Gynécologie en Guinée : Entre pudeur, confiance et expériences contrastées, des femmes témoignent

CONAKRY – Spécialité médicale dédiée à l’appareil génital féminin et aux troubles hormonaux (règles, ménopause, contraception, pathologies de l’utérus ou du sein), la gynécologie-obstétrique occupe une place centrale dans la vie des femmes. En Guinée, cependant, le choix du praticien est souvent un dilemme où s’entremêlent pudeur, quête de compétence et ressenti personnel. (Image d’illustration).

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Si certaines patientes ne jurent que par les hommes, jugés plus « patients et compréhensifs », d’autres privilégient les femmes, perçues comme plus proches de leurs réalités biologiques. Enquête sur un choix loin d’être anodin.

L’accueil et l’écoute

Pour de nombreuses femmes rencontrées par notre rédaction, le genre du médecin influence directement la qualité de la consultation. Mme Barry fait partie de celles qui préfèrent confier leur intimité à un homme.

« Les gynécologues hommes sont mieux pour moi. Certaines femmes gynécologues tiennent des propos déplacés parfois à l’endroit de leurs patientes, tandis que les hommes font preuve de plus d’attention. Je me sens plus à l’aise avec eux : ils sont compréhensifs et à l’écoute. Il est essentiel de confier ses préoccupations à quelqu’un qui sait écouter et proposer des solutions sans laisser son humeur influencer son travail », confie-t-elle.

La pudeur, premier critère de choix

À l’inverse, pour beaucoup d’autres, l’examen clinique par un homme reste une barrière psychologique infranchissable. La pudeur et la peur du jugement poussent ces patientes vers leurs paires.

« Je préfère une gynécologue femme. Étant elle-même une femme, elle peut mieux comprendre mes problèmes physiologiques. C’est aussi une question de dignité : beaucoup choisissent cette option pour éviter la gêne ou la honte lors de l’examen », explique une autre patiente.

Des diagnostics parfois “faussés”

Au-delà de l’accueil, c’est parfois la précision du diagnostic qui forge l’opinion des patientes. Mme Sylla garde un souvenir amer d’une consultation en cabinet.

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« J’avais commencé mon suivi chez une gynécologue femme. Ses tarifs étaient très élevés et son langage laissait à désirer. Elle m’avait affirmé que mon col de l’utérus était fermé et m’avait prescrit des produits sans aucun résultat. Déçue, je suis allée voir un confrère homme qui m’a donné un avis totalement différent. Aujourd’hui, grâce à lui, je suis mère de deux enfants », raconte-t-elle.

Un équilibre fragile entre compétence et respect

Le débat reste ouvert. Si la compétence médicale n’a pas de sexe, le « savoir-être » semble être le critère déterminant pour les femmes interrogées. Qu’il s’agisse d’éviter le traumatisme d’un accouchement difficile ou de trouver une oreille attentive pour une contraception, les patientes naviguent entre leurs convictions religieuses, leur pudeur et leur besoin de sécurité sanitaire.

En fin de compte, qu’elles optent pour un homme ou une femme, le cri de cœur reste le même : l’exigence d’une prise en charge humaine, respectueuse et dénuée de tout jugement.

Yayè Aïcha Barry

Pour Africaguinee.com

Créé le 10 avril 2026 08:50

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