« Nous ne voulons pas être abandonnés » : A Kiniero, les producteurs de mangues tirent la sonnette d’alarme face aux attaques d’insectes!

KOUROUSSA- Sous les manguiers de la sous-préfecture de Kiniero, à une quarantaine de kilomètres de Kouroussa, le décor contraste avec l’abondance habituellement observée en cette période de récolte. Au pied des arbres, des centaines de mangues pourries couvrent le sol. D’autres fruits, encore suspendus aux branches, portent déjà les marques d’attaques d’insectes. Dans cette localité de Haute-Guinée, où la culture de la mangue constitue une importante source de revenus, les producteurs assistent, impuissants, à la destruction progressive de leurs récoltes.

Les pertes sont importantes et les conséquences économiques commencent déjà à se faire sentir dans plusieurs ménages. Les producteurs disent n’avoir jamais connu une telle situation.

Pour Gnalen Mady Condé, porte-parole des planteurs, depuis de nombreuses années, la campagne actuelle est l’une des plus difficiles qu’il ait vécues.

« Regardez autour de vous. Toutes ces mangues que vous voyez au sol auraient dû être vendues sur les marchés. Aujourd’hui, elles sont perdues. Les insectes attaquent les fruits avant leur maturité. Au début, nous pensions qu’il s’agissait d’un phénomène passager, mais les dégâts se sont rapidement aggravés. Chaque matin, nous découvrons de nouvelles mangues tombées et pourries. Nous avons investi dans l’entretien de nos plantations en espérant une bonne récolte, mais aujourd’hui nous ne savons même pas si nous pourrons récupérer les dépenses engagées. C’est une situation très préoccupante pour nous et pour nos familles », décrit-il, peiné.

À quelques mètres de là, Fadoumba Condé montre des branches chargées de fruits abîmés. Son inquiétude est palpable.

« Cette année, les pertes sont énormes. Beaucoup de producteurs ne savent plus vers qui se tourner. Nous n’avons ni les moyens financiers ni les connaissances techniques pour combattre ces insectes. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, plusieurs familles seront durement affectées », souligne-t-il.

Selon les producteurs, les attaques se propagent dans plusieurs vergers de la sous-préfecture. Ils craignent que la situation ne s’aggrave davantage si des mesures urgentes ne sont pas prises. Face à cette crise, les planteurs adressent un appel pressant aux autorités.

« Nous demandons au ministère de l’Agriculture, à la Direction préfectorale de l’Agriculture de Kouroussa, au Service national de la protection des végétaux ainsi qu’aux partenaires agricoles de venir constater ce qui se passe dans nos plantations. Nous avons besoin d’une assistance technique pour identifier les insectes responsables, de produits adaptés pour protéger les vergers et d’un accompagnement afin d’éviter que ce phénomène ne détruise toute la production. Nous ne voulons pas être abandonnés. Si rien n’est fait, cette campagne sera une catastrophe pour les producteurs de Kiniero », lance-t-il.

Au-delà de l’urgence, les agriculteurs souhaitent également bénéficier de formations sur les méthodes modernes de lutte contre les ravageurs et d’un suivi régulier de leurs exploitations afin de prévenir de nouvelles infestations.

À Kiniero, l’espoir des producteurs repose désormais sur une réaction rapide des autorités et des services techniques. En attendant, les mangues continuent de tomber et de pourrir, laissant derrière elles des pertes importantes et l’inquiétude grandissante de dizaines de familles qui vivent de cette filière.

De retour de Kiniero, Facely Sanoh

Pour Africaguinee.com

Créé le 16 juillet 2026 08:07

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