Exclusif/Relance d’Air Guinée : Le Ministre des Transports Ousmane Gaoual Diallo lève le voile sur les obstacles et la stratégie de l’État

CONAKRY- Le retour dans les cieux de la compagnie nationale Air Guinée est l’un des projets les plus attendus par les guinéens. Cependant, si l’ambition est intacte, le chemin reste semé d’embûches. Dans un entretien exclusif accordé à Africaguinee.com, le Ministre des Transports et porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a apporté des clarifications essentielles sur l’état d’avancement du dossier, identifiant sans détour le principal verrou actuel. Explications.

La quête d’une gestion rigoureuse et privée

Pour le gouvernement guinéen, il n’est plus question de reproduire les erreurs du passé, a dit le ministre. L’État ne doit pas être aux commandes opérationnelles de la future compagnie. La réussite du projet repose sur un modèle de partenariat public-privé où l’expertise métier prime sur l’administration publique.

« On ne veut pas que ce soit l’État qui gère. On veut que ce soit des partenaires dont c’est le métier de gérer. Les compagnies aériennes les plus performantes comme Ethiopian Airlines, ce n’est pas géré par l’État. L’État est actionnaire mais c’est géré suivant les standards de développement de toutes les compagnies du monde », a-t-il déclaré.

Cette approche s’explique par la fragilité économique intrinsèque au secteur aérien, un domaine où l’amateurisme n’a pas sa place. « Les marges bénéficiaires dans les avions sont extrêmement faibles (…). Un avion, ce n’est pas très rentable tout de suite, c’est très faible. Donc il faut beaucoup de la rigueur et beaucoup de vigilance pour le pérenniser… sinon vous disparaissez », a-t-il souligné.

Quid du choix des avions (aéronefs ATR pour le domestique ou Airbus pour le régional)? Ousmane Gaoual Diallo a précisé que la stratégie actuelle se concentre sur la polyvalence des infrastructures. La Guinée ne veut pas se fermer de portes et mise sur des pistes capables d’accueillir une large gamme d’avions.

Interrogé sur le type d’appareils privilégiés, le Ministre a répondu avec pragmatisme : « Écoutez, nous ne nous privilégions pas, on sait que les aéroports que nous construisons peuvent accueillir des petits avions de type ATR, une centaine de passagers jusqu’ à l’A380. Donc on peut acheter des Airbus, on peut en acheter des petits. Donc nous, nous ne fixons pas le type de modèle. Nous construisons des infrastructures qui sont capables d’accueillir les petits, les moyens et les grands avions. »

Pour illustrer cette capacité technique, il a notamment cité des références de l’aviation de transport lourd : « Le DC-130, qui est un Hercule, est un grand avion qui pourra atterrir sur nos pistes sans problème. »

Un projet en attente de son « pilote » financier

La Guinée prépare le terrain physique (les aéroports) et le cadre juridique, mais elle attend désormais le partenaire capable de « mettre la main à la pâte ». Le démarrage effectif d’Air Guinée dépendra donc de la capacité du pays à attirer un gestionnaire de classe mondiale, capable de naviguer dans un secteur aux marges étroites mais au potentiel de désenclavement immense.

Nous y reviendrons!

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 avril 2026 18:12

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,