Youssouf Sylla, DG de GAC : « Nous comptons doubler notre contribution à l’économie guinéenne… »

Youssouf Sylla, Directeur Général de GAC

BOKE-Guinea Alumina Corporation (GAC) a démarré en juillet 2019 ses exportations de bauxite extraite de sa mine de Tinguilinta, dans la région de Boké. Le minerai est transporté par voie ferrée au port minéralier de Kamsar sur une distance de 90 km par un train de 150 wagons. Youssouf Sylla, le nouveau Directeur Général de GAC, nommé en avril dernier à la suite du départ de l’ancien directeur Malick N’Diaye, nous a accordé une interview dans laquelle, il a mis l’accent sur les progrès réalisés, les perspectives et le niveau d’avancement du projet de raffinerie.

AFRICAGUINEE.COM : depuis votre nomination au poste de DG de GAC, quelles sont les réformes entreprises ?

YOUSSOUF SYLLA : Nous travaillons depuis plusieurs années sur le développement du contenu local. Nous voulons aider les entreprises guinéennes à saisir les opportunités liées à notre chaîne d’approvisionnement afin qu’elles puissent bénéficier de l’impact de notre activité ici en Guinée. En 2021, nos achats locaux en biens et services se sont chiffrés à 111,7 millions de dollars soit 52 % de l’ensemble de nos achats. Nous voulons aller encore plus loin dans notre engagement. C’est pourquoi, d’ailleurs, nous travaillons avec la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat qui est l’outil de développement du contenu local mis en place par le gouvernement, et dont nous sommes le premier partenaire.

À l’horizon 2040, quelles sont les perspectives ?

Nous poursuivons notre montée en puissance. En 2021, nous avions un objectif de production de 11,3 millions de tonnes exportées et cette année on vise 13,7 millions de tonnes exportées. Nous avons entamé depuis quelques années notre processus de « guinéanisation » en développant nos talents guinéens. Plusieurs postes clés sont déjà occupés par des Guinéens talentueux et compétents et nous continuons à identifier les hauts potentiels au sein de notre personnel pour les accompagner et les former afin qu’ils puissent occuper, le moment venu, les positions tenues par les expatriés. Nous souhaitons doubler d’ici quelques années notre contribution à l’économie nationale en augmentant notre croissance organique, en favorisant les achats locaux et en contribuant au développement socio-économique de la Guinée.

Qu’en est-il du projet de raffinerie ?

Le projet avance bien. Nous sommes même un peu en avance sur notre chronogramme. Nous avons également débuté la troisième phase de nos études de faisabilité et la recherche de financement.

Actuellement, nous faisons face à de nombreux défis. Je pense notamment à la situation économique mondiale qui se dégrade avec l’inflation et l’augmentation importante des taux d’intérêt qui affectent notre recherche de financement. Il y a également de grandes perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. Je vous donne un exemple entre mille : nous avons de la difficulté à trouver des véhicules neufs pour renouveler notre flotte de véhicules. Enfin, il y a également l’approvisionnement en énergie propre de la raffinerie qui n’est pas encore réglé.

Mais bon, ce ne sont pas les premiers défis que nous avons à relever ; nous en avons vu d’autres. Nous les surmonterons également, j’en suis persuadé.

Pour la protection de l’environnement, quelle est la politique mise en œuvre par votre entreprise ?

Toutes les activités que nous menons dans le cadre de l’exploitation de notre mine sont alignées au cadre de durabilité et aux normes de performance de la Société Financière Internationale, ainsi qu’aux exigences règlementaires du gouvernement guinéen.

Notre stratégie consiste à réhabiliter notre mine au fur et à mesure. Nous avons entamé cette année la réhabilitation des plateaux qui ne sont plus en exploitation. Sur un objectif planifié de 100 hectares pour 2022, 116 hectares ont été déjà réhabilités et 31 hectares supplémentaires sont entrain d’être reprofilés pour atteindre 147 hectares d’ici la fin de l’année. Les activités de réhabilitation se font avec nos communautés qui fournissent les plants dont nous avons besoin et qui peuvent ainsi profiter des opportunités économiques de cette activité. 

