Immersion dans le Wassolo profond : Le quotidien difficile mais passionné de Oumar Diallo et Laye Sangaré
Au cœur du Wassolo profond, dans la sous-préfecture de Kantoumanina, préfecture de Mandiana, le tintement des cloches des bovins accompagne le quotidien des éleveurs. Ici, le pastoralisme est bien plus qu’une activité économique : il est un héritage familial, un mode de vie et la principale source de revenus de nombreux ménages.
Pour atteindre le site de pâturage, il faut parcourir plusieurs kilomètres sur des pistes difficiles d’accès. C’est dans cet environnement que les équipes d’Africaguinee.com ont rencontré Oumar Diallo et Laye Sangaré, deux éleveurs qui consacrent leur vie à l’entretien de leurs troupeaux. Malgré leur passion, ils dressent le constat d’un secteur confronté à de nombreuses insuffisances.

Face à son troupeau, Oumar Diallo explique que les maladies animales constituent l’une de ses plus grandes préoccupations.
« Nous vivons de l’élevage depuis plusieurs générations. Nos animaux sont notre richesse, mais lorsqu’une maladie apparaît, nous sommes souvent démunis. Les agents vétérinaires sont rares et il est difficile de les faire venir jusqu’ici. Nous sommes parfois obligés de parcourir de longues distances pour chercher des médicaments ou demander de l’aide.
Malheureusement, il arrive que certains animaux meurent avant même de recevoir un traitement. Cela représente une perte énorme pour nos familles, car chaque bœuf est le fruit de plusieurs années d’efforts. Nous demandons simplement un meilleur accompagnement afin de protéger notre cheptel », a expliqué l’éleveur.

Pour lui, la santé animale est directement liée aux revenus des familles pastorales. Sans un accès régulier aux soins vétérinaires, les risques de pertes restent élevés.
À son tour, Laye Sangaré évoque les difficultés liées aux conditions de travail dans les zones de pâturage. En saison sèche, l’accès à l’eau est un réel défi.
« L’eau est devenue un véritable problème, surtout pendant la saison sèche. Nous sommes parfois obligés de conduire nos animaux très loin pour trouver un point d’abreuvement. Cela fatigue le bétail et réduit sa productivité. À cela s’ajoute le mauvais état des pistes. Pendant l’hivernage, certaines deviennent presque impraticables. Si un animal tombe malade, il est très difficile de transporter les médicaments ou de faire venir un vétérinaire. Nous voulons continuer à pratiquer l’élevage, mais nous avons besoin de meilleures infrastructures et d’un soutien plus important des autorités », a-t-il plaidé.

Au-delà de ces difficultés, les deux éleveurs gardent espoir. Ils estiment que leur localité possède un important potentiel pastoral qui pourrait contribuer davantage au développement économique de la région, à condition que les investissements suivent.
Leur appel est clair : renforcer les services vétérinaires de proximité, faciliter l’accès aux produits vétérinaires, aménager des points d’eau pastoraux et améliorer les pistes rurales afin de sécuriser les déplacements des éleveurs et de leurs troupeaux.
Dans le Wassolo, derrière chaque troupeau se trouvent des femmes et des hommes qui, malgré les difficultés, continuent de faire vivre une activité essentielle à la sécurité alimentaire et à l’économie rurale de la Guinée.
Facély Sanoh
Correspondant régional d’Africaguinee.com
A Kankan
Créé le 3 juillet 2026 17:09Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Agriculture, Mandiana









