Toumba Diakité révèle : « Pourquoi j’ai tiré sur la tête de Dadis au camp Koundara… »

Le commandant Toumba Diakité à la barre

CONAKRY- C’est une autre page de la transition tumultueuse de 2009 que Toumba Diakité a revisité ce lundi 24 octobre 2022. L’officier qui est accusé dans le dossier du massacre du 28 septembre 2009, a expliqué pourquoi il a ouvert le feu sur Dadis Camara dont il était l’aide de camp le jeudi 03 décembre 2009, au camp Koundara.

A la barre du tribunal criminel de Dixinn, devant le juge Ibrahima Sory II Tounkara, Toumba révèle dans quelles circonstances son patron Moussa Dadis Camara a débarqué au camp Koundara (actuel camp Makambo). Il affirme que le plan était de l’arrêter pour lui faire porter le chapeau du massacre de 2009.

« Les évènements du camp Koundara se sont produits un jeudi. D’habitude, c’est la routine, je viens m’enquérir de l’état du président et voir le carnet des activités du jour. Je suis venu le matin, on s’est vu, on s’est salué, il n’y avait pas de mouvement. J’ai décidé de profiter vite ce jeudi pour mettre les moyens à la disposition de ceux qui voulaient organiser le sacrifice pour moi. J’ai appelé un ami dont je vais taire le nom, pour m’aider à avoir l’argent. Ce dernier m’a dit qu’il était en ville…. Je lui ai dit que je vais foncer jusqu’au camp Tombo, comme ça on allait se retrouver là-bas pour qu’il envoie quelqu’un me remettre l’argent.

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J’ai commencé par les Cases Bellevue où j’ai pris du temps avant de venir au camp Tombo. J’ai attendu l’argent-là, j’étais avec Cécé, c’est là mon secrétaire Alpha Ousmane Baldé, si dans son audition il a dit que j’étais avec six (6) hommes, c’était pour rectifier le tir. Parce que lui, l’évènement du 28 septembre l’a trouvé en permission et il était à Kissidougou. J’ai dû lui expliquer la scène de Koundara. J’étais avec six hommes car je me déplace souvent avec cet effectif sans équipage, même pas deux véhicules. Ces six hommes, c’est moi, mon chauffeur, Cécé et trois autres, c’est comme ça je me déplaçais. J’étais avec ce nombre contrairement ce que mon secrétaire a raconté.

Donc, je suis resté à l’attente de cet argent qui est finalement venu me trouver à Tombo. A peine après avoir reçu l’argent, le commandant de Koundara Begré (qui était aussi au stade) m’a appelé pour me dire que Makambo a arrêté ses hommes. A cet instant, ils (le clan de Dadis ndlr) avaient commencé à mettre leur plan à exécution.

J’ai demandé à Begré pourquoi il ne s’est pas référé ? Comment a-t-il livré ses hommes sans se référer ? Il m’a dit que c’est le Président qui l’a envoyé. J’ai demandé où est-ce qu’ils ont été envoyés ? Il m’a dit que c’est au PM3, chez Baldé (Haut commandant de la gendarmerie nationale). J’ai appelé Makambo pour lui demander où il était. Il m’a dit qu’il était à la hauteur de l’aéroport. Je lui ai demandé qui lui a dit d’arrêter les gens de Begré ? Il m’a répondu que c’est le président. Je lui ai demandé ‘’qui te commande’’ ? Il m’a répondu que je ne le commande pas. Je lui ai instruit de retourner et les (les hommes arrêtés) faire sortir. Il m’a dit qu’il ne peut pas.

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J’ai laissé l’affaire de sacrifice et j’ai pris mon véhicule pour aller au PM3, chez Baldé. J’étais en compagnie de Cécé. Arrivée là-bas, Baldé a commencé à me dire de m’assoir, je lui ai dit que je ne veux pas l’attendre ; de me dire où les hommes étaient incarcérés. Il m’a dit que c’est au PM3. J’y suis allé, l’endroit était sécurisé. Le colonel Balamou était là-bas.  Il voulait s’éclipser et partir mais je l’ai rappelé pour lui demander d’y rester. J’étais en colère, j’ai coupé ses grades pour lui ai demandé : où sont les hommes et de les faire sortir’’. Je les ai fait sortir et les amener à Koundara. C’est ce qui m’a amené au camp Koundara.

A Koundara, j’étais assis en train de crier sur Begré pour lui dire qu’on ne fait pas ce qu’il a fait, à savoir ‘’vendre ses hommes comme ça, et de toujours se référer’’. Je suis resté dans ça.

Ce n’était même pas nécessaire et Dadis pouvait m’appeler. C’est le Général Baldé et Cécé Balamou qui sont partis trouver le Président Dadis trouver au camp, je n’étais pas là-bas et je ne sais pas ce qu’ils lui ont raconté. Dadis ne m’a pas appelé, j’étais devenu une personne à vendre. Il (Moussa Dadis Camara) s’est levé avec tous ses hommes, ils ont débarqué à Koundara, je les ai entendus venir. Il y a un de mes éléments qui m’a dit ‘’ ils sont venus go’’. Je répondu à ce dernier : ‘’laisse, ils n’ont qu’à venir’’. Quand ils sont arrivés, c’est lui-même (Dadis) qui conduisait encore.

A peine qu’il garait, il a sauté en abandonnant le véhicule, c’est le mur du mât qui a stoppé son engin. Général Baldé est témoin parce qu’il était à côté de lui. Général Baldé était un élément central, c’est un ami de Dadis, ils ont dormi ensemble et c’est son oncle aussi côté maternel. Sinon lorsqu’on prenait le pouvoir, lui (Baldé) il était en Haïti. C’est quand il est revenu qu’il a bénéficié de son poste.  

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Donc, Dadis est descendu, j’étais assis, moi.  L’état dans lequel je l’ai vu, je ne lui ai même pas donné sa ration (garde à vous), je suis resté assis. Les Cécé étaient à mes côtés. Il a commencé à tempêter, je suis resté assis en train de le regarder. Pendant ce temps, ses hommes m’ont encerclé et chacun a engagé son arme, les propos étaient en train d’être tenus à cet instant. ‘’ Tu vas connaitre tout de suite ; ce que tu fabriques ici tu vas connaitre’’. Tout ça j’étais assis.

Il a tapé ma tête ! Je dis : ‘’Euh’’ !! Je précise que je suis l’un des conseillers spirituels de Dadis, avant même la prise du pouvoir il le sait, les hommes le savent encore. Les Marcel le savent, j’avais prédit tout ça, ce que nous sommes en train de vivre là. Je l’avais prédit : ‘’quand tu tapes la tête de ton conseiller spirituel, s’il t’avait montré A, il te montrera Z’’.  Pendant ce temps, Makambo était en train de courir pour aller prendre l’autre arme. Les autres hommes avaient leurs armes braquées sur moi. Aussitôt, j’ai dit à ma garde : ‘’donne-moi l’arme ici’’. Il m’a passé l’arme. Dadis lui était en train de parler. Et, directement j’ai visé la tête (de Dadis). Après j’ai foncé sur les autres. On s’est bagarré, ils ont tiré et Dieu seul sait la suite ».

A suivre…

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 24 octobre 2022 15:50

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