En ce qui concerne la relocalisation des communautés impactées, que fait GAC ? 

Comme je l’indiquais plus tôt, nous appliquons les normes et standards les plus élevés en matière de gestion d’impacts environnemental et social. Nous sommes conscients que l’exploitation de notre mine peut entraîner des changements dans l’utilisation des terres et des perturbations pour nos voisins. Nous avons donc mis en place des plans pour minimiser activement ces impacts, et lorsque nous ne sommes pas en mesure de les éviter, nous élaborons des plans pour compenser. Chaque communauté qui est impactée par notre activité fait l’objet d’étude et de compensation. Ces compensations sont réglementées et sont faites en collaboration avec les communautés concernées.

La santé, sécurité sur vos différents sites est de rigueur. Qu’est-ce qui explique cela ?

Sans nos employés, cette entreprise ne peut pas se faire. Ils sont au cœur de notre stratégie et ils représentent la ressource la plus importante pour nous. Il est normal que nous nous assurions de leur santé et de leur sécurité. Nous créons donc pour cela des conditions et un environnement de travail propices qui permettent à chacun d’eux de rentrer à la maison en bonne santé après leur quart de travail.

Chaque employé sur le site a la possibilité si sa santé est mise en danger, d’arrêter la production. Cela est extrêmement important pour nous.

Quelle est la stratégie pour encourager la couche féminine à intégrer l’industrie minière ?

Nous sommes en train de travailler là-dessus. On a commencé l’année passée. Le processus continue pour aider les femmes à accéder à des emplois qui sont traditionnellement occupés par des hommes. Notre roue-pelle, qui est l’une des plus grosses pièces d’équipement au port de Kamsar, est opérée par une femme. Nous avons des femmes à la mine qui supervise le chargement des trains et des conductrices de locomotive au niveau du chemin de fer. On encourage les femmes à postuler aux différents appels à candidatures, mais aussi nous encourageons les femmes entrepreneurs à soumissionner à nos appels d’offres afin qu’elles puissent bénéficier des opportunités qu’offre notre chaîne d’approvisionnement.

Monsieur le Directeur Général, aujourd’hui quelle est la relation qui existe entre GAC et les institutions d’enseignement supérieur ?

Pour le moment nous sommes en pourparlers avec elles. Des visites sont prévues les semaines à venir dans certaines écoles et certaines universités pour discuter avec elles, étoffer notre base de données RH avec de potentiels candidats qui pourraient nous être utiles dans le futur.

Que fait GAC pour le respect des droits humains sur ses sites ?

Vous avez dû sûrement voir plusieurs panneaux qu’on a mis un peu partout où nous encourageons les gens à dénoncer tout manquement lié aux droits de l’homme. C’est quelque chose d’important pour GAC et nous appliquons une politique de zéro tolérance pour les violations liées aux droits des employés de GAC ou de nos sous-traitants. Nous avons récemment mis en place une politique contre la discrimination et le harcèlement pour protéger nos employés des abus dont ils pourraient faire l’objet.

Depuis le démarrage du projet en 2019, chaque année, des améliorations sont constatées dans la production. Quel est le secret ?

Nous sommes constamment dans un processus d’amélioration continue de nos opérations. Depuis 2019, nous avons amélioré notre processus de production par la formation de nos employés, par l’achat de nouveaux équipements et surtout par l’application stricte des procédures de santé et de sécurité au travail. Nous sommes une organisation axée sur la performance, et qui cultive l’excellence.

Quel est votre mot de la fin ?

GAC a pour ambition d’être un citoyen corporatif responsable. Nous travaillons avec le gouvernement, les autorités locales, les institutions et nos partenaires à maximiser notre impact sur la Guinée, en créant des emplois durables, en favorisant les achats locaux de biens et services auprès d’entreprises guinéennes afin qu’elles aussi, à leur tour, créent des emplois pour les guinéens. Et en investissant dans des programmes sociaux au bénéfice des communautés de notre concession.

Entretien réalisé par Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

Créé le 3 novembre 2022 09:33

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