« Il m’a mise enceinte »: Tadi Kourouma accuse son médecin de « viol » sous anesthésie
CONAKRY– C’est un récit « glaçant » et qui rappelle tragiquement l’affaire M’Mah Sylla, cette femme violée, dit-on, à plusieurs reprises dans une clinique privée de Conakry par des médecins! Mme Tadi Kourouma accuse son médecin traitant de l’avoir violée sous anesthésie lors d’une consultation en 2022. Entre un divorce « douloureux », une grossesse issue de l’agression et une procédure judiciaire qu’elle juge « lente », cette mère brise le silence. Elle réclame justice et dénonce l’impunité dans une affaire qui relance avec acuité la question de « l’éthique médicale » en Guinée. Africaguinee.com l’a interrogée ce lundi 6 avril 2026.
Une consultation médicale qui vire au cauchemar
La confiance de Mme Tadi Kourouma envers son médecin traitant, qu’elle consultait depuis 2017, a volé en éclats un soir de 2022. Venue pour des douleurs abdominales, elle se voit prescrire un lavement pour des « trompes bouchées ». L’acte médical prend alors une tournure inattendue après une injection intraveineuse.
« Le médecin en question a été mon médecin traitant depuis 2017. En 2022, je suis allée le voir pour des douleurs abdominales. Il m’a dit que j’avais les trompes bouchées et qu’il fallait faire un lavement », explique-t-elle.

Selon son témoignage, la situation aurait pris une tournure dramatique après une injection administrée en intraveineuse. « Il m’a fait une injection qui m’a endormie de 18h à 21h. À mon réveil, je lui ai demandé ce qu’il m’avait fait. Il m’a dit qu’il n’avait pas pu résister à moi et qu’il avait couché avec moi », confie Mme Kourouma.
Sous le choc, elle affirme avoir quitté les lieux sans engager immédiatement de poursuites. Elle en parle à sa famille, qui la conseille de garder le silence pour préserver son foyer :« Ma mère m’a conseillé de ne pas en parler à mon mari pour éviter de gâter mon mariage », raconte-t-elle. Quelques semaines plus tard, elle découvre être enceinte.
« J’ai informé le médecin. Il m’a proposé un avortement, mais j’ai refusé », dit-elle. Cette grossesse va entraîner des conséquences lourdes dans sa vie conjugale. « Mon mari a découvert que j’étais enceinte de huit mois. Cela a causé notre divorce », déplore-t-elle.

Après l’accouchement, Mme Kourouma dit avoir décidé de saisir les autorités judiciaires. « J’ai porté plainte. Le médecin n’a pas nié les faits », affirme-t-elle.
Cependant, elle dénonce une gestion de son dossier qu’elle juge insatisfaisante. « On m’a proposé un arrangement à l’amiable. Il devait s’occuper de moi et de mon enfant. Il a payé un logement à Sonfonia pendant un an, puis il a arrêté », explique-t-elle.
Malgré plusieurs démarches auprès des autorités judiciaires, notamment à Dixinn, elle estime que justice n’a pas été rendue :« Ils ont toujours dit qu’il devait juste s’occuper de moi. Ils n’ont pas fait ce qui se doit », regrette-t-elle.
Aujourd’hui mère d’une fillette âgée de près de quatre ans, reconnue selon elle, par son présumé violeur, Mme Kourouma a décidé de médiatiser l’affaire. « Tant que justice n’est pas faite, je ne retirerai pas ses images des réseaux sociaux », affirme-t-elle.
Elle dit toutefois avoir reçu des soutiens, notamment de figures engagées dans la défense des droits des femmes :« Je veux juste que justice soit faite, parce que j’ai mal. Je ne veux pas que d’autres femmes subissent ce que j’ai subi », lance-t-elle.
A noter que toutes nos tentatives de joindre le médecin incriminé dans cette affaire sont restées sans suite pour le moment.
Dossier à suivre!
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 6 avril 2026 15:30Nous vous proposons aussi
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