Préparatifs du Hajj : Dans les coulisses de la vaccination au centre islamique de Donka
CONAKRY-Les préparatifs du hajj vont bon train. En 2025 tout comme l’année dernière, la Guinée a eu droit à 10.000 places. Pour accomplir le hajj, -cinquième pilier de l’islam-, les candidats ont eu à débourser 54 millions 800 mille francs guinéens.
Au Centre Islamique de Donka, les candidats au pèlerinage de cette année ont entamé la vaccination, une étape essentielle pour effectuer le voyage spirituel dans les lieux saints. Sur place, les autorités se félicitent du bon déroulement des opérations, mais certains candidats déplorent quelques difficultés.
« Dans l’ensemble, tout se passe très bien. Seule la procédure est un peu lente et la communication sur les pièces à se munir pour se faire vacciner est incomplète. Personnellement, quand je suis venu pour la première fois, on m’a exigé des documents que je n’avais pas. J’étais obligé de retourner à la maison pour les prendre. Excepté ces deux cas, tout se passe bien « , explique M.T, candidat au hajj de cette année.

6 074 candidats immunisés
Le pèlerinage à la Mecque est l’un des cinq piliers de l’islam que tout musulman apte et ayant les moyens est censé faire au moins une fois dans sa vie.
Professeur Fodè Bangaly Sako, directeur national de l’épidémiologie de la lutte contre la maladie au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique est chargé de la vaccination. Il aide à la compréhension pour une vaccination avec moins de difficultés pour les candidats.
« Tout se passe bien pour le moment, c’est ce que je peux vous dire concernant l’évolution de cette activité. Nous faisons une réunion de restitution pour faire l’état des lieux des activités chaque jour. Jusqu’à hier, nous avons, dans nos statistiques, 6 074 candidats pèlerins qui sont immunisés », explique ce haut cadre du Ministère de la Santé.

Des préalables avant la vaccination
Pour se faire vacciner, les pèlerins doivent se munir de certains documents, comme le certificat d’aptitude médicale. « Il y a une étape qui précède la vaccination, c’est la visite médicale des candidats pèlerins. Cette visite médicale permet de dire qu’un candidat immunisé est dans les conditions physiques et mentales d’effectuer le hadjj. Ce certificat, nous le vérifions. Il est délivré par des médecins qui ont été désignés par un acte signé par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. Ainsi, ce n’est pas n’importe quel médecin qui va examiner le candidat. Cela pour éviter que certains candidats viennent pour se faire immuniser alors qu’ils ne répondent pas vraiment aux critères de santé, notamment en ce qui concerne leur aptitude physique et mentale. Si de tels cas ne sont pas détectés et traités, ils exposent à la mort. Donc, pour éviter cela, ce document est vérifié », explique le Professeur Fodé Bangaly Sacko.

Le deuxième document exigé, c’est la copie du passeport pour pouvoir identifier la personne. « Cette vérification permet de dire qu’effectivement, c’est la personne qui est candidate pour le pèlerinage qui est en face de nous, afin que nous puissions la vacciner ».
Le troisième document, c’est le reçu de paiement. « Nous avons fait notre calcul et estimé nos besoins en termes d’intrants. On ne doit pas gaspiller ces intrants-là. Il faut donc que ce soient des personnes qui sont effectivement inscrites et qui doivent recevoir ce vaccin pour effectuer le pèlerinage. Ces trois documents, nous les vérifions. Il faut vraiment beaucoup d’attention et de professionnalisme pour ne pas commettre des erreurs », a expliqué Dr Sacko.

D’autres étapes
En plus de ces prérequis, il y a d’autres étapes. Lorsque le candidat pèlerin arrive, une équipe du secrétariat général des affaires religieuses vérifie ses documents en amont. Ensuite, il est orienté vers un agent enregistreur qui vérifie également les informations à son niveau. Ensuite, il est dirigé vers les agents vaccinateurs.
« Le carnet de vaccination spécifique à l’âge lui est délivré. Par la suite, un autre acteur saisit toutes les informations que nous avons pu collecter. C’est à travers ces informations que nous échangeons avec les collègues sur les différents sites pour faire le point au quotidien. Nous produisons un rapport à ce sujet », confie Professeur Fodè Bangaly Sako.
L’erreur n’est pas permise

« Cela peut sembler lent aux yeux de certains, mais il est essentiel de faire preuve de patience afin que les choses se déroulent correctement. La moindre erreur dans ce processus pourrait avoir des répercussions jusque dans les lieux saints. Si une personne non vaccinée s’y rend alors qu’une maladie y circule, c’est tout un monde qui est exposé : des millions de personnes réunies au même endroit. Le risque sanitaire est réel. Il est de notre devoir de protéger ces pèlerins. Nous n’avons pas droit à l’erreur. Tout doit être fait avec rigueur», souligne ce médecin.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 2 mai 2025 10:26









