« J’ai été menacé de mort »: Les confidences d’Aly Touré sur ses débuts à la CRIEF

CONAKRY – C’est un passage de témoin chargé de symboles qui s’est déroulé ce jeudi 9 avril 2026 dans la salle d’audience de la Cour d’Appel de Conakry. Aly Touré, l’homme qui a incarné la traque des biens mal acquis pendant quatre ans, a officiellement pris les rênes de la présidence de cette juridiction. Il remplace à ce poste Alphonse Charles Wright, qui fait le chemin inverse pour prendre les commandes du parquet spécial de la CRIEF.

À l’occasion de cette passation de service, Aly Touré est revenu sur ses débuts périlleux à la tête de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), une institution créée en 2022 sous l’impulsion du Général Mamadi Doumbouya.

Les menaces comme moteur de l’engagement

Loin de l’image de marbre qu’il a souvent affichée face aux dossiers brûlants de la transition, le nouveau président de la Cour d’Appel a révélé l’une des faces sombres de sa mission au parquet spécial : les pressions extrêmes et les risques personnels.

« Dans la conduite des destinées du parquet de la CRIEF, j’ai été menacé de mort aux premières heures de mon activité. La presse est là, elle en témoigne régulièrement. Je vous assure que ces épreuves ont, au contraire, renforcé et galvanisé mon engagement indéfectible contre la corruption », a rappelé le magistrat.

Après quatre années à la tête du parquet de la Cour Anti-corruption, Aly Touré quitte le parquet avec le sentiment du devoir accompli, laissant derrière lui une jurisprudence solide en matière de crimes économiques.

Du Parquet au Siège, le défi de juger

En devenant président de la Cour d’Appel, Aly Touré change de costume. Hier procureur (celui qui poursuit), il devient aujourd’hui juge (celui qui tranche). Un basculement qu’il qualifie lui-même de « challenge encore plus grand et plus difficile ». Pour relever ce défi, il entend s’appuyer sur l’héritage laissé par son prédécesseur, Charles Wright.

« Je sais que juger n’est pas facile. Juger est un sacerdoce qui n’appartient, par essence, qu’au Tout-Puissant. Mais entre nous, les hommes, puisqu’on ne peut vivre dans la débandade et le désordre, il faut une organisation où des hommes et des femmes sont chargés de rendre cette justice. Il n’y a pas meilleur juge qu’Allah, mais c’est cette parcelle de pouvoir que nous exerçons ici-bas », s’est-il engagé.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 avril 2026 19:25

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