Mines: Le Président Doumbouya ambitionne de construire un pôle industriel de cinq raffineries d’ici 2030
CONAKRY – Le secteur minier guinéen amorce un tournant vers l’industrialisation. À la suite de la signature de la convention minière amendée et consolidée pour la construction de la raffinerie de Chinalco à Boffa, – la troisième de l’ère post-indépendance-, le gouvernement guinéen a dressé une feuille de route ambitieuse .
« Dans le cadre du programme Simandou 2040, -le projet de société du Président de la République-, les objectifs assignés au ministère des Mines et de la Géologie, c’est la construction de cinq raffineries à l’horizon 2030. Nous sommes très heureux de constater qu’on est à trois raffineries. En termes d’impact, ça positionne la Guinée comme l’un des acteurs mondiaux de l’industrie d’aluminium », annonce Bouba Sylla.

L’accord conclu avec le géant chinois Chinalco s’ajoute à une liste de projets déjà sur les rails. Le ministre rappelle le tableau de bord des capacités industrielles en cours de déploiement à travers le pays, tout en ouvrant des perspectives sur de futures négociations d’envergure.
« La convention minière amendée et consolidée pour la construction de la raffinerie de Chinalco en Guinée à Boffa est le démarrage de la troisième raffinerie post-indépendance de la Guinée. Il faut rappeler que celle de Chalco, c’est 1,2 millions de tonnes, Spic, 1,2 millions de tonnes, Winning Consortium Alumina Guinée, 2,4 millions de tonnes. Et nous sommes en discussion avec la CBG, -Compagnie des bauxites de Guinée-, pour la construction de sa raffinerie à Boké, d’une capacité prévisionnelle de 1,2, pouvant aller à 2,4 millions de tonnes. », détaille le ministre des Mines.
En finir avec l’exportation brute
Premier exportateur mondial de bauxite, la Guinée souhaite désormais capter la valeur ajoutée qui lui échappait jusqu’ici. Pour Bouna Sylla, le statut de leader extractif doit impérativement se traduire par une puissance industrielle locale, tant pour le marché international que pour les besoins intérieurs.

« On est le leader mondial de la production de bauxite. Pour rappel, en 2024, 25% de la production mondiale d’aluminium provenait de la bauxite guinéenne. Sur la base de tout ça, le Président a dit qu’il faut qu’on fasse la transformation sur place des produits miniers, pas seulement pour l’exportation, mais également pour l’utilisation domestique, dans le cadre du pilier numéro un du Simandou 2040, c’est-à-dire de l’industrialisation de notre pays », a-t-il précisé.
Le capital humain comme pilier de l’attractivité minière
Au-delà des infrastructures lourdes, le gouvernement mise sur le renforcement des compétences locales. L’objectif affiché est de former une nouvelle génération d’ingénieurs et de techniciens capables de piloter ces usines complexes, garantissant la durabilité des investissements.

« Depuis 2021, le ministère des Mines, en plus des bourses prévues dans le cadre du programme Simandou Academy, nous avons négocié environ 1 400 bourses d’études pour les jeunes guinéens, mais également les jeunes issus des communautés riveraines qui vont aller à l’étranger et revenir. Mais il faut que les gens viennent investir en Guinée, pas parce qu’on a des ressources naturelles, mais parce qu’on a des ressources humaines de qualité. Le meilleur investissement, c’est le capital humain, c’est ce qu’on est en train de mettre en œuvre, conformément à la vision du Président de la République. »
Africaguinee.com
Créé le 24 mai 2026 18:34Nous vous proposons aussi
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