Filière bovine: A Thiaguelbori, le plus grand parc à bétail de la région de Labé, renoue avec l’affluence après la grève
LÉLOUMA- Après des semaines de morosité et de faible affluence dues à une grève dans le secteur bovin, le marché à bétail de Thiaguelbori, le plus important de la région de Labé, a connu une reprise effective ce dimanche 4 janvier 2026. Acteurs du secteur et animaux de vente étaient au rendez-vous. Si les prix ne connaissent pas encore de baisse significative, les maillons de la chaîne économique saluent ce retour à la normale.

Ce dimanche, le marché de Thiaguelbori a retrouvé son effervescence habituelle. Vendeurs, convoyeurs et agents vétérinaires se sont de nouveau croisés dans une ambiance de grand jour. Même les restauratrices et les commerçants de divers produits, qui gravitent autour de ce pôle économique, ont repris leurs activités. Si la grève avait officiellement pris fin il y a quelques jours, les acteurs avaient préféré attendre la fin de la période électorale pour une relance de grande envergure. Ce jour, les prix oscillent entre 4, 5, 8 et même plus de 10 millions de francs guinéens, selon le poids et la carrure de l’animal.

Interrogé, Abdoul Wahabi Baldé, président du comité de gestion du parc à bétail de Thiaguelbori, ne cache pas son soulagement : « Nous avons subi une baisse drastique des ventes à cause de la cessation d’activité des commerçants de Conakry. Il y avait trop de plaintes concernant les bovins quittant la zone forestière, ce qui a déclenché un mouvement qui a éprouvé tout le monde. Heureusement, grâce à Dieu, c’est réglé. On voit aujourd’hui une foule immense venue de Mali Yembering, de Wora, Kokouma, Gaoual ou Koundara. Toutes ces zones étaient impactées. Même les vendeuses de fruits et les restaurants étaient à l’arrêt, car ici, tout dépend du parc à bétail. »

Le défi du prix au poids et de la régulation
Malgré la joie de la reprise, un problème structurel demeure : l’estimation de la valeur de l’animal. Abdoul Wahabi Baldé interpelle l’État sur la nécessité de moderniser les transactions.
« Quand on achète un animal « sur pied » (au jugé) et non au poids, c’est risqué. Vous achetez un bœuf à 10 millions en pensant qu’il pèse 150 kg, mais s’il pèse moins, vous perdez de l’argent à l’abattage ou après avoir payé le transport et les documents. Seul l’État peut régler cela en imposant des balances et en fixant les prix, comme cela se fait ailleurs », plaide-t-il.

« La grève est une maladie qui impacte tout le monde »
Pour Mamadou Diouldé Diallo Missira, vendeur de bétail venu de Wora (Mali), le retour au marché est un souffle de vie. Il a réussi à vendre ses six têtes de bétail ce dimanche. Il se sent soulagé.
« C’est notre unique activité. Son arrêt n’arrange personne. Imaginez, je paie des convoyeurs qui marchent avec les vaches depuis Wora jusqu’ici. Ce trafic était interrompu. Les élections ont aussi pesé sur l’activité, mais maintenant, tout repart. Je revois enfin les grands marchands de Conakry. La grève est comme une maladie, elle paralyse tout. Nous avons vécu une crise de viande énorme et je ne souhaite plus que cela recommence », explique-t-il.

Des prix qui restent élevés pour les acheteurs de Conakry
Kindi Bailo Kanté, boucher-vendeur à Conakry, parcourt l’axe Labé-Gaoual pour s’approvisionner. S’il se réjouit de la reprise, il reste prudent face aux prix pratiqués : « Les prix étaient très élevés et les charges (documents, santé animale, transport) deviennent insupportables si l’animal ne pèse pas lourd. Les activités ont repris, c’est vrai, mais les prix n’ont pas baissé comme on l’espérait. Nous tentons notre chance en espérant que chacun y trouvera son compte. »

Le soulagement des transporteurs
Les chauffeurs de camions, piliers logistiques de la filière, ont également payé un lourd tribut. Maître Ibrahima, qui chargeait ses animaux pour la capitale, témoigne : « Cette grève a été une mauvaise expérience. Nous avons beaucoup souffert de l’arrêt de travail. Maintenant que c’est fini, que l’entente prime pour le bonheur de tous. Aujourd’hui, les camions sont nombreux et chacun charge de son côté. Maintenir nos activités sans interruption est le plus important. »

En fin d’après-midi, ce dimanche 4 janvier 2026, l’activité battait son plein. Tandis que les camions finissaient de charger, les vendeurs et convoyeurs se pressaient au bureau du poste vétérinaire de Thiaguelbori pour régulariser les derniers documents de voyage, marquant la fin d’une période de crise pour le secteur bovin guinéen.
Un reportage de Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
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Créé le 5 janvier 2026 17:03









