a-t-il indiqué, précisant qu’il était absent de la préfecture pour le décès récent de sa marâtre.

Face à cette situation, le préfet de Beyla a lancé un appel au calme et à la retenue. Il invite les populations à attendre les résultats définitifs et à privilégier les voies légales en cas de contestation.

« Les gens n’ont qu’à suivre la procédure et rester sereins pour que nous puissions passer ces élections dans la paix. Aujourd’hui nous voyons tous le président de la République par rapport au développement de ce pays. Et c’est ici chez nous qu’existe par la grâce de Dieu le Mont Simandou. Et la majeure partie du programme du président de la République aujourd’hui est basé sur le projet du Mont. Donc je tiens à dire à ma population de rester serein et qu’ils ne se fassent pas diviser comme le passé par la politique. C’est quelque chose qui va passer. Qu’ils attendent le verdict final au niveau de la cour suprême. Et cette fois-ci exceptionnellement en ce qui concerne les municipales, s’il se trouve que tu te sens lésé, il y a la justice pour te plaindre en dehors de la cour suprême. Donc les gens n’ont qu’à suivre la procédure et être serein pour que nous puissions passer ces élections comme les élections présidentielles et autres sont passées. », a-t-il exhorté.

Au moment où nous mettons cette information en ligne, les forces de défense et de sécurité demeurent déployées dans les zones concernées afin de prévenir toute nouvelle flambée de violence. Les opérations de centralisation des résultats se poursuivent sous la supervision des autorités administratives et judiciaires.

Paul Foromo SAKOUVOGUI,

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

En Guinée Forestière.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le 3 juin 2026 07:55

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