Mines et développement : Djiba Diakité détaille la feuille de route du Président Doumbouya
CONAKRY- Pour la Guinée, l’époque de l’extraction brute sans valeur ajoutée locale semble entrée dans une phase de démantèlement irréversible. Djiba Diakité, Président du Comité stratégique de Simandou annonce une impulsion politique au sommet de l’État, pour réorienter les relations contractuelles avec les multinationales du secteur extractif.
Cette transition vers un modèle industriel s’organise autour de deux filières majeures : le fer de Simandou — le plus grand gisement de fer à haute teneur inexploité au monde — et la bauxite, dont la Guinée détient les premières réserves mondiales. L’objectif ultime est d’aboutir à la production locale de métaux finis, à savoir l’aluminium et l’acier.
« La transformation locale de nos minerais est désormais une réalité irréversible. Avec la bauxite, nous avons déjà ouvert la voie. Nous commencerons, certes, par l’alumine mais nous n’en resterons pas là. L’aluminium lui-même sera un jour produit sur le sol guinéen. Pour le fer de Simandou, la même exigence s’impose. Nous débuterons par des usines de pellettes d’acier. Mais notre ambition ultime est de transformer l’acier, ici, chez nous, en République de Guinée. Deux filières, une seule ambition: Que la Guinée capture l’intégralité de la valeur de ses ressources naturelles », annonce ce proche collaborateur du Président Doumbouya.

Pour le Gouvernement, cette trajectoire ambitieuse ne relève pas d’une simple pétition de principe ou d’effets d’annonce. Elle s’inscrit dans une planification législative et temporelle stricte, dont le socle juridique remonte aux premières heures de la transition. Djiba Diakité rappelle le point d’ancrage historique qui contraint aujourd’hui l’ensemble des investisseurs miniers opérant sur le territoire national :
« Cette trajectoire n’est pas un vœu, c’est une feuille de route rigoureusement planifiée. Et nous la suivrons jusqu’à son terme pour le bien-être du peuple souverain de Guinée. Notre ambition s’enracine dans une décision historique, celle du 8 avril 2022, lorsque le chef de l’État, son Excellence Mamadi Doumbouya, a affirmé avec une détermination sans faille que la transformation locale du minerai guinéen est désormais une exigence non négociable de la République, conformément au respect des conventions signées par chaque industriel », a-t-il martelé.
Pour le ministre, la défense “intransigeante” de la souveraineté économique d’un État n’est en rien antinomique avec l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE). Au contraire, elle pose les bases d’un partenariat gagnant-gagnant mutuellement bénéfique.
« En s’engageant aujourd’hui dans la construction de cette raffinerie, Chinalco démontre qu’un partenariat avec la Guinée peut être exigeant pour chacune des parties, et bénéfique pour toutes. C’est l’illustration éloquence qu’est la souveraineté industrielle de la Guinée, et les intérêts légitimes des partenaires ne sont pas contradictoires. Ils peuvent et ils doivent avancer dans le même sens », a-t-il avancé.
Le Plan de Contenu Local
Le cœur opérationnel de cette feuille de route minière repose sur l’application stricte et rigoureuse du Plan de Contenu Local. L’État guinéen avertit l’ensemble de ses partenaires : le soutien de l’appareil d’État est total, mais il reste conditionné à l’intégration réelle et mesurable de la jeunesse et des entreprises guinéennes dans cette chaîne de valeur industrielle en construction.

« À nos partenaires, nous voulons être parfaitement clairs, vous bénéficiez du plein soutien de l’État guinéen, à la condition express de respecter scrupuleusement nos textes législatifs et réglementaires, notre code minier et notre plan de contenu local. Ce plan de contenu local est précis dans ses exigences. Priorité absolue à l’emploi des Guinéens, accès préférentiel au marché pour des entreprises à capitaux guinéens, formation qualifiante pour anticiper et concrétiser le transfert des compétences et des technologies, notamment à travers l’initiative Simandou Académy. Ces engagements sont des obligations contractuelles, et ils seront suivis, contrôlés, le cas échéant, sanctionnés », prévient M. Diakité.
Un État régulateur engagé sur le terrain
Le ministre Directeur de Cabinet de la présidence affirme que le rôle de l’État ne s’arrêtera pas à la signature protocolaire des conventions dans les salons ministériels de Conakry, mais s’étendra à un suivi technique rigoureux directement sur les chantiers.
« Au nom de Son Excellence, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, nous voulons affirmer sans ambiguïté que l’engagement de l’État ne s’arrête pas à la cérémonie de ce matin. Nous serons présents au lancement des travaux dès le mois prochain. Nous reviendrons régulièrement sur le chantier pour nous assurer que chaque brique posée, chaque fondation créée est pleinement conforme aux accords que nous venons de signer et aux lois de la République de Guinée. »
Djiba Diakité a résumé la doctrine économique guinéenne en ces termes : concilier l’attractivité économique internationale avec l’exigence de la souveraineté patriotique au bénéfice exclusif de la population.
« Guinea is open for business. La Guinée avance, la Guinée se transforme, et nous veillerons ensemble à ce que cette transformation profite d’abord, avant tout, aux Guinéennes et aux Guinéens », a-t-il promis.
A suivre!
Africaguinee.com
Créé le 23 mai 2026 11:21Nous vous proposons aussi
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