« Nos enfants sont en danger »: Des femmes manifestent à Dabola contre la recrudescence des viols

DABOLA – Ce mercredi 7 janvier 2026, des centaines de femmes ont investi la rue pour dénoncer la recrudescence alarmante des agressions sexuelles dans la commune urbaine de Dabola et ses environs. Cette manifestation fait suite à un drame survenu le lundi 05 janvier 2026 : le viol suivi du meurtre d’une fillette de 9 ans à son domicile. Les manifestantes exigent des mesures draconiennes pour mettre main sur les auteurs de ce crimes.

La psychose s’installe peu à peu dans cette ville située dans le centre de la Guinée. Ce cas de viol est le dernier d’une série enregistrées ces derniers temps à Dabola. C’est pourquoi les femmes de Dabola ont décidé de briser le silence et d’agir. Ce mercredi, elles ont imposé un mot d’ordre : fermeture des marchés et arrêt des activités économiques pour exiger justice et sécurité. Au cœur de cette grogne, le drame du lundi 5 janvier au quartier Babiliya, où une mineure a été agressée sexuellement puis tuée par son bourreau, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Nos enfants sont en danger »

Mariatou Barry, l’une des porte-voix du mouvement, exprime le ras-le-bol général face à l’insécurité alimentée, selon elle, par la consommation de stupéfiants.

« On est sorties pour manifester notre colère suite aux différentes agressions dont sont victimes nos filles. Une fillette a été fusillée récemment à Hermakono. Avant-hier aussi, une fillette de 9 ans a été violée et tuée dans sa propre maison. C’est pourquoi, aujourd’hui, on a quitté les marchés pour montrer notre indignation. Nous avons barré les routes et les autorités sont venues nous voir en promettant des enquêtes. Mais on n’est pas satisfaites », martèle-t-elle.

Elle pointe du doigt la prolifération des lieux de consommation de drogue : « Les maquis et les ghettos sont toujours opérationnels ici. Les enfants fument de la drogue, prennent de l’alcool et des comprimés pour s’en prendre ensuite à nos fillettes. On est vraiment en danger. Si les autorités n’arrêtent pas les responsables, nous attaquerons nous-mêmes ces lieux de débauche. »

Déterminées, les manifestantes ont sillonné la ville, scandant leur ras-le-bol face à ce qu’elles considèrent comme une “inaction” des autorités. Les commerces ont fermé, les rues se sont vidées, laissant place à une foule de femmes unies par la même douleur et la même colère.

Pour Nimatoulaye Barry, présidente des femmes de Dabola, la situation est alarmante. Elle affirme que les crimes se multiplient, tandis que les auteurs continuent d’agir sans être inquiétés.

Un phénomène nouveau qui inquiète

La présidente des femmes de Dabola, qui a mené une délégation à la commune et à la préfecture, déplore une situation inédite dans sa ville natale. Elle confirme que le mouvement a été suivi avec rigueur, parfois par la force pour celles qui tentaient de briser la grève.

« Les femmes sont venues me voir à domicile. J’ai informé les autorités qui nous ont reçues. Dabola est « mélangé » maintenant, on ne connaissait pas ça ici. Des brigades doivent être installées dans les quartiers et les patrouilles renouvelées. On viole maintenant jusque dans nos propres maisons, c’est la limite du supportable. La femme est vulnérable, ils doivent nous aider », a-t-elle plaidé.

Elle évoque également le climat de peur instauré par des bandes de jeunes, souvent cagoulés, rendant leur identification difficile.

Un ultimatum fixé à mardi

Bien que les autorités aient annoncé avoir procédé à certaines interpellations, la tension ne retombe pas. Aux dernières nouvelles, les manifestantes ont donné un ultimatum aux responsables locaux. Si aucune action concrète et visible n’est entreprise d’ici le mardi prochain, elles promettent de reprendre la rue avec une nouvelle stratégie de contestation.

Cette mobilisation marque un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles à Dabola. Les femmes refusent désormais de se taire et exigent des réponses concrètes. Pour elles “la balle est désormais dans le camp des autorités”, appelées à agir avant que d’autres vies innocentes ne soient perdues.

Habib Samaké & Alpha Amadou Barry

Correspondants d’Africaguinee.com

A Mamou et Faranah

Créé le 7 janvier 2026 18:36

